13 Juin 2018

Congo-Kinshasa: Cour pénale Internationale - Bemba - La liberté provisoire au centre d'une controverse en RCA !

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-on. Cette phrase trouve indubitablement son sens dans l'acquittement de Jean-Pierre Bemba Gombo par la Cour Pénale Internationale, le mardi 12 juin dernier.

Pendant qu'à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, les gens ont trinqué et festoyé dans tous les sens, à Bangui, la plupart de centrafricains ont été consternés par le verdict des juges de la CPI.

Les crimes de guerre perpétrés par les miliciens du MLC en octobre 2002 et en mars 2003 ont laissé jusqu'à ce jour des larmes intarissables aux yeux de plusieurs centrafricains, seize ans après.

Dans un article paru dans jeune Afrique, dans son édition de mercredi 13 juin 2018, l'on peut lire des témoignages mélancoliques des membres de certaines victimes dont Ghislain Bertrand Bouanga, parenté d'une victime qui relate les faits avec amertume.

«Ils ont tué ma mère aussi et ils ont pris tout ce qui était dans la maison. Ils ont ligoté ma sœur cadette, l'ont fouettée et l'ont violée. Depuis, elle est handicapée, ses bras ne marchent plus car, ils ont serré les liens trop fort. Elle a passé une année à l'hôpital, en traumatologie. Elle saignait à cause du viol». Ce dernier, dans ses propos, entrevoit l'instrumentalisation de la Cour Pénale Internationale et craint que dans les jours à venir, les chefs de guerre du pays d'Afrique restent impunis.

La RCA quittera-t-elle la CPI ?

Les familles des victimes des exactions commises par les éléments de Jean-Pierre Bemba suggèrent au Gouvernement de la RCA de se retirer de la CPI puisqu'elle paraît partiale.

«Dépenser des dizaines et des dizaines de millions de dollars de fonctionnement de cette CPI pour en arriver à ce résultat, alors que ça ne change rien au sort des victimes, nous allons nous adresser au gouvernement pour sortir immédiatement de la CPI. La Centrafrique n'est plus dupe !», a laissé entendre Bernadette Sayo, fondatrice de l'Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse (Ocodefad, ONG créée en 2004 en soutien aux victimes des « Banyamulenge »).

Réagissant aux cris des centrafricains, plusieurs Kinois ont estimé que ces derniers ont parfaitement raison. Seulement, ils ignorent une chose, Jean-Pierre Bemba a croupit en prison pendant dix ans alors que ce n'est pas lui, personnellement, qui avait posé directement ces actes odieux, et déjà faire dix ans de bagne, c'est une peine suffisante dans une affaire comme celle-là.

Bien qu'il soit acquitté et libéré provisoirement, il faudra rappeler que le Président du Mouvement de Libération du Congo devra comparaître le 04 juillet prochain devant les célèbres juges de la CPI pour répondre à la deuxième affaire sur la subornation des témoins.

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