13 Juin 2018

Sénégal: Macky Sall répond à l'opposition boycotteuse - « C'est un débat national, non un débat politicien»

La concertation initiée pour trouver une loi d'orientation sur la gestion des recettes issues de l'exploitation du pétrole et du gaz n'est pas l'apanage des acteurs politiques, même s'ils en font partie. C'est du moins la précision du chef de l'Etat, Macky Sall, qui a dit sa conviction que personne ne doit accaparer le débat, dans la mesure où il est pour «toutes les forces vives de la Nation».

Il n'a pas manqué d'exprimer par ailleurs sa disponibilité à ouvrir le Cos/Pétrogaz aux membres de la société civile et autres institutions tout en préconisant la mise sur pied de garde-fous. A noter, par ailleurs une forte présence à cette concertation nationale des forces vives de la Nation, avec celle des chefs coutumiers et religieux, ainsi que de la société civile et du secteur privé national.

Le boycott des concertations organisées autour des recettes issues de l'exploitation du pétrole et du gaz par une grande partie de l'opposition dite «significative» ne semble pas ébranler l'initiateur des concertations.

Le chef de l'Etat, Macky Sall, déroule son programme sans cette partie des acteurs politiques qui a systématiquement rejeté sa main tendue. D'ailleurs, il a tenu à faire des précisions sur la nature de la concertation du jour.

Pour lui, le débat du jour «est un débat national, ce n'est pas un débat politicien». Se voulant plus clair, il a laissé entendre que «c'est un débat pour toutes les forces vives de la Nation».

Donc, il est d'avis que personne ne doit s'accaparer de ce débat, même s'il reconnait que les acteurs politiques en font partie. Il a cependant précisé que personne n'a été mis à l'écart de ces concertations et qu'il ne fallait pas faire la confusion entre les Institutions et la politique.

La preuve, à son avis, «on ne connait pas ceux qui ont pris la parole. Il suffit de lever la main et on vous donne la parole alors qu'on ne sait pas ce que vous allez dire». Ce qui prouve, selon lui, que «c'est un débat ouvert».

Par conséquent, il n'a pas manqué d'inviter tous ceux qui ont des propositions à faire sur l'ordre du jour, de prendre part au dialogue car «c'est le moment». Il n'a tout de même pas fermé la porte à ceux qui n'ont pas répondu présent à son appel. Pour lui, «si tu ne viens pas, tu peux écrire.

Mais, quand tu écris, il faut bien l'adresser à quelqu'un», ironise-t-il. Une précision du chef de l'Etat qui fait suite aux propos du Professeur Malick Ndiaye.

Ce dernier qui s'est présenté comme «l'ami du président» avait déploré l'absence de l'opposition. Pour éviter la malédiction du pétrole, il a invité «l'opposition à venir nous rejoindre, car les discussions ne pourront pas être épuisées aujourd'hui». Il a aussi rappelé le rôle de la société civile qui, à son avis, «ne doit pas être là pour chercher des marchés, elle ne doit jamais se taire».

FORTE PRESENCE DES FORCES VIVES DE LA NATION

A noter, par ailleurs, que la rencontre sur les revenus tirés du pétrole et du gaz a enregistré une forte présence des forces vives de la Nation. En effet, à l'exception d'une grande partie des acteurs politiques de l'opposition dite «significative», tous les secteurs d'activité ont été représentés à cette concertation.

Mieux, les chefs coutumiers et religieux du pays, à savoir l'Archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, le Grand Serigne de Dakar, El Hadji Ibrahima Diagne, les représentants de certains foyers religieux, ont répondu à l'appel du président Macky Sall. Le secteur privé national, tout comme la société civile sénégalaise, sans oublier toutes les Institutions du pays, n'ont pas été en reste.

LE CHEF DE L'ETAT DISPOSE A OUVRIR LE COS/PETROGAZ A D'AUTRES CORPS

Le chef de l'Etat a profité de la tribune pour prendre certaines mesures. Suite à la demande de la société civile, il a décidé d'ouvrir le Comité orientation stratégie (Cos/Pétrogaz) à des forces nouvelles. Il en est ainsi de la société civile et même des membres de l'Assemblée nationale, s'ils le souhaitent.

Cependant, Macky Sall estime qu'il faut mettre des garde-fous pour éviter des dérapages. Pour lui, il faut créer un Code d'éthique à imposer aux membres du Cos/Pétrogaz afin d'éviter que certaines choses se retrouvent sur la place publique. Il a aussi accepté que la gestion du Fonsis soit repensée.

Sur ce point d'ailleurs, il n'écarte pas que les gestionnaires de ce fond passent devant la commission de l'Assemblée nationale, chaque année. Il faut par ailleurs préciser que dans le projet de loi exposé aux participants, il y a la part de l'Etat, composée de recettes non fiscales et de redevances, et celle qui revient à Pétrosen. Toutes ces parts devront passer dans un compte spécial du Trésor.

Concernant la répartition des parts de l'Etat, le tiers des recettes non-fiscales sera affecté à un fonds pour les générations futures et confié au Fonds Souverain d'Investissements Stratégiques (Fonsis). Il est aussi prévu d'affecter 5% du fonds à la stabilisation.

Le reliquat des 2/3 des recettes non-fiscales restant, plus les recettes fiscales, seront transférés dans le budget. Tous ont magnifié l'initiative du chef de l'Etat, non sans appeler à élargir et à pérenniser ce type de concertation pour de larges consensus.

MACKY SALL VEUT SON PROJET DE LOI EN OCTOBRE

Tout en saluant l'esprit patriotique des participants, le président Macky Sall a salué la pertinence des propositions formulées. Il a promis un examen attentif par le gouvernement, les Institutions et les acteurs concernés de toutes les préoccupations des acteurs, notamment le contrôle des opérations de production, les questions environnementales, la commercialisation, la participation du secteur privé national, les modalités de répartition des revenus, la gouvernance pétrolière, etc.

Il a instruit le Cos/Pétrogaz de poursuivre les échanges avec tous les segments de la société et de mettre en place un dispositif de collecte des contributions en vue de la finalisation consensuelle du projet de loi relative à la gestion des revenus pétroliers et gaziers.

Il souhaite en fait que cette loi soit présentée en session extraordinaire, dès le mois d'octobre, avant la session budgétaire. Le chef de l'Eta a en outre engagé le gouvernement de mettre un plan cadre de gestion environnementale et sociale, afin de mieux préserver l'environnement.

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