13 Juin 2018

Ile Maurice: Arts et culture - L'éternelle promesse de lendemains meilleurs

Rénovations et constructions : À quand les coups de pioche ?

Il y avait deux annonces phares dans le Budget 2017- 2018. La première : un terrain serait identifié à Côte d'Or City, pour la construction d'un «palais des Arts et de la Culture». Le projet de Côte d'Or City, sur une superficie de 2 000 arpents, est géré par Landscope Mauritius.

Au dernier pointage, c'est le mois prochain que Landscope Mauritius désignera les promoteurs pour la première phase de cette smart city. Appartements, centre commercial, centre de conférence, hôtels et bureaux font partie de cette première phase.

L'autre annonce concerne la création d'un village des artistes à la Batterie de l'harmonie aux Salines, Rivière-Noire. De source officielle, il ressort qu'une visite des lieux s'est tenue la semaine dernière. Le National Heritage Fund (la Batterie de l'harmonie est classée patrimoine national) a nettoyé et clôturé le site.

Prochaine étape : le ministère devra lancer un appel à projets pour le village des artistes. Dépendant des projets, des travaux de rénovation auront alors lieu dans cette batterie victime à la fois d'actes de vandalisme, de l'usure du temps et du manque d'entretien.

D'autres rénovations annoncées ne relèvent pas de ce ministère mais des municipalités. Il s'agit de la rénovation du théâtre du Plaza, estimée à Rs 300 millions. Un récent appel d'offres a été lancé pour trouver le consultant qui gérera le projet. Le dossier est au Central Procurement Board. Il faudra ensuite passer par l'appel d'offres pour trouver l'entrepreneur qui réalisera les travaux. Même scénario pour l'hôtel de ville de Curepipe. Coût estimé des travaux : Rs 110 millions.

Patrimoine. Une médiathèque pour la fête de la musique

Le Budget 2017-2018 prévoyait la création d'une médiathèque pour préserver le répertoire de chansons folkloriques. Du séga, au geet gawai, en passant par le qawwali. Au ministère des Arts et de la culture, une source indique que cette médiathèque - gérée par la Bibliothèque nationale - sera inaugurée le jeudi 21 juin, jour de la fête de la musique. Il ressort qu'elle contient 5 000 CD et DVD. La Bibliothèque nationale aura quatre ordinateurs où le public pourra écouter ces chansons et regarder leurs vidéos. Dans le cas des chansons en bhojpuri, Sarita Boodhoo, présidente de la Bhojpuri Speaking Union, explique que l'intention de faire un inventaire de ce patrimoine a pour obstacle le manque chronique de financements. En outre, à l'occasion des 50 ans de l'Indépendance, une cérémonie de remise de national awards, a été organisée le mois dernier. Elle a notamment distingué Serge Lebrasse, Abhimanyu Unnuth, Vaco Baissac etc. Le Budget, l'an dernier annonçait que ce sera une cérémonie annuelle.

Industrie du cinéma : le feuilleton

Les critères du Film Rebate Scheme (FRS) ont été élargis pour inclure les séries télévisées et le doublage. Le Budget annonçait aussi qu'une attention particulière serait accordée aux productions locales. La semaine dernière, Nanda Narrainen, Head Film and Creative Industries, à l'Economic Development Board (EDB), affirmait que les autorités ont pris en considération les attentes des producteurs locaux pour qui le taux minimum de dépenses donnant droit au FRS est passé de $ 100 000 à $ 50 000. Depuis 2013, le Board of Investment puis l'EDB ont approuvé «18 projets locaux, dont six sont déjà terminés. Parmi eux, il y a un film d'animation et un autre avec des effets spéciaux. Cela équivaut à environ Rs 60 millions.» Au total, 105 projets ont été approuvés dont 65 sont terminés. «Les producteurs ont dépensé près de Rs 1,6 milliard chez nous.»

Aides financières : quels critères ?

