13 Juin 2018

Sénégal: Concertation nationale sur la gestion du pétrole et du gaz / Macky Sall, président de la république - «Garantir une gestion transparente, inclusive et durable de nos ressources»

La concertation nationale sur la gestion des recettes issues de l'exploitation du pétrole et du gaz a été présidée, hier, par le président de la République, Macky Sall. Acteurs politiques, religieux, coutumiers, de la société civile, du secteur privé... ont pris part à cette journée. Le chef de l'Etat a indiqué que cette concertation s'inscrit dans son ambition de garantir une gestion prudente, inclusive et durable de nos ressources pétrolières et gazières.

La rencontre s'est déroulée en présence du président de l'Assemblée nationale, Moustapha Niasse, du Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, du président du Haut conseil des collectivités territoriales, Ousmane Tanor Dieng et de la présidente du Conseil économique, social et environnemental, Mme Aminata Tall. Mais également des membres du gouvernement, de l'administration et de différentes institutions de la République.

L'objectif était de construire un consensus autour de la gestion des recettes issues de l'exploitation du pétrole et du gaz, de promouvoir la transparence et de partager toutes les informations sur le secteur pétrolier et gazier du Sénégal. Ainsi, de l'avis du Président Macky Sall, cette journée de concertation nationale sur la gestion des revenus du pétrole et du gaz marque une étape importante dans le processus d'exploitation des hydrocarbures du Sénégal.

«Elle s'inscrit dans mon ambition renouvelée de garantir une gestion prudente, sereine, inclusive et durable de nos ressources pétrolières et gazières et d'en maîtriser les énormes enjeux géostratégiques qui sont d'ordre sécuritaire, socio-économique et écologique» a-t-il dit. Le président de la République de rappeler les risques auxquels font face certains pays soudainement pourvus de richesses naturelles.

Ce qui explique toute la pertinence de prendre «des mesures conservatoires visant à préserver la Nation de toutes les externalités négatives liées au développement de l'industrie pétrolière». «Voilà pourquoi j'ai souhaité engager avec toutes les forces vives de la Nation une réflexion prospective sur l'utilisation future des revenus du pétrole et du gaz même si les premiers barils ne seront produits que vers 2021-2022», a ajouté le chef de l'Etat.

Le Président Macky Sall a rappelé aux participants que leur présence est aussi «capitale» et qu'elle témoigne leur «esprit républicain». «Le développement raisonné du secteur pétrolier au Sénégal requiert des ressources humaines hautement qualifiées, compétentes et vigoureuses, imprégnées des valeurs, de vertus de transparence et de bonne gouvernance. C'est le sens de notre adhésion, dès 2013, à l'Itie. C'est également le sens des nouvelles dispositions constitutionnelles qui garantissent désormais la souveraineté du peuple sénégalais sur les ressources naturelles du pays», a-t-il défendu.

Sagesse collective

C'est aussi, a-t-il poursuivi, le sens de la création de l'Institut national du pétrole et du gaz qui «devra nous permettre de disposer de compétences spécialisées indispensables à une gestion réussie des projets». C'est enfin, a-t-il argué, le sens de la mise en place du Comité d'orientation stratégique, Cos-petrogaz qui a, entre autres, la mission de coordonner les initiatives et de proposer une stratégie nationale d'exploitation des hydrocarbures. «Je constate, pour m'en réjouir, que ces mécanismes de gestion nous aient valu ces résultats probants avec notamment la définition d'une feuille de route et d'un projet de loi d'orientation, sur la répartition et l'encadrement de la gestion de ces revenus», a-t-il aussi fait remarquer.

A cette occasion, le Président Macky Sall a dit saisir ce moment solennel pour soumettre le projet de loi à la sagesse collective de cette honorable Assemblée, puisé dans nos nobles valeurs ancestrales de dialogue, de «disso». Même «si notre sous-sol est généreux», Macky Sall a tout de même alerté que le «pétrole n'est pas une ressource renouvelable» et que les barils qui seront produits ne seront jamais remplacés. «Chaque dollar qui reviendra au Sénégal devra donc être judicieusement utilisé. Je ne doute pas, un instant, qu'un débat constructif, bienveillant, nous permettra de trouver un meilleur arbitrage possible entre les besoins de développement du présent et la nécessité de préparer l'avenir. La journée d'aujourd'hui sera pour notre pays une étape capitale sur la voie de l'émergence si nous parvenons à sublimer cette valeur essentielle, le partage», a insisté le Président Macky Sall.

