Sénégal: La liberté de la presse souffre au pays

9 Novembre 2022

Depuis l'arrestation du journaliste Pape Alé Niang, des voix s'élèvent pour dénoncer l'insécurité dans laquelle les professionnels des médias exercent leur métier.

Frustrés, indignés, les professionnels des médias sont toujours sous le choc, quelques jours après l'interpellation de leur confrère Pape Alé Niang au Sénégal.

"Le rôle du journaliste n'est pas de préserver des secrets de l'administration. Ce n'est pas de préserver les secrets d'un segment quelconque de l'Etat ou de l'administration. Nous pensons que c'est une tentative d'intimidation des journalistes", estime Mor Amar, journaliste au quotidien Enquête et secrétaire général de la Convention des Jeunes reporters du Sénégal.

Pour Amadou Barry, journaliste à I Radio et I TV à Dakar, assure que "depuis les émeutes qui ont eu lieu en mars 2021, on a noté quelques agressions contre des journalistes. C'est malheureux !".

"C'est la liberté de la presse qui est complètement bafouée. Il est important que les acteurs de la presse puissent porter ce combat pour que l'on ne voit plus de journalistes emprisonnés dans le cadre de leur travail", dénonce Mane Sene, directrice générale de BEST FM, une des radios partenaires de la Deutsche Welle à Thiès.

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Appels à la libération immédiate

Arrêté puis gardé à vue dimanche (06.11) au commissariat central de Dakar, le journaliste blogueur de Dakar Time Pape Alé Niang est notamment poursuivi pour "divulgation de documents militaires sans autorisation de la hiérarchie de nature à nuire à la défense nationale, appel à la subversion, recel et diffusion de documents administratifs estampillés secret et propagation de fausses nouvelles."

Des charges lourdes, selon la Coordination des Associations de Presse, qui exige la remise en liberté de Pape Alé Niang.

Mamadou Thior, président du Conseil pour l'Observation des règles d'éthique et de déontologie dans les Médias au Sénégal (CORED), exige une "libération immédiate et sans conditions".

Selon lui, "il faut le dire, c'est une patate chaude. Quand on voit l'image du Sénégal sur le plan international, les gens ne parlent que de ça. Ce n'est pas une bonne publicité pour un pays démocratique comme le Sénégal."

Chute dans le classement de RSF

Agressions, violences verbales, bagarres et arrestations : depuis un an, la tension entre professionnels des médias, acteurs politiques et acteurs non étatiques est réelle au Sénégal, d'après le responsable du bureau Afrique subsaharienne de l'ONG Reporters Sans Frontières (RSF).

Sadibou Marong rappelle ainsi que "le Sénégal a perdu un peu plus d'une vingtaine de places dans le classement de RSF. La situation sécuritaire des journalistes s'est empirée en 2022."

Le Sénégal était 49ème au classement mondial de la liberté de la presse en 2021. Cette année, il occupe le 73ème rang sur un total de 180 pays, soit un recul de 24 points.

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