7 Juin 2017

Afrique: Changement climatique - Ce qu'annonce la sortie des États-Unis de l'accord de Paris

analyse

Le président des États-Unis (USA), Donald Trump, a annoncé jeudi que son pays se retirait de l'accord de Paris sur le climat, signé fin 2015. Les USA sont le premier des 195 pays, au moment de la signature, à ne pas vouloir tenir leur part de cet accord sur le changement climatique. Ce retrait a créé un tollé international, mais qu'est-ce que cela implique pour Maurice ?

Au dire de Vasantt Jogoo, consultant pour la Banque mondiale, «les effets ne seront pas immédiats sur Maurice. Même si les USA ont décidé de quitter l'accord, cela ne veut pas dire que d'autres pays vont aussi suivre le pas.La sortie des USA de la COP 21 ne signifie pas la fin de celle-ci». Il explique que «même si les USA retournent vers le marché du charbon, ils ne pourront pas échapper à la réalité du changement climatique».

Désormais, c'est l'Union européenne qui jouera le rôle le plus pré- pondérant dans la réalisation des objectifs de l'accord de Paris. L'une des mesures qui intéressent le plus Maurice, et par extension les îles et les pays côtiers, a trait à la limitation de la hausse de la température à 1,5 degré Celsius. Cette limite est d'une importance capitale car au-delà, la hausse du niveau de la mer aura des effets catastrophiques.

«Il faut voir la mer comme un cuvette qui continue à se remplir», explique Vasantt Jogoo. «Et avec le réchauffement climatique, plus d'eau va se retrouver dans la cuvette et le niveau continuera à monter.»

Certains pays, dont Maurice, verront leurs zones côtières avalées par la montée des eaux durant les décennies à venir. Ce sont plusieurs kilomètres du littoral qui vont disparaître.

L'une des causes principales de la montée de la température sont les gaz à effet de serre, comme le CO2 . Ce gaz provoque une conservation de la chaleur à l'intérieur de l'atmosphère. Ce qui provoque une hausse graduelle de la température globale de l'atmosphère terrestre. Le problème n'est pas seulement l'amincissement des calottes glaciaires mais surtout la fonte des glaciers de haute montagne.

«Les glaciers, comme ceux du Groenland ou du Grand Nord américain, représentent un grand volume d'eau qui rejoint la mer après avoir été piégée sous forme de glace pendant des années», lance Pierre Baissac écologiste. «Ce n'est pas le seul problème, une hausse de la température voudra aussi dire des années plus chaudes, ce qui sera catastrophique pour les coraux.»

En effet, le corail est extrêmement sensible à la montée de la température de l'eau. Et 2016 a déjà été décrétée comme l'une des années les plus chaudes, ce qui a eu un effet dévastateur sur les coraux. Et si les années chaudes se suc- cèdent, la situation continuera à empirer et causera de nouveau le blanchissement des barrières de corail, dont la mort aura des effets catastrophiques.

La vie menacée

«On ne le dit pas assez, mais la mort des coraux provoquera une réaction en chaîne, qui entraînera, à son tour, la mort des espèces marines», continue Pierre Baissac. «De plus, une augmentation de CO2 aura un effet acidifiant sur les océans, ce qui représentera un problème pour la planète.»

D'autres conditions auxquelles Maurice fait déjà face comprennent les dérèglements météorologiques, qui sont de plus en plus amplifiés et sont un effet secondaire du réchauffement climatique. Depuis plusieurs années, les évènements météorologiques se déplacent dans les mois, des pluies de mousson sont importantes mais tardives ou des sécheresses durent plus longtemps que prévu et influent sur la population.

Le retrait des USA de l'accord sur le changement climatique affectera aussi l'aide aux pays en développement. Dès leur retrait, les États-Unis cessent automatiquement de participer au Fonds vert pour le climat (The Green Climate Fund - GCF). Ce fonds, mis en place en 2010, à la suite de l'accord intervenu à Copenhague, a pour but d'aider à trouver des fonds pour des projets de développement durable et de protection de l'environnement.

«Le Fonds vert pour le climat aide à mettre en place différents programmes dans des pays en développement comme Maurice. Avec le départ des USA de l'accord de Paris, c'est une partie de ces fonds qui partent», fait valoir Vasantt Jogoo (NdlR : Donald Trump avait ouvertement critiqué le GCF). «Mais cela ne veut pas dire que Maurice ne peut plus rien faire.»

Maurice, comme plusieurs autres pays, est encore très dépendant de matières fossiles pour la production d'énergie et élimine difficilement ses déchets, entre autres. Résoudre ces problématiques pourrait faire du pays un exemple à suivre si des efforts sont faits dans ce but. Et par rapport au retrait américain de l'accord de Paris, il ne sera effectif qu'en 2020.

Ananas marron

L'ananas marron de Rodrigues est une plante vivace, à feuilles persistantes et pérennes, de plus de 40 cm de haut et produisant une tige simple, courte et non ramifiée de 3-4 cm de diamètre. La tige est surmontée de feuilles en rosette assez lâche, d'un vert jaunâtre pâle, très charnues, en gouttière, longues de 50-75 cm, atteignant 8 cm de largeur à la base avec des aiguillons courts et espacés. Les feuilles sont érigées ou des fois étalées.