Il a dit être convaincu que c'est uniquement dans les «échanges constructifs, responsables et respectueux» de la cohésion nationale que nous pourrions relever les défis majeurs qui nous attendent. Au demeurant, «l'intransigeance et l'incapacité à dépasser nos divergences seraient autant d'entraves pour notre pays, causant le risque de voir s'évanouir notre rêve commun de prospérité durable. Le pétrole suscite d'énormes espoirs pour les générations futures en particulier. Rien n'est plus durablement dévastateur qu'un espoir déçu», a-t-il toutefois alerté. Le chef de l'Etat a aussi formulé le vœu que cette journée soit placée sous le signe du dépassement de soi et marquée d'une volonté de travailler ensemble avec humilité et dévouement pour bâtir durablement un Sénégal émergent. Il compte dans ce sens, sur la sagesse, le sens élevé des responsabilités et le patriotisme de tous les participants.

Contrôle, encadrement, bonne répartition des revenues...

Ces fortes attentes et contributions des participants

Lors des débats, les interventions des différents acteurs ont été diverses et constructives. Ils ont invité pour la plupart à un contrôle assidu sur les revenus de l'exploitation pétrolière et gazière, à un bon encadrement des fonds de souveraineté, à une bonne répartition des revenues pétrolières et gazières, notamment au profit des générations futures...

La question de la prise en charge de l'environnement n'a pas été occultée à cette circonstance. Les participants ont plaidé pour des fonds dédiés au renouvellement de l'environnement, à la protection de la nature et pour plus de transparence dans la gestion des recettes pétrolières et gazières. «Il faut un contrôle sur les revenus de l'exploitation. Il faut aussi consacrer une grande part d'investissements dans les secteurs porteurs», a soutenu El hadji Momar Ndao de l'Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen).

D'autres, à l'image de Dame Babou, ont invité à rendre visible et transparent le fonds souverain, à encadrer les fonds pour les générations futures et à s'inspirer des exemples de pays tels que le Ghana et le Nigéria qui ont de l'expérience dans le domaine. Des participants ont milité pour un vrai cadre institutionnel, une commercialisation juste, une évaluation et ont invité l'Etat à être «hyper vigilant» vis-à-vis des partenaires.

Pour le Pr. Malick Ndiaye, «c'est un débat national. Ce n'est pas un débat politique, c'est un débat ouvert. Mieux, c'est une étape importante, une marque déterminante dans la gouvernance participative», a dit El Hadji Ibrahima Mbow, membre du Conseil économique, social et environnemental. Aussi, le intervenants ont-ils demandé la traduction des contrats pétroliers et gaziers en langues locales et l'organisation de foras sur les ressources pétrolières et gazières. «Pour les investissements, il faut les réorienter les programmes à fort impact social» a pour sa part défendu le député Awa Guèye.

«C'est-là un principe de partage et de concertation. La concertation est fondamentale. Tout le monde doit y répondre car la Nation a besoin de tous en ces moments de concertation», a dit Serigne Mansour Sy, représentant du Khalife général des Tidianes. Quant à la présidente du Conseil économique, social et environnemental, Mme Aminata Tall, elle a indiqué que le chef de l'Etat, par cette démarche, est en train de « poser les jalons d'un nouveau contrat de confiance». Et le président de la République, Macky Sall, de rassurer tous les intervenants : «tout sera exploité par le Cos-petrogaz. Vos propositions seront exploitées».

Concertation nationale sur le gestion du pétrole et du gazle chef de l'état: «Il n'y a pas de malédiction du pétrole»

Pour le Chef de l'Etat, il faut éviter l'utilisation de certains termes comme la malédiction du pétrole qui, à son avis, n'existe pas. « Il y a de la malédiction pour ceux qui n'ont pas pu faire d'un bon usage des ressources que la nature leur a donnée », a déclaré Macky Sall. Pour lui, si l'on continue d'organiser cette concertation nationale, renforcer la transparence dans la gestion de ces ressources, les populations tireront profit des fruits. « Nous avons un peuple mature qui sait ce qu'il veut », a dit le président de la République. Il soutient que les risques liés au pétrole et au gaz peuvent être maîtrisés si l'intérêt supérieur du pays est mis en avant.

