Afrique: La culture de résultat de développement en quête d'un leadership fort

Photo: Afcop
Le bureau exécutif de l'AfCoP
20 Février 2017

La généralisation de la Gestion axée sur les résultats pour le développement (Grd) peine encore à être portée par un leadership fort en Afrique. Pour y remédier, la Communauté Africaine de Pratiques sur la Gestion axée sur les Résultats de Développement (AfCoP-Grd) va mesurer l’impact et la durabilité de son action. Ce sera dans le cadre de la 8ème édition de ses Assemblées annuelles dont les travaux débutent ce lundi 20 février à Dakar. Cette rencontre de trois jours va dessiner la vision d’un leadership fort devant promouvoir la culture de résultat dans le continent.

Après dix ans d’exercice, la Communauté Africaine de Pratiques sur la Gestion axée sur les Résultats de Développement (AfCoP-Grd) recherche encore un leadership fort devant placer la Gestion axée sur le résultat au cœur du processus de développement. Le bilan semble mitigé du moment que certains pays sont encore à la traine.

L’aperçu délivré lors de la conférence de presse tenu, le vendredi 17 février à Dakar, en prélude à la 8ème  édition des Assemblées annuelles de l’Afcop-Grd, qui aura comme thème principale : « Pour une Afrique intégrée et solidaire : impulser une approche axée sur les résultats et centrée sur les citoyens », renseigne sur une situation mitigée de la culture de rendre compte en Afrique.

Selon M. Pierre Justin Kouka, chef de projet à l’Afcop-Grd, « les dix ans d’existence nous ont permis de voir qu’il y a des pays qui sont assez avancés ». Il a ainsi cité le cas de Madagascar où le président est personnellement impliqué dans tout ce qui se fait au niveau de l’Afcop. D’où l’adoption par ce pays de l’Initiative à résultats rapide qui se porte sur 100 jours. « Chaque ministre dépose un plan d’action avec des actes concrets à réaliser en 100 jours et au terme ils doivent rendre compte. Des sanctions sont prévues en cas de non atteinte des résultats fixés dans cette durée », renseigne-t-il.

Dans d’autres pays comme le Kenya, poursuit M. Kouka, les membres du gouvernement signent des contrats de performance pour atteindre des résultats fixés à travers des plans annuels ou quinquennaux.

Dans cette même veine, il a cité le cas du Zimbabwe qui, en utilisant les outils de la Grd, a pu améliorer son rang dans le classement Doing Business de la Banque Mondiale en passant de 170 à 155. L’ambition des autorités de ce pays est d’atteindre, dans un futur proche, un rang en deçà de 100.

La Côte d’Ivoire est également citée en exemple. Un pays où, à en croire ce chef de projet à l’Afcop-Grd, l’Etat a signé une déclaration solennelle magnifiant son engagement à utiliser les outils de la GRD pour la mise en œuvre de leur Plan national de développement 2016 – 2020.

Ce qui, a-t-il-poursuivi, signifie que tout le monde doit être redevable. « Les ministres vont signer des contrats de performance, les budgets sont axés sur des résultats… De concert avec l’Afcop-Grd, un plan d’action a été mis en place dans ce sens pour l’emploi en général ».

Dans ces pays sus-cités, des sanctions sont prévues en cas de non atteinte des résultats fixés. Et M. Kouka de se désoler : « c’est cette culture de sanction et de résultat qui n’existe pas encore dans toute l’Afrique. »

En dix ans, la communauté des acteurs de la culture de rendre compte estime que les cas de réussite enregistrés dans certains pays devraient être utilisés comme cas d’école et exhorter le reste du continent à s’y inspirer.

Le résultat mitigé, voir timide observé dans l’ensemble du continent, serait la résultante d’une absence de leadership fort et volontariste devant porter cette démarche.

« Pour assurer qu’on veut aller de l’avant, il faut que nos dirigeants étatiques puissent comprendre que c’est important de gérer en tenant compte de nos résultats et non des objectifs seulement », a indiqué M. Kouka. Ce qui dénote de l’importance du leadership dans cette démarche indispensable pour galvaniser les troupes.

Et de souligner : « Les outils de la GRD peuvent aider certaines initiatives comme le Plan Sénégal Emergent dans l’atteinte des résultats fixés ». Avant de lancer : « il faut inculquer aux gens, dès le jeune âge, la culture de la redevabilité de rendre compte. »

Pour le chargé de communication de l’Afcop, Mahoro Gérardine: « avec la GRD, il faut que l’Afrique pense à changer de mentalité. Il faut que les pays puissent s’approprier de la démarche à l’image de Madagascar qui a initié les 100 jours, qui désigne la période fixée par des ministères pour atteindre des résultats fixés dans des projets biens déterminés ».

Mme Gérardine de rappeler que le but du projet et de l’Afcop-Grd  est de faire la promotion de la culture des résultats. « Ce qu’il faut faire en amont en amenant les dirigeants à accepter le fait qu’ils doivent gérer les institutions de l’Etat en utilisant les outils de la Gestion axée sur les résultats ». Sur ce point, Pierre Justin Kouka estime que les Etats eux-mêmes doivent d’abord accepter de pouvoir internaliser tous les outils que l’Afcop met en œuvre.

Avant de préciser que l’Afcop intervient pour que les Etats puissent améliorer la culture de résultats au sein de leur système de gestion et au-delà. Le secteur privé ainsi que la société civile sont également impliqués dans ce processus. D’où leur participation à la réunion de Dakar.

L’adoption du plan d’action 2017 pour adhérer tous les 55 pays de l’Union africaine

L’AfCoP est une coalition de dirigeants des zones UEMOA et COMESA pour accélérer l’intégration régionale dans dix-huit pays suivant une approche axée sur les résultats. Elle est soutenue par la Banque africaine de développement et la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique.

Son chargé de communication indique que, même s’il compte 18 pays africains membres, la communauté AfCop concerne tout le continent et capitalise des membres venant de 118 pays à travers le monde. Ses responsables cachent mal leur souhait de parvenir à faire adhérer tous les 55 pays de l’Union africaine. C’est ainsi que les conclaves de Dakar s’annoncent décisives du moment que l’AfCop y adoptera son plan d’action 2017.

En plus d’ouvrir les yeux des dirigeants africains sur l’importance d' intégrer la culture de la gestion axée sur les résultats, ces présentes assises qui vont plancher sur « impact et durabilité de la communauté africaine de pratique », attendent la participation de 140 personnalités d’Afrique et d’Europe.

Selon les organisateurs, pendant ces trois journées de restitution et d’échanges, il sera présenté les progrès réalisés en termes de développement en identifiant bien les facteurs clefs de succès et les indicateurs associés. A leur avis, il s’agira aussi d’examiner les défis et opportunités pour l’impact et la durabilité, identifier les bonnes pratiques : ce qui marche et ce qui ne marche pas en Afrique.

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