Tchad: Terrorisme - Le pays donne dix jours au personnel de l'ambassade du Qatar pour quitter

Un avion de Qatar Airways

Reprochant au Qatar de déstabiliser le Tchad, les autorités tchadiennes ont décidé mercredi de fermer la représentation diplomatique de ce pays et ont donné dix jours à son personnel de quitter le territoire tchadien.

« Le ministère des Affaires étrangères porte à la connaissance de l'opinion qu'en raison de l'implication continue de l'Etat du Qatar dans les tentatives de déstabilisation du Tchad depuis la Libye, le gouvernement a décidé la fermeture de l'ambassade, le départ de l'ambassadeur et du personnel diplomatique du territoire national », indique le communiqué du ministère. « Un délai de dix jours leur est accordé à cet effet », précise la source.

Plusieurs pays accusent les dirigeants qataris de soutenir le terrorisme international. C'est pour cela que le Tchad avait rappelé son ambassadeur au Qatar.

Quelques jours plus tôt, soit le 5 juin, l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Yémen et l'Egypte avaient annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec Doha, en l'accusant de « soutien au terrorisme ».

En Afrique, plusieurs Etats avaient pris position dans cette affaire. C'est le cas du Gabon qui avait appuyé la décision de l'Arabie Saoudite et condamné « les agissements récurrents du Qatar en faveur du terrorisme ».

Libreville avait alors invité le Qatar à se conformer aux accords internationaux en matière de lutte antiterroriste. De même, solidaire à l'Arabie Saoudite, le Sénégal avait rejoint la liste des Etats ayant rompu leurs relations avec le Qatar, tout comme la Mauritanie et les Comores.

Djibouti avait, de son côté, décidé de réduire sa représentation diplomatique dans l'Emirat. Une prudence compréhensible puisque le Qatar est le médiateur du conflit territorial qui l'oppose à l'Erythrée.

Le Soudan et la Somalie avaient regretté la décision de certains pays arabes de rompre leurs relations diplomatiques avec Doha et appelé les parties au dialogue.

Par ailleurs, certains Etats du Maghreb avaient préféré la neutralité face à la pire crise diplomatique que connait la région du Golfe depuis des années. C'est le cas du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie, qui ont depuis lors opté pour le dialogue.

La récente crise diplomatique autour du Qatar semble avoir commencé les 20 et 21 mai, lors de la visite en Arabie Saoudite de Donald Trump.

À cette occasion, le président américain, qui s'exprimait devant une cinquantaine de chefs d'État musulmans, avait désigné l'Iran comme l'adversaire absolu et pays soutenant le terrorisme.

Dans son discours, Donald Trump avait manifesté son soutien résolu à la politique défendue par l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis qui, avec Bahreïn et l'Egypte, sont opposés à la politique de l'Iran chiite, et aux Frères musulmans sunnites.

Or, le Qatar entretient toujours de bonnes relations avec l'Iran et donne l'asile aux militants des Frères musulmans et du Hamas pourchassés chez ses voisins.

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