Pour lui, il faut rester optimiste dans cette perspective puisque le débat a été posé au moment opportun à travers la concertation nationale. Le code pétrolier sénégalais est en cours de modification, selon le Chef de l'Etat, précisant que l'objectif est de le rendre plus conforme aux intérêts nationaux. Il confie avoir même demandé à l'Union africaine de faire en sorte que l'Afrique, toute entière, puisse travailler sur un seul code pétrolier continental de façon à éviter que les compagnies aient des préférences. Le président de la République se dit favorable à l'ouverture du Cos-petrogaz aux membres de la société civile qui ont fait la demande.

Toutefois, il avertit que la seule contrepartie est l'exigence pour tous d'avoir un code d'éthique pour les membres du comité. Parce que, justifie-t-il, il y a des questions qu'on ne peut pas révéler à la place publique. « Ce n'est pas le moment de sortir certaines informations au risque de créer de la confusion dans l'esprit des gens. Je n'ai aucune difficulté pour associer toutes les forces vives de la Nation », a indiqué Macky Sall.

Satisfécit du président de la République... .

Macky Sall a magnifié l'organisation de cette concertation nationale sur la gestion des revenus pétroliers et gaziers en présence de l'Assemblée nationale, du gouvernement, des institutions de la République, des corps de contrôle, des autorités religieuses, syndicales... Leur présence à ce dialogue, souligne-t-il, est un motif de satisfaction. « Ma satisfaction est d'autant plus grande que toutes les composantes de la vie politique, économique, sociale et religieuse du pays se sont successivement exprimées avec responsabilité et générosité manifestant ainsi leur intérêt pour le sujet crucial qui nous réunit », s'est réjoui le chef de l'Etat.

Il a salué l'esprit « patriotique » des participants, de même que la qualité des débats, la richesse des contributions. Il a aussi apprécié la pertinence des propositions formulées et, qui sont de nature à enrichir les orientations particulières partagées. Ces échanges fructueux, note Macky Sall, ont été l'un des temps forts de cette journée qui constitue une étape décisive et nécessaire à l'élaboration d'un consensus social et politique qui s'inscrit dans la « noble » tradition de tolérance et d'ouverture de notre peuple.

Le projet de loi sur les revenus pétroliers présenté avant octobre prochain

En clôturant la journée de concertation, le président de la République dit avoir engagé le gouvernement à mettre en place un cadre de gestion environnemental et social afin de mieux préserver notre environnement.

Dans le même sillage, il a demandé au Cos-petrogaz de poursuivre les échanges avec tous les segments de la société et de mettre en place un dispositif de collecte des contributions en vue de la finalisation consensuelle du projet de loi d'orientation relative à la gestion des revenus pétroliers et gaziers. Il a souhaité que cette loi soit présentée en session extraordinaire avant la réunion budgétaire du mois d'octobre.

Les préoccupations exprimées tout au long de cette concertation nationale sur les sujets évoqués ont essentiellement porté sur le contrôle des opérations de production, de questions environnementales, de sécurité, de commercialisation, la participation du secteur privé national, les modalités de répartition des revenus, la gouvernance pétrolière. Toutes ces propositions, a rassuré le président de la République, feront l'objet d'un examen attentif par le gouvernement, les institutions et les structures concernées, notamment le Cos-petrogaz.

« L'exploitation du pétrole et du gaz pour le bien être des générations actuelles et futures nous commandent sérénité, prudence, compétence, transparence et sens élevés des responsabilités », a dit le chef de l'Etat.

