Soudan: Affrontements entre Hemetti et Al-Burhan - Qui pour mettre out, les deux frères ennemis ?

Le général Al-Burhan
analyse

Au moment où nous tracions ces lignes, au 5e jour d'intenses combats, il n'y avait toujours pas de trêve en vue au Soudan. Toujours en proie à la confrontation à mort entre les deux plus hauts responsables militaires, al-Burhan et Hemetti, la capitale soudanaise et les villes intérieures n'ont aujourd'hui guère plus que des allures de champs de bataille. Mais il y a bien pire : chacun des deux protagonistes a juré de s'offrir le scalp de son ennemi juré ; toute chose qui rend encore plus sombre, la perspective d'un règlement pacifique du conflit.

Pris au piège du déchaînement aveugle de violence, le peuple soudanais continue de plonger dans les affres de l'horreur et de compter ses morts et ses innombrables autres victimes civiles. S'il y avait un vainqueur dans ce mano a mano entre deux généraux qui se disputent le pouvoir, ce triomphe ne serait évidemment pas celui du peuple soudanais qui a souligné, avec juste raison, que ce combat n'est pas le sien.

Alors, qui pour libérer ce peuple martyr, de la férule des deux assoiffés de pouvoir ? Qui pour mettre out ces deux protagonistes déchainés qui se soucient comme d'une guigne, des effets dévastateurs de leurs folies « pouvoiristes » qui s'entrechoquent ?

Peut-on seulement rêver voire envisager l'entrée en scène d'un troisième larron attaché à ce pauvre peuple et à ses aspirations, qui le débarrasserait des deux « calamités soudanaises » ?

Il y a urgence à agir. Autrement, du Soudan, il n'en restera plus que ruines, morts et désolation

Si le scénario du troisième larron parait fort improbable, il apparait néanmoins comme une solution intermédiaire pour le salut de ce pays qui poursuit sa descente aux enfers. Face à un tel drame, on peut alors s'interroger sur la volonté réelle de la communauté internationale de venir à bout de ce conflit meurtrier. Que peut, en effet, l'ONU, devenue aujourd'hui plus que jamais, un instrument de domination aux mains des Grands de ce monde, qui en usent et en abusent dans le sens étroit de leurs intérêts ? Que peuvent des organisations comme l'Union africaine (UA), la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) face à ce conflit, et dont les appels à la désescalade sont restés jusque-là inaudibles par les deux forces en présence ?

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Et puis, il y a le contexte international marqué, comme on le sait, par la guerre en Ukraine qui a détourné l'attention des grandes puissances vers ce pays en pleins tourments.

En tous les cas, il y a urgence à agir. Autrement, du Soudan, il n'en restera plus que ruines, morts et désolation. Il faut aller vite ! Car, à supposer que l'un des deux camps triomphe de son ennemi, la paix sera encore plus hypothétique dans la mesure où le vainqueur se sentira en position de force, de sorte à ne pas être enclin à la moindre concession.

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