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Une agence américaine spécialisée dans la diffusion d'articles de journaux africains
LE MONDE | 08.05.01 | 13h11 | chronique
AMADOU MAHTAR BA , ancien journaliste à Dakar, arrive à Washington en août 1999, pour s'occuper d'Africa News Service, la seule agence de presse américaine spécialisée sur l'Afrique. Sa mission : transformer une agence subventionnée en une entreprise commerciale rentable, grâce à Internet. Deux fonds d'investissement devaient financer cette reconversion, mais ils se désistent après l'éclatement de la bulle spéculative des valeurs de la Netéconomie. Dix particuliers, dont six Africains, les remplacent, investissant 2,3 millions de dollars dans le site, baptisé AllAfrica. Aujourd'hui, la société dégage un chiffre d'affaires mensuel de 80 000 dollars. Elle emploie vingt et une personnes, dont douze journalistes - sept au siège à Washington et cinq en poste au Nigeria, au Ghana, au Kenya et en Afrique du Sud.
L'équipe éditoriale produit chaque jour ses propres articles, mais la mission première d'AllAfrica consiste à récupérer avant publication, via Internet, une sélection du contenu d'environ cent trente-cinq médias africains.
Près de sept cents articles sont ainsi collectés et mis en ligne quotidiennement. L'ensemble est revendu, en un seul lot, aux principaux grossistes américains du marché de l'information en ligne, tels que Lexis/Nexis, Bloomberg, Financial Times, CNN Interactive... AllAfrica touche au passage une rémunération forfaitaire ainsi que des royalties proportionnelles au nombre d'articles revendus aux clients finaux, soit 2 500 journaux, entreprises et institutions : "Nos textes s'intègrent aux grands réseaux de diffusion qui mettent sur un pied d'égalité tous les bons articles, qu'ils viennent d'Afrique ou d'ailleurs, explique M. Ba ; de plus, nous reversons aux journaux africains la moitié des royalties perçues." Ainsi, l'hebdomadaire gambien The Point touche 200 dollars par trimestre, et l'Agence panafricaine d'information (PANA) 8 000 dollars.
Sur le site, qui a enregistré 7,2 millions de pages vues en mars, tous les articles sont accessibles gratuitement. 75 % des visiteurs sont des Nord-Américains en quête d'informations sur le Nigeria, le Kenya et l'Afrique du Sud. Viennent ensuite les hommes d'affaires asiatiques, puis les Européens. "Notre offre en français est encore peu développée car nous doutons de la rentabilité du marché", regrette M. Ba, qui annonce cependant, à titre de test, des partenariats avec quinze publications d'Afrique francophone et surtout un accord de retransmission des émissions de Radio France Internationale.