Le Premier ministre salue la démarche inclusive du Président

«Vous avez souhaité instaurer un dialogue direct avec la Nation. C'est votre engagement qui a été déterminant, un engagement personnel pour qu'on puisse arriver à ce résultat porteur d'espoir et d'espérance pour notre nation à travers ce qui est attendu du pétrole et du gaz dans trois ou quatre ans», a déclaré le Premier ministre. Mahammed Boun Abdallah Dionne a indiqué que les capacités et la gouvernance sont deux notions que le président Macky Sall a mis en place, dans la plus grande transparence, pour le bénéfice exclusif du peuple sénégalais. «Sur la gouvernance, c'est également le Sénégal pour tous et c'est ce que vous avez inscrit dans le projet de loi qui nous réunit aujourd'hui autour de la gestion et de l'encadrement des ressources tirées des hydrocarbures», a expliqué le Premier ministre. «C'est cette démarche inclusive qui est le marqueur réel de votre gouvernance. Et nous sommes fiers d'être à vos côtés pour concourir à davantage de progrès social pour notre Nation», a-t-il complété.

Moustapha Niasse, président de l'assemblée nationale : «Nous vous accompagnerons jusqu'à la limite de nos moyens»

Le président de l'Assemblée nationale, Moustapha Niasse, a affirmé que ces ressources sont un don de Dieu. «Une rencontre comme celle-ci est dix fois historique. Quand on voit ce parterre de personnalités, de patriotes, de femmes, de croyants chrétiens, musulmans... mus par la ferveur patriotique parce que Dieu nous a donnés une manne», a souligné M. Niasse. Mais «au lieu de dormir sur la satisfaction de cette manne que nous avons découverte, nous avons décidé autour de vous, de réfléchir avec le cœur généreux et l'esprit disponible, d'assurer le partage et la répartition de ces richesses lorsque, dans quatre années, nous allons commencer à les exploiter», a-t-il indiqué. En un mot, «nous vous accompagnerons jusqu'à la limite de nos moyens» a-t-il promis.

Ousmane Tanor Dieng, président du hcct : «Le pétrole ne peut pas être la malédiction»

Le président du Haut conseil des collectivités territoriales, Ousmane Tanor Dieng a estimé que le format de la rencontre est utile. «On pourrait utiliser ce cadre pour toutes les questions qui demandent un consensus national», a-t-il dit, exprimant sa satisfaction de voir le chef de l'Etat conduire, lui-même, toutes les questions techniques. «Les questions géopolitiques et géostratégiques sont également très importantes. Je pense qu'il faut avoir un regard avisé sur ces questions-là», a-t-il renchéri. Tout au plus, «véritablement, le pétrole ne peut pas être la malédiction. La malédiction vient de ceux qui l'exploitent et l'instrumentalisent», a-t-il confié.

Monseigneur Benjamin Ndiaye, archèveque de Dakar : «Exploiter les ressources le plus rationnellement possible»

L'archevêque de Dakar, Monseigneur Benjamin Ndiaye, dit avoir répondu à l'appel du Chef de l'Etat afin de représenter la communauté chrétienne, mais aussi tous les citoyens sénégalais, à cette concertation nationale. « Qu'on reste dans la même continuité de viser toujours la concertation pour que les résultats qui sortiront de ces échanges puissent être profitables à tout le monde », a préconisé l'Archevêque.

Il s'est félicité de la participation des acteurs évoluant dans divers domaines d'activités. Pour lui, il faut faire de sorte que le pétrole ne soit pas une malédiction. « C'est plutôt une bénédiction de Dieu. C'est à nous de nous donner les moyens d'exploiter ces ressources le plus rationnellement et le plus utilement possible pour nos populations ».

Mody Guiro, sécrétaire général de la Cnts : «vérifier les données fournies par les multinationales»

Le secrétaire général de la confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), Mody Guiro, s'est félicité de l'initiative du Chef de l'Etat d'organiser une concertation nationale sur la gestion des ressources naturelles. Selon lui, tous les acteurs (religieux, politiques, économiques... ) devaient répondre à l'invitation du Chef de l'Etat, parce que, justifie-t-il, la question du pétrole et du gaz est d'intérêt général. Dans ses recommandations, M. Guiro a appelé à la vigilance. « Nous devons faire attention en vérifiant les prévisions qui ont été livrées par les sociétés sur la quantité de pétrole et de gaz retrouvée dans notre pays », prévient le syndicaliste. Il a également invité les autorités à tout mettre en œuvre pour que les ressources financières issues du pétrole et du gaz puissent résoudre les inégalités sociales au sein de la population dans les domaines de la santé, de l'éducation...

