20 Juin 2017

Congo-Kinshasa: Session parlementaire - Un goût d'inachevé !

Ouverte le 15 mars 2017, la session ordinaire du Parlement s'est clôturée le 15 juin 2017, comme le recommande la loi fondamentale. Si au plan de la loi, il n'y a rien à reprocher à la tenue de cette session parlementaire, il y a beaucoup à redire au sujet du des députés et sénateurs.

En effet, pour nombre d'analystes politiques, elle a laissé un goût d'inachevé pour ce qui est notamment des dossiers brûlants de l'heure, dominés pour l'essentiel par les violences meurtrières que connaît le Grand Kasaï, ainsi que le vote des lois jugées urgentes d'accélérer le processus électoral qui accuse déjà un grand retard.

Des semaines entières se sont écoulées sans que les députés et sénateurs se réunissent en plénières, alors que plusieurs matières jugées nécessaires et urgentes moisissaient dans les tiroirs. Pire, les représentants du peuple congolais ont affiché une indifférence justifiée envers leurs électeurs par le mutisme dont ils ont fait montre face à la situation sécuritaire préoccupante qui prévaut particulièrement au Kasaï et au Kivu.

Le drame kasaïen banalisé

Commencée en août 2017 pour s'amplifier avec l'assassinat du traditionnel des Bajila Kasanga, Jean Pierre Pandi, baptisé « Nsapu », la situation des violences et tueries au Kasaï Central s' finalement étendue lsur l'ensemble des provinces issues démembrement du Grand Kasaï, y compris au-delà, à savoir au Lualaba.

Cet embrasement avait démarré dans la ville de Tshikapa, province Kasaï, dans le dernier trimestre de l'année dernière, pendant que Parlement était en pleine session de septembre.

Ce qui étonne dans ce dossier, c'est le silence des parlementaires, députés comme sénateurs, face à une situation qui devait, en logique, susciter leur réaction en tant que représentants du peuple.

Contrairement aux attentes, il n'y a eu aucune interpellation personnes ressources censées éclairer l'opinion sur les tenants aboutissants du phénomène « Kamuina Nsapu », tant et si bien l'escalade des violences a franchi les frontières du territoire chef assassiné. Et quand l'Assemblée Nationale s'est réveillée à suite de la mise en cause d'un de ses membres, nous avons cité Kanku, tout ce qu'elle a pu faire, c'est de lever l'immunité précité. Quant aux motions articulées contre les ministres Ramazani Shadari de l'Intérieur et Alexis Thambwe Mwamba, elles été déposées si tardivement qu'elles ont été renvoyées à la session septembre. Pourtant, s'il y avait eu diligence, des parlementaires auraient pu être enclenchées sur l'affaire Nsapu.

Sur un autre registre, la loi de finances de l'exercice 2017, principale matière à examiner durant la session de septembre budgétaire, n'était pas encore à l'ordre du jour puisque non par le gouvernement au Parlement. Manifestement, les avaient tout leur temps pour se pencher sur le dossier des au Kasaï, afin de permettre aux Congolais et à tous ceux qui leur attachement à la RDC de connaître la vérité, et formuler recommandations au gouvernement en vue du retour d'une paix dans le Grand Kasaï.

Ce silence coupable des parlementaires aussi bien de l'espace que du reste de la République, est resté inexpliqué, malgré recrudescence des violences qui sembrasaient des localités, villes provinces sur lesquelles le défunt chef coutumier n'exerçait même son autorité. La situation s'est ainsi dégradée jusqu'à la des experts des Nations Unies le 12 mars 2017 et la découverte leurs corps mutilés à la fin du même mois de mars. Ni la des fosses communes dont le nombre ne faisait qu'augmenter, ni décapitation des policiers, n'ont pas réussi à interpeller les élus.

C'est ici que d'aucuns s'interrogent sur la raison d'être des parlementaires, dès lors que ceux qui ont reçu le mandat représenter le peuple, se taisent face à la tragédie que vit le peuple.

Le Budget expédié telle une matière accessoire !

L'autre sujet d'inquiétude ayant marqué cette session est la expéditive qui a marqué l'examen du budget de l'exercice 2017. généralement une soixantaine de jours, soit une quarantaine l'Assemblée nationale et une vingtaine au Sénat, l'examen l'adoption de la loi de finances pour l'exercice 2017 ont pris de dix jours. Cette adoption à la hâte d'une matière aussi technique semé le doute dans les esprits quant à son exécution. Pourtant, défis importants attendent l'exécutif national : le financement élections, l'amélioration du social des Congolais, la des infrastructures de base, la relance de la production interne, stabilisation du cadre macro-économique, etc.

Des lois prioritaires non Par ailleurs, le Parlement s'en va en vacances sans avoir voté lois attendues pour faire accélérer le processus électoral. C'est cas notamment de la loi portant répartition des sièges dans circonscriptions électorales ; de la loi organique portant création fonctionnement du Conseil National de Suivi de l'Accord (CNSA), etc.

Il y a aussi la loi électorale de 2006 qui doit subir modifications dans certaines ses dispositions, afin de l'adapter réalités du moment, avec le passage du nombre de provinces de 11 à 26.

Tous ces faits réunis donnent raison à ceux qui pensent que tout monde - membres de l'exécutif comme parlementaires - roule pour le «

glissement ». Personne ne semble pressé de revenir vers le primaire pour solliciter un nouveau mandat. Les parlementaires laissé l'impression d'avoir leurs tête ailleurs, peut-être dans tractations pour occuper des postes au gouvernement et au d'autres nouvelles institutions d'une transition qui n'a toujours commencé.

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