Cette espèce, nullement apparentée à l'ananas commun, a une inflorescence à pédoncule long de 10-12 cm, ordinairement à 2-3 rameaux partant presque du même point, longs de 15-30 cm (grappe comprise). La grappe est multiflore, c'est-à-dire qu'elle comporte plusieurs fleurs. Celles-ci sont orange rougeâtre pâle. Les fleurs ont été recensées de juillet à octobre et des fruits d'octobre à décembre.

Les fruits sont des baies longues de 1,5-2 cm et de forme plus ou moins ovale. Les graines sont noires grisâtres, longues d'environ 3 mm et au nombre de 20 à 32 par fruit.

Alors que l'ananas marron était commun au 19e siècle, son aire naturelle est maintenant limitée à une seule réserve sur Rodrigues où se trouvent seulement 30 plantes. En effet, la plante n'est répartie que sur plusieurs rochers sur la falaise sud de Grande-Montagne. En avril 1983, cinq parcelles de quelques individus ont été trouvées. Dix ans plus tard, on a trouvé une dense colonie de 15 individus et une plus faible d'environ 12 individus et quelques plantes dispersées totalisant environ 30 plantes dans cette même localité. On a observé que la population a diminué.

La plante était récoltée dans la nature pour un usage médical local. Sur Rodrigues, on l'utilisait traditionnellement comme un médicament pour les maladies comme la douleur musculaire. La sève de l'aloès contient des composés, qui ont plusieurs actions médicinales bénéfiques, en parti- culier comme laxatif, et de nombreuses espèces d'aloès sont donc employées dans la médecine traditionnelle.

La récolte dans la nature à des fins médicinales et ornementales et la destruction de l'habitat ont réduit la population de l'ananas marron. La prolifération des espèces exotiques dans les parcelles de végétation restantes, tout comme la hausse du nombre d'herbivores domestiques (ex. cabris, bœufs), a exacerbé le déclin de cette espèce. Elle pourrait aussi souffrir de la perte de ses pollinisateurs endémiques tels que les geckos (Phelsuma spp.). Néanmoins, l'ananas marron est largement planté dans les jardins botaniques et est cultivé comme plante ornementale. Il est aussi inclus dans les programmes de restauration des milieux naturels.

Vous pouvez admirer l'ananas marron dans la réserve naturelle de Grande-Montagne, Rodrigues. La réserve est ouverte pour les visites de lundi à samedi pendant les heures ouvrables. Nous proposons une visite guidée à 09h30 sans réservation ; pour les autres heures, une réservation au préalable est requise (Tel: (230)831 4558 - Mobile: (230) 5773 6625).

Épée de Damoclès sur les coraux

La hausse de la température de l'eau est un danger pour la barrière de corail et, par extension, pour l'Homme. La partie vivante des coraux, le polype, vit en symbiose avec les zooxanthelles, une algue. Quand la température de l'eau monte, le polype expulse les zooxanthelles pour assurer sa survie aux dépens de sa nourriture, provoquant ainsi le blanchissement du corail. Dans le cas où la température de l'eau retourne à la normale, il est possible que de nouvelles colonies de zooxanthelles, ainsi que le corail restent vivants. Cependant, si tel n'est pas le cas, le polype mourra. Sa mort entraînera une réaction en chaîne, qui va désertifier la barrière de corail et provoquer la chute de l'équilibre biologique. Le blanchissement a déjà été observé à Maurice et reste un danger majeur. Une autre problématique est l'acidification des océans. Un océan trop acide empêche les polypes de construire leurs «squelettes» de calcaire. C'est la partie blanche des coraux qui reste quand ils meurent. Ce qui les empêche de grandir et d'assurer la protection des côtes.

Le «Climate Denial», une réalité

«Trump remet en question une crise», avait lancé Stéphan Gua du Centre For Alternative Research and Studies (CARES) lors d'une conférence la semaine dernière. CARES avait lancé une compétition destinée aux jeunes de 16 à 30 ans pour trouver des idées novatrices sur le sujet du changement climatique. Stéphan Gua expliquait l'importance de sensibiliser la population au changement climatique face au déni de certains dirigeants à travers le monde.

Depuis l'élection de Donald Trump, un débat avait commencé parmi ceux qui militent pour la cause environnementale. «Contrairement aux mesures proposées par l'administration de Barack Obama, Donald Trump faisait comprendre que le changement climatique n'était qu'une tentative des Chinois pour nuire à l'économie des États-Unis», avait dit Stéphan Gua. Nombreux sont ceux qui qualifient ce refus de comprendre la situation et d'admettre que le changement climatique est bel et bien réel de «climate denial». Donald Trump avançait durant sa campagne présidentielle que le réchauffement climatique était une invention «des Chinois pour stopper la croissance américaine». Contrairement au protocole de Kyoto, qui regroupe les pays développés, l'accord de Paris inclut les pays industrialisés et émergents. Parmi les objectifs, chaque pays doit apporter sa contribution pour limiter le réchauffement climatique. Il est aussi convenu que les pays développés doivent donner un soutien financier aux pays pauvres et plus à risque de la crise environnementale pour y faire face et évoluer vers une économie verte.

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