Maitre Mame Adama Gueye : «Le chef de l'Etat a été réceptif aux propositions»

« Des concertations sur des questions d'intérêt national doivent transcender les clivages politiques. Il y a des sujets sur lesquels nous ne devons pas avoir des divergences fondamentales », a souligné Me Mame Adama Guèye. Il dit avoir déjà plaidé pour la construction d'un consensus national bien avant que le Chef de l'Etat ne convoque ce dialogue. C'est pourquoi, il s'est félicité de l'approche participative et inclusive qui a prévalu lors de cette concertation. « Le chef de l'Etat a fait montre d'une disponibilité. Il a été aussi réceptif à certaines propositions sur lesquelles il a même donné des réponses immédiates », s'est réjoui Mame Adama Guèye. L'une des propositions, dit-il, est liée à la transparence dans l'attribution des blocs qui ne sont pas encore donnés et l'institution systématique d'un appel d'offre. Ce que le chef de l'Etat a accepté d'intégrer dans le nouveau code.

Baidy Agne, président du Cnp : «Renforcer la collaboration entre le privé national et les firmes»

Les dernières découvertes pétrolières et gazières augurent de nouvelles perspectives pour le Sénégal, selon le président du Conseil national du patronat (Cnp), Baidy Agne. Il explique que l'objectif de cette concertation était d'enclencher et de structurer un dialogue entre les acteurs concernés et préoccupés par la question de la gestion des recettes issues de l'exploitation du pétrole et du gaz. Il a plaidé pour un renforcement de la collaboration entre le privé local et les firmes multinationales qui se chargent de l'exploitation des ressources.

Ousmane Ndiaye Secretaire permanent du Cos-Petrogaz : «Créer un environnement permettant un développement durable»

Le secrétaire permanent du Comité d'orientation stratégique (Cos Pétro-gaz) Ousmane Ndiaye a fait une présentation sur la philosophie qui a gouverné la réflexion en amont la concertation nationale. Il a souligné que cette rencontre rentre dans le cadre de la préparation du futur et le défi c'est de voir comment transformer ces ressources pour un développement durable, au profit du pays et de ses citoyens.

Devant le parterre d'invités de marque, le Secrétaire permanent du Cos Pétro-gaz a tout d'abord rappelé qu'avec les récentes découvertes de pétrole et de gaz, le bassin a démontré qu'il recèle un potentiel de classe mondiale. Il a précisé que la mise en production permettra au Sénégal à l'horizon 2021-2022 de récolter les premiers fruits. Ousmane Ndiaye a ajouté que notre pays va satisfaire progressivement ses besoins en énergie en substitution des importantes quantités de fuels importées qui pèsent lourd sur notre balance commerciale, sur notre environnement et notre disponibilité en devises. A la place, le Sénégal va recevoir, avec la production de ces nouvelles ressources, des recettes fiscales dont l'utilisation jouera un rôle dans son développement durable.

Le secrétaire permanent du Cos Pétro-gaz a rappelé que les recettes attendues de ces découvertes ne seront collectées que dans quatre ans au moins après la réalisation d'investissements colossaux de la part de Petrosen et de ses partenaires. C'est de la préparation du futur qu'il est l'objet au cours de cette rencontre de concertation. C'est ainsi que le Comité d'orientation stratégique du pétrole et du gaz a coordonné une réflexion sur une loi d'orientation des revenus.

Le premier objectif fixé par le président de la République au Cos-pétrogaz dans ce cadre, concerne la gestion transparente de ces futures ressources. A ce titre, Ousmane Ndiaye est revenu sur l'importance de l'adhésion du Sénégal à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) marquant cette volonté affichée des autorités à satisfaire cette exigence. Cet engagement de transparence se traduira par la comptabilisation dans le budget de l'Etat de tous les revenus tirés du pétrole et du gaz.

