Le Conseil exécutif de l'UA s'ouvre sur un appel pour une révolution agricole en Afrique

7 Janvier 2014
communiqué de presse

Addis-Abeba — Lors de la 24ème session ordinaire du Conseil exécutif de l'UA qui se tient du 27 au 28 janvier, le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), a lancé aujourd'hui un appel à une «révolution agricole en Afrique». Dans une déclaration aux ministres des affaires étrangères où était présent le Conseil, M. Carlos Lopes a déclaré: «plus de 15 milliards de dollars ont été dépensés en aides agricoles en Afrique au cours des deux dernières décennies et nous n'avons toujours pas été en mesure de faire face à la malnutrition de base».

Il a noté que les estimations récentes de la CEA et de ses partenaires montrent que les pays africains risquent de perdre entre 2 et 16 pour cent du PIB en raison du retard de croissance des enfants lié à la malnutrition et déclare que le modèle de transformation de l'agriculture de l'Afrique «doit capitaliser sur nos forces et nos ressources tout en profitant des nouveaux progrès de la science et en effectuant un bond en avant technologique qui lui permettra d'éviter les technologies obsolètes».

Lopes sollicite les pays africains: «Nous sommes près du seuil de ce qui est nécessaire pour sortir du seuil de pauvreté. Les prévisions de croissance de 6% cette année signifie qu'il ne nous reste qu'un pour cent supplémentaire pour atteindre les fameux 7 % qui vont améliorer notre sort».

Il a présenté un certain nombre de propositions, invitant les ministres à mettre à nouveau l'accent sur les stratégies et politiques de transformation structurelle agricole, en particulier, autour de l'agro-industrie. Il dit: «Compte tenu de l'approche intégrée des dimensions économique, sociale et environnementale, nous devons nous concentrer sur l'alimentation, la terre, l'eau, la sécurité de la forêt, les ressources énergétiques bio, le secteur urbain et rural ainsi les liens en amont et en aval entre l'agriculture et les autres secteurs en évolution dans les économies africaines».

Le Secrétaire exécutif reconnaît devant le Conseil que bien qu'il y ait besoin de fonder l'industrialisation de l' Afrique sur les produits de base, «nous devons faire valoir que c'est le moyen de rediriger les préoccupations du changement climatique de la planète», et souligne que la valeur ajoutée devrait avoir lieu à proximité de l'endroit où sont les ressources, réduisant ainsi d'importantes émissions de carbone qui viennent avec le transport de marchandises sur de grandes distances pour le traitement. Il ajoute: «Les producteurs africains se doivent de devenir ceux qui fixent les prix et non ceux qui les acceptent».

Il a proposé la nécessité de redéfinir la politique industrielle pour éviter une approche d'émission basée sur des interventions prédéfinies. «Elle doit plutôt être intégrée dans le secteur privé et doit générer des processus et des procédures qui puissent comprendre et répondre aux besoins en constante évolution de l'industrie».

Faisant appel aux ministres à savoir la substitution des importations d'Amérique latine et des stratégies axées sur l'exportation dans certaines parties de l'Asie, il dit: «Notre industrialisation devrait se pencher sur nos actifs, matières premières et marché en pleine croissance et maximiser les liens avec le secteur agricole».

Il a également fait mention de la nécessité de conserver les possibilités qui s'offrent à l'Afrique pour une croissance verte car elles offrent un éventail de possibilités d'investissement. Il dit: «Avec le plus grand réservoir de terres arables non utilisées, l'Afrique est le leader naturel dans un monde insuffisant de nourriture», et note que le fait de ne pas être contraint à des préférences technologiques permet également de faire un bond en avant à une énergie écologique, dopée par le meilleur potentiel dans cette zone du monde.

M. Lopes a exhorté les ministres à rester ferme contre les politiques et les protocoles de pratiques commerciales déloyales et fait mention des subventions agricoles dans les pays développés, qui «continuent de fausser les marchés internationaux des produits de base et conduisent à un dumping, une baisse des prix et rendant ainsi peu rentable pour les petits exploitants agricoles africains».

Pour sa part, le Président de l'Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, a déclaré que la Commission de l'UA considère l'agriculture comme un outil essentiel non seulement à atteindre la sécurité alimentaire, mais aussi à conduire le développement et la prospérité du continent.

Elle dit: «Pendant que l'agriculture se développe, la CUA prendra des mesures spéciales pour s'assurer que les femmes, qui sont la main d'oeuvre la plus importante dans le secteur agricole et les producteurs d'aliments, aient accès à la formation et au capital, et soient prises en charge pour former des coopératives, structures de commercialisation et d'agro-industries».

Ayant également pris la parole à l'ouverture, Ato Tedros Adhanom Ghebreyesus, Ministre éthiopien des affaires étrangères et président du Conseil exécutif de l'Union africaine, a décrit la situation au Soudan du Sud et en République centrafricaine comme «très alarmante» et dit qu'il n'y a aucune justification que la crise se poursuive dans ces deux endroits, même pour une journée de plus. Il a félicité le Gouvernement du Soudan du Sud et son opposition pour la signature des accords sur la cessation des hostilités et la question des détenus.

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