8 Avril 2017

Congo-Brazzaville: Eau potable - La SNE en partie responsable des contreperformances de la SNDE

Les coupures récurrentes du courant de la Société nationale d'électricité (SNE) perturbent la fourniture d'eau potable à Pointe-Noire et Brazzaville, affirme le directeur technique de la Société nationale de distribution d'eau (SNDE), Antoine Olea dans un entretien exclusif avec Les Dépêches de Brazzaville.

La SNDE alimente ses abonnés à Pointe-Noire grâce à des forages d'eau implantés dans les quartiers et dont la capacité de production s'avère insuffisante par rapport à la demande croissante des populations.

«Les coupures d'eau à Pointe-Noire se justifient aussi du fait que les forages les plus productifs sont disséminés dans les quartiers populaires où les délestages du courant électrique sont monnaie courante», indique M. Antoine Olea.

«L'électricité est plus disponible au centre-ville, la zone proche de la mer et il faut éviter les intrusions d'eau saline. Qu'à cela ne tienne, nous avons des groupes électrogènes de secours au niveau de certains forages. Mais, ils ne peuvent pas être une solution définitive», poursuit-il.

Au niveau de Brazzaville, les abonnés reçoivent de l'eau provenant des usines et non des forages comme à Pointe-Noire. Mais, l'on constate que certains quartiers ne sont pas alimentés, malgré les capacités importantes de production.

«A Brazzaville, la production est totalement garantie avec la construction de nouvelles infrastructures», explique le directeur technique de la SNDE, citant notamment les potablocs et les usines d'eau de Djiri (7500m3/ par heure) et du Djoué.

Selon M. Antoine Olea, les coupures d'eau observées dans la capitale congolaise sont dues aux ruptures des canalisations, aux coupures d'électricité, aux fuites d'eau, à la vétusté des équipements et à leur maintenance, ainsi qu'à la longueur du réseau.

La SNDE a mis sur pied une organisation interne à Brazzaville et Pointe-Noire, consistant à déployer les équipes dans les différents endroits où il y a des fuites d'eau, en priorisant d'intervenir sur les fuites les plus importantes.

Près de 350 fuites sont réparées chaque mois sur le réseau de la SNDE à Brazzaville.

La capitale congolaise compte deux réseaux dont le premier date de 1954 et le second érigé récemment dans le cadre du programme de construction des infrastructures de base dont la ville a bénéficié.

La SNDE compte 1267 agents selon son directeur des ressources humaines, Otalé Max Aimé, dont près de 400 ont été recrutés en 2011. Les effectifs sont plus concentrés à Brazzaville avec plus de 700 agents et Pointe-Noire plus de 200.

Dans le but d'améliorer les performances de cette société qui accuse des difficultés financières, un accord de cinq ans a été signé en 2013 avec le groupe français Veolia.

Dans la même lancée, un contrat de service a été conclu entre Veolia et le Projet eau électricité et développement urbain (PEEDU), cofinancé par le Congo et la Banque mondiale.

«Le contrat de service entre le PEEDU et Veolia touche à sa fin le 1er mai 2017. Mais, il va être prolongé de deux années puisque l'Etat congolais bénéficiera d'un financement de l'Agence française de développement (AFD) pour réaliser un projet d'extension du réseau d'eau à Brazzaville», déclare le directeur clientèle de la SNDE et chef de mission Veolia, Nicolas Robin.

Ce nouveau projet concerne la réalisation de près de 680km de réseau et de 40.000 nouveaux branchements dans les quartiers périphériques Nord et Sud de Brazzaville.

Il est aussi prévu la réhabilitation d'environ 220km du réseau existant et de 20.000 branchements. L'objectif étant d'améliorer et consolider la qualité de la desserte d'eau à Brazzaville.

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