La deuxième mission assignée au Cos-pétro-gaz, est de créer un environnement permettant un développement économique et social soutenu. Ousmane Ndiaye a défendu que ces revenus doivent offrir l'opportunité d'accroitre les investissements dans les infrastructures physiques et dans le capital humain du Sénégal. Cela doit commencer par la formation et la santé. Et au-delà des indispensables investissements de rattrapage économique, la chance qui nous est offerte est d'accroître et de soutenir durablement le potentiel de croissance du Sénégal mais aussi de constituer des réserves pour résister aux chocs économiques externes et faire des épargnes en faveur des générations futures.

Pour le Sp du Cos Pétro-gaz, il nous appartient de savoir en profiter pour le bonheur de tous et de nos enfants. Afin de transformer ces ressources en développement durable, au profit du pays et de ses citoyens, « il est important de comprendre les défis de l'apparition de ces ressources. Tout d'abord les ressources pétro-gazières sont épuisables et ses revenus temporaires. Il a soutenu qu'un pays ne peut accroitre ses richesses s'il n'est pas capable de transformer ses ressources en capacité de production et de croissance économique accrue et durable même après l'épuisement des ressources. Le développement du secteur des hydrocarbures doit favoriser et mener au développement concomitant des secteurs des biens et services afin que la transition économique vers une ère sans ressources pétrolières puisse se réaliser.

84 000 milliards de FCfa seront collectés sur 30 ans

Le Sénégal compte, aujourd'hui, deux gisements avec Sne pour le pétrole dans le bloc de Sangomar au large des îles du Saloum et celui de Grand Tortue pour le gaz, en partage avec le Mauritanie. Le directeur de la société nationale des pétroles du Sénégal (Petrosen) Mamadou Faye, a révélé, hier, que notre pays attend des ces deux premiers gisements des revenus évalués à 84.000 milliards de FCfa sur une durée de 30 ans. Cette exploitation va générer également des dépenses de près de 60 milliards de dollars US (33.000 milliards de FCfa).

Dans sa présentation faite lors de la concertation nationale sur la gestion des recettes issues de l'exploitation du pétrole et du gaz, Mamadou Faye est revenu sur l'ensemble des découvertes qui portent sur d'énormes quantités de gaz dans les blocs de Saint-Louis Offshore profond et Cayar Offshore profond. Dans ces deux blocs, les compagnies partenaires de Petrosen Kosmos et British Petrolum (Bp) ont délimité les gisements de Grand tortue, pour des réserves de 560 milliards de m3, Teranga pour 140 milliards de m3 et Yakaar avec 420 milliards m3.

Sur ces deux blocs, Mamadou Faye a précisé que les parts de l'Etat du Sénégal vont représenter 52 à 66 % des profits au moment du partage de la production. Le directeur de Petrosen a ajouté que le développement et l'exploitation de ces découvertes vont commencer avec le champ Grand Tortue qui est partagé avec la Mauritanie. Ce champ a fait l'objet d'un accord de coopération inter-état. Il a précisé qu'à la suite de cet accord, les deux sociétés nationales du Sénégal et de la Mauritanie et BP et Kosmos ont commencé les études pour le développement du champ.

En ce qui concerne les investissements à consentir par les partenaires et les compagnies nationales des deux pays, le développement de Grand tortue nécessite un total de 16, 289 milliards de dollars Us, dont 10 % pour la participation de Petrosen soit 1,629 milliard de dollars Us. Mamadou Faye a ajouté que le projet va se dérouler sur trois phases avec un modèle de développement en navire Flng (gaz naturel liquéfié flottant) relié par gazoduc. Le modèle comprend un forage de développement, une unité d'épuration de gaz et de stockage des liquides, des gazoducs pour le transfert des produits, un brise lame de protection de l'unité, une usine de liquéfaction et une centrale électrique à terre pour les besoins en énergie et le marché local des deux pays.

Pour le pétrole, dont la première découverte a été annoncée en 2014 avec Fan1, trois autres ( Sne 1, Fan South1 et Sne 1 North) ont été faites dans le bloc Sangomar profond. Aujourd'hui, les réserves ont été évaluées, pour le puits Sne 1, entre 346 et 998 millions de barils de pétrole. Le développement du champ va nécessiter un investissement global de 5,83 milliards de dollars Us, pour la mise en œuvre des trois phases. Petrosen dont la participation initiale de 10 % a été portée à 18%, devrait contribuer au financement pour un montant de 1,05 milliard de dollars Us.