L'AN dernier, le Budget a accouché du National Arts Fund, doté de Rs 50 millions. Il a été créé en février 2018. Gaëtan Abel, chanteur et ancien responsable de l'événementiel à la State Property Development Corporation, est à la tête du managing committee du National Arts Fund depuis décembre 2017. Y siègent aussi Soorya Gayan, directrice du Mahatma Gandhi Institute, et Gowtam Soobarah, qui a pris sa retraite comme Director of Culture, au ministère des Arts et de la culture. Le mois dernier, le Premier ministre a annoncé que le National Arts Fund accordera : l'Emerging talents grant qui va jusqu'à Rs 300 000, la Production grant qui s'élève à Rs 800 000, la Capacity building grant dont le plafond est de Rs 300 000 et la Research grant qui va jusqu'à Rs 500 000. Sauf que les critères pour obtenir ces subventions ne sont pas encore connus. Le Budget 2017-2018 annonçait aussi que les artistes se produisant à la MBC TV seraient rémunérés. Le président de la MBC, Beejhaye Ramdenee indique que «le Premier ministre a évoqué la question la semaine dernière. Les artistes sont payés mais s'il y a des manquements, nous corrigerons cela.» Quel est le barème selon lequel les artistes sont payés ? De répondre que cela «est au cas par cas».

Les principales mesures prises en 1968

Les droits de douane sur 127 items sont majorés. Cela comprend des fruits, du miel, les macaronis, le fromage, les batteries électriques et les vêtements.

Le coût des licences de la radio et de télévision connaît une augmentation. Les permis pour des postes de radio valant plus de Rs 100 (incluant le CIF) cost, insurance, freight passent de Rs 14 à Rs 20 annuellement. Ceux pour la télévision connaissent une hausse de Rs 40 à Rs 50.

Les soins médicaux sont gratuits pour les indigents, chômeurs et personnes dont les revenus ne dépassent pas Rs 400 par mois.

Une nouvelle taxe sur les campements est introduite

Les voyages ministériels et des fonctionnaires sont strictement limités

Introduction d'une loterie nationale

Rétrospective. «Jugnauth a une plus grande marge de manoeuvre que Ringadoo en 1968»

LE ministre des Finances présentera le Budget 2018-2019 demain. Il y a 50 ans, soit le 11 juin 1968, sir Veerasamy Ringadoo se trouvait à sa place et l'on découvrait le premier Budget post-Indépendance. Comment les choses ontelles évolué ?

Sollicité, l'économiste Pierre Dinan soutient que «l'on ne peut pas comparer ce qui est incomparable». Selon lui, si en 1968, les Anglais n'avaient pas lâché Maurice financièrement, sir Veerasamy Ringadoo avait devant lui un pays relativement pauvre avec peu de moyens. Il y avait beaucoup de défis à relever. Pravind Jugnauth jouit, lui, d'une plus grande marge de manoeuvre, soutient l'économiste, car le pays dispose d'une certaine prospérité.

À noter que la veille de la présentation du premier Budget de Maurice, il y avait eu un remaniement ministériel. Sir Seewoosagur Ramgoolam avait cédé le portefeuille du ministère des Finances à sir Veerasamy Ringadoo car il avait trop de responsabilités en tant que Premier ministre.

L'opposition, surtout le PMSD, était sceptique face aux mesures annoncées. Il prévoyait la présentation d'un ou plusieurs Budgets supplémentaires. On retiendra de ce grand oral la salve d'applaudissements à laquelle le ministre des Finances avait eu droit quand il avait lancé un sévère avertissement aux fraudeurs qui pratiquaient la contrebande en douane. Sir Veerasamy Ringadoo avait aussi appelé la MBC à mettre de l'ordre dans «la maison». Le Grand argentier avait également souligné sa conviction que l'industrie touristique serait la plus importante source de devises étrangères, hormis l'agriculture. Autre point saillant : l'annonce du lancement d'une école navale.

Quelques chiffres de 1967

Balance commerciale : déficit de Rs 66,2 millions

Importations : Rs 371,1 millions

Exportations : Rs 304,9 millions

Revenu national par tête d'habitant : Rs 1 042

Population : 773 573

140 495 élèves en primaire pour 4 203 instituteurs

35 508 collégiens et 1 645 enseignants

Arrivées touristiques : 19 390 dont 12 271 de la Réunion

Ile Maurice

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