14 Juin 2018

Madagascar: Elections - Des soucis au niveau financier !

Comme prévu, la Ceni a réuni, hier à l'Hôtel Le Pavé Antaninarenina, à l'occasion du cadre de concertation multi-acteurs, les politiciens, les organisations de la société civile et les membres de la presse, tous concernés par le processus électoral.

A l'issue, force est de reconnaître que les participants ont été divisés entre le fait d'organiser les élections avec les lois électorales bancales, et le fait d'entamer la refondation étant synonyme d'ajournement des élections lesquelles - si l'on se réfère à la décision de la Haute Cour Constitutionnelle - doivent être anticipées et tenues durant la période sèche. Justement, par rapport à ce point, il est plus que loisible de rappeler que selon l'article 8 de la même décision (de sortie de crise) de la HCC, « le gouvernement de consensus mis en place arrête avec la Ceni, l'organisation d'une élection anticipée durant la saison sèche au cours de cette année 2018 mais sous réserve des possibilités, matérielles et financières réelles assurant des élections libres, honnêtes et transparentes ».

Conditions financières. Cette décision de la HCC a été soulevée par la Ceni, hier, lors de ce cadre de concertation multi-acteurs quand une question y afférente a été posée par l'ancien ministre en charge des Relations avec les Institutions, Yves Aimé Rakotoarison. « Il faut prendre en considération toutes les réserves que la HCC a mises en avant. L'une d'entre elles concerne la question financière. Donc, si toutes les conditions financières sont réunies, nous allons procéder à l'étude de faisabilité de l'élection présidentielle », a répondu le président de la Ceni, Hery Rakotomanana. Si on essaie d'interpréter ce qu'il a dit, tout porterait à croire que si les conditions financières ne sont pas réunies, il n'y aurait pas d'élection cette année.

La moitié. Mais justement, pour éviter des interprétations erronées, nous avons contacté le président de la Ceni, au téléphone, hier pour savoir le montant exact des fonds issus du projet Sacem (Soutien Au Cycle Electoral de Madagascar) et s'il permet d'organiser ou non la présidentielle. « En ce moment, je n'ai pas le montant exact sous mes yeux. Ce que je peux vous dire c'est qu'on a rassemblé la moitié et quelques. L'autre moitié reste à combler ». Rappelons que le montant total affecté au projet Sacem s'élève à 12 millions de dollars. Mais le processus électoral malagasy est également alimenté par une partie du budget de l'Etat. Aussi, est-il loisible de noter que l'Etat malgache affecte 40 milliards d'Ariary pour l'organisation des élections ?

Dépenses de trop. De tout ce qui précède, est-il possible d'organiser les élections à partir des fonds rassemblés ? « Il y a encore quelques soucis », répond Hery Rakotomanana. « D'abord, l'éclatement des bureaux de vote donne lieu à d'autres dépenses ». Effectivement, avec les nouvelles lois électorales, nous sommes passés de 20.000 à 26.000 bureaux de vote car elles (les nouvelles lois) imposent qu'un bureau de vote gère uniquement 700 électeurs. Mais ce n'est pas tout. « Ensuite, les restrictions de délais ont fait que les matériels ne seront plus concentrés au niveau de la capitale, mais répartis dans six ou sept points. Ce qui génère plus de dépenses », poursuit-il. D'une manière générale - et le président de la Ceni l'a affirmé - les lois électorales ont modifié les prévisions initiales de la Ceni. « Il faut que nous nous conformions à ce changement pour que nous soyons sereins dans la détermination du calendrier électoral », soutient-il.

Calendrier électoral. Dans cette optique, il est plus qu'impératif de mobiliser, et l'Etat, et les partenaires techniques à combler le montant manquant, dans la mesure où cela permet le bon déroulement des élections (du moins au niveau financier). « Justement, nous allons demander au comité de pilotage du projet Sacem, un rassemblement de la communauté internationale afin de nous concerter sur le déboursement du montant restant. Tout comme ce que nous allons entamer avec le gouvernement car il faut que toutes ces petites péripéties soient réglées pour se prononcer sur le calendrier électoral », conclut Hery Rakotomanana.

Madagascar

La dénonciation, nouvelle arme contre le vol de vanille

Dans le nord de Madagascar, en Sava, la région qui fournit 80% de la production mondiale de vanille, la tension… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Midi Madagasikara. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.