DEMBA DIOP dit «diop SY», Député: «Tout Sénégalais devrait prendre part à cette concertation»

«Tout Sénégalais devrait prendre part à cette concertation », a d'emblée partagé Demba Diop, député non-inscrit. Il a, par ailleurs, invité les Sénégalais de l'extérieur qui s'activent dans le secteur pétrolier à s'impliquer dans ce secteur pour appuyer le pays. «C'est important de répartir les fonds, mais surtout d'investir dans des secteurs porteurs tels que le tertiaire et de communiquer sur la question», a-t-il aussi fait savoir.

Aymerou Gningue, président du groupe parlementaire Bby : «Revoir le taux du fonds de stabilisation»

Se félicitant de l'initiative, le président du groupe parlementaire de «Benno Bokk Yakaar» a plaidé pour une révision du taux du fonds de stabilisation. Aymérou Gningue a rappelé que la cotation du pétrole est en dollar ainsi que la volatilité des prix. «Je voudrais que nous revoyons le taux du fonds de stabilisation. Les 5% indiqués sont peu à nos yeux», a-t-il recommandé. Avant de poursuivre : «c'est un fonds très important. Il faut qu'on le revoie et qu'on fixe les taux de telle sorte que même s'il y a des chocs exogènes, qu'on puisse les couvrir».

Me Ousmane Ngom, leader du parti Lck : «Mettre en avant les enjeux géostratégiques et géopolitiques»

«C'est une question nationale qui se pose et vous avez décidé d'apporter une réponse nationale qui touche toute la Nation», a d'emblée déclaré l'ancien ministre d'Etat, Me Ousmane Ngom. Aussi, a-t-il poursuivi, « c'est une question géostratégique et géopolitique». Il a averti contre le choc des ambitions, des prétentions et des tensions. «Il y a des risques graves de déstabilisation. Il est donc important de mettre en avant les enjeux géostratégiques et géopolitiques et anticiper sur ces questions», a-t-il recommandé.

Thérése Faye Diouf, Cojer : «C'est un jour historique»

La Coordonnatrice nationale de la Convergence des jeunesses républicaines, Thérèse Faye Diouf, s'est réjouie de la tenue de la Journée de concertation nationale sur la gestion des recettes issues du pétrole et du gaz. Pour elle, cette rencontre est historique dans la mesure où elle cadre parfaitement avec la ligne de conduite tracée par le résident Macky Sall, ce, dès son arrivée à

la magistrature suprême du Sénégal. Thérèse Faye Diouf met tout cela sous le compte du président Macky Sall qu'elle élève au titre de « timonier du peuple sénégalais». «Avec ces énormes potentialités, nous ne doutons pas un seul instant que le Sénégal pourra atteindre les cimes de l'émergence tant souhaitée par le président Macky Sall », a expliqué la coordonnatrice de la Cojer, non sans fustiger « les esprits malveillants » qui essaient, selon elle, de priver le peuple sénégalais de ce bonheur qu'il a dans son sous-sol.

Aussi, Mme Faye appelle les autorités à prendre « des mesures conservatoires » afin de faire éviter le Sénégal de la malédiction du pétrole. « Nous pouvons être une exception dans cet océan de troubles si nous prenons, à temps, toutes les mesures conservatoires nécessaires. Nous invitons chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais à s'y atteler, ne serait-ce que pour laisser un souvenir positif à la mémoire des générations futures », a souligné Thérèse Faye Diouf.

Khadim Diop, président du conseil national de la jeunesse : «Investir dans la jeunesse»

Pour le président du Conseil national de la jeunesse, l'initiative est belle. «La jeunesse représente plus de 65 % de la population nationale. Le Cnj est d'avis qu'il faut investir dans la jeunesse et promouvoir sa participation dans les instances de prise décision. La meilleure façon de lutter contre la malédiction du pétrole, c'est d'investir dans la jeunesse, de construire des écoles pour la formation», a-t-il défendu. Confiant tout de même que le Cnj est prêt à accompagner le gouvernement dans la gestion des ressources pétrolières et gazières.

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