13 Juin 2018

Madagascar: Ministère de la Communication - Riana VII contesté par les journalistes

La nomination de Riana Andriamandavy VII à la tête du ministère de la Communication ne réjouit point les journalistes. (Photo d'archives)

« Il ne peut pas être ministre. Au contraire, une personnalité soupçonnée a l'obligation morale et éthique de s'éloigner du pouvoir, non seulement pour ne pas gêner ses pairs, mais aussi et surtout pour éviter que son pouvoir n'interfère avec l'enquête », estime le Juriste Imbiki Herilaza.

Le journalisme malgache n'est pas une décharge où l'on jette les politiciens impliqués dans de sales et indignes affaires, à l'instar du nouveau ministre de la Communication, Riana Andriamandavy VII. A l'unisson, dès sa nomination avant-hier, les journalistes militant pour la cause du métier n'ont pas hésité à faire circuler sur le réseau social Facebook, leur désapprobation par rapport à ladite nomination. Mais surtout, tout un chacun refuse d'être parrainé ou patronné (c'est selon) par une personnalité extrêmement transhumante, connue - dernièrement - par ses agissements infractionnels au sein du Bianco à Ambohibao. En effet, nul n'est sans savoir que c'est ce Riana Andriamandavy VII qui - au lendemain de l'arrestation de Claudine Razaimamonjy - a caillassé le bureau du Bianco, forcé le portail de cet organe, y a emmené des « gros bras » pour violenter la manifestation et a brandi des menaces de mort à l'endroit de la présidente du SMM, pour réclamer la libération de cette dame, sa belle-sœur, une proche du couple présidentiel et laquelle est impliquée dans des affaires de corruption et de détournements de deniers publics.

Interférences. Sur ce sujet, force est de reconnaître que le dossier est mis en veille par la Justice, dans la mesure où aucune convocation ni poursuite n'a été entamée depuis le mois d'avril 2017, nonobstant le mandat d'arrêt dont Riana Andriamandavy VII fait l'objet. Et voilà, une année après, il obtient le département ministériel chargé de la Communication. Nous n'avons pas hésité à consulter le juriste, Imbiki Herilaza, sur le fait qu'une personnalité ayant des dossiers judiciaires non résolus soit nommée au poste de ministre. Le juriste explique : « Par rapport à l'éthique, il ne peut pas être ministre. Au contraire, une personnalité soupçonnée a l'obligation morale et éthique de s'éloigner du pouvoir, non seulement pour ne pas gêner ses pairs mais aussi et surtout pour éviter que son pouvoir n'interfère avec l'enquête. De plus, le gouvernant ou le responsable politique doit être le symbole de l'exemplarité morale le peuple ».

Boycott. Par rapport à cette nomination extrêmement controversée de Riana Andriamandavy VII à la tête du ministère de la Communication, le président de l'Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) monte au créneau. Dans une déclaration en date d'hier, Gérard Rakotonirina, fustige le fait que « les journalistes ne soient pas consultés au préalable » et que « le choix se soit basé sur des intérêts politiques ». Effectivement, comme les autres corps, les journalistes n'ont posé aucune condition relative à la nomination de leur ministre. Et voilà la presse « gérée » par une personnalité loin de la représenter. Par conséquent, le président de l'OJM d'exprimer clairement sa désapprobation comme tous les journalistes par rapport à cette nomination de Riana Andriamandavy VII et « interpelle » celui qui l'a nommé. Mais ce n'est pas tout. Gérard Rakotonirina exhorte tous les journalistes à venir nombreux lors de la passation de services entre les ministres entrant et sortant pour, selon ses explications au téléphone, « exprimer, afficher notre refus ; mais sans banderoles, ni heurts ». Hier, la plupart des journalistes pensent d'ores et déjà à boycotter cette proposition du président de l'OJM.

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