21 Mai 2017

Afrique de l'Ouest: Front anti-CFA - L'initiateur du mouvement exhorte la jeunesse à s'approprier le combat

Photo: wikipédia
Kémi Seba

Le président de l'ONG Urgences panafricanistes, Kemi Seba, a animé le samedi 20 mai 2017 à Ouagadougou, une conférence de presse. Avec les journalistes, les échanges ont porté sur le mouvement, le front anti-CFA qu'il a lancé en décembre 2016.

«Quand nous aurons rencontré toutes les autorités africaines, mobilisé nos troupes et intensifié le mouvement sans la satisfaction de nos doléances, nous actionnerons, nous engagerons la résistance civile vis-à-vis des chefs d'Etat qui ne voudrons pas s'activer pour une sortie du franc CFA. Nous ferons campagne contre eux pour qu'ils ne puissent pas gagner des élections... ».

C'est en perspective, la prochaine bataille du mouvement Front anti-CFA, déclinée par son initiateur, le président de l'ONG Urgences panafricanistes, Kemi Seba, lors d'une conférence de presse animé le samedi 20 mai 2017 à Ouagadougou, en collaboration avec le Citoyen africain pour la renaissance (CAR).

En séjour au Burkina Faso depuis une semaine, l'activiste a expliqué aux journalistes, l'objet de sa visite et les ambitions de son mouvement. A l'issue du face à face avec la presse, il a dans la foulée, animé une conférence publique.

Selon lui, sa présence au Burkina Faso se justifie par la volonté de certaines autorités nationales de sortir du franc CFA, comme c'est le cas au Tchad où il a également séjourné. «Le simple fait d'avoir le courage de s'exprimer sur ce sujet est une volonté que nous saluons.

Raisons pour laquelle nous avons décidé de venir rencontrer la jeunesse, de consolider la base du front anti-franc CFA au Burkina mais aussi rencontrer des autorités», a laissé entendre Kemi Seba.

En outre, a-t-il souligné, le souverainisme économique de l'Afrique passera par Ouagadougou parce que pour toute la jeunesse africaine et sa diaspora, le «Pays des Hommes intègres » symbolise la résistance contre le néo-colonialisme.

«C'est la terre d'un des plus grands héros de la lutte contre le néo-colonialisme, le président Thomas Sankara. C'est lui qui a guidé notre combat, notre espérance», a-t-il soutenu, ajoutant que le père de la Révolution d'octobre 1987 a décidé de donner sa vie pour une jeunesse africaine digne et fière.

Pensez-vous que les autorités africaines sont prêtes à sortir du Franc CFA ? Sur cette question, l'activiste a estimé que l'on ne sera jamais suffisamment prêt à quitter, mais qu'il faudra essayer.

Des menaces de morts ?

Pour lui, le franc CFA est l'un des derniers vestiges du colonialisme car il a été instauré en 1946 avant que les pays africains ne soient libres. «Aucun peuple ne peut décider de sa propre destinée tant qu'il ne maîtrise pas son économie. Or notre économie est régulée, contrôlée par l'autorité française.

Nous voulons la cessation immédiate de ce contrôle», a dit M. Seba, pour justifier la création de son mouvement. Avec au départ 13 pays, a-t-il ajouté, le Front anti-CFA regroupe aujourd'hui une vingtaine de nations africaines, en plus de la diaspora.

Comme effets pervers du franc CFA, il a confié qu'avec cette monnaie, il n'y a que 15% seulement de commerce intra-africain, sans oublier qu'elle favorise les entités exogènes qu'endogènes. Aussi, les pays africains de la zone CFA sont ceux qui connaissent les plus faibles taux d'indices de développement.

Ne pensez-vous pas que vous êtes radical dans certaines de vos prises de positions ? En réponse, le président de l'ONG Urgences panafricanistes a estimé que ceux qui le qualifient d'extrémiste sont payés par le néocolonialisme.

Il serait temps, a-t-il renchéri, que les présidents qui collaborent avec la France-Afrique revoient leur position. Avez-vous déjà été menacé de mort ? Etes-vous soutenus dans votre lutte par des dirigeants africains ?

Par rapport aux menaces de mort, il a d'abord confié qu'à plusieurs reprises, des gens ont voulu le corrompre avant de laisser entendre que les menaces de mort font partie de son quotidien. Pour lui, dès qu'un Africain ou un Afro-descendant commence à réfléchir, il est considéré comme une menace.

«J'ai été incarcéré à deux reprises en France dans des stratagèmes les plus flous», a révélé le panafricaniste. Concernant la deuxième question, il a indiqué que dans deux pays (Tchad et Burkina Faso) où il a effectué des visites officielles, il a rencontré des autorités qui approuvent son combat.

A l'écouter, son ONG n'a confiance qu'à la jeunesse africaine pour mener à bien sa mission. «Si nous voulons la fin du CFA, il faudra qu'il y ait une transmission d'information et de communication entre la base et le sommet.

Par conséquent, toute personne qui se dit disposée de manière objective à sortir du franc CFA, sera une entité que nous aurons à rencontrer sans hésitation aucune», a admis Kemi Seba.

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