24 Août 2017

Angola: Victoire du MPLA en Angola - C'était prévisible !

Photo: Angola Press Agency
João Lourenço - Candidat du MPLA ppour la présidentielle.

« Eduardo Dos Santos se retire pour mieux digérer ». Ainsi titrions-nous dans notre édition du 23 août dernier à propos des élections générales en Angola, auxquelles ne prend pas part pour la première fois, le chef de l'Etat sortant qui, tenaillé par la maladie et le poids de l'âge, a décidé de faire valoir ses droits à la retraite.

Mais même sans boule de cristal, tout le monde savait que sauf tremblement de terre ou tout autre cataclysme naturel, ces élections qui se voulaient les plus ouvertes au pays de Zedu, seraient remportées par le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), parti au pouvoir depuis près de quatre décennies (38 ans). Et c'est désormais chose faite. Car, selon les résultats provisoires publiés par la Commission nationale électorale (CNE), le MPLA l'emporte avec près de 64% des suffrages exprimés.

Or, en Angola, les choses sont ainsi faites que c'est le parti qui remporte le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale, qui désigne en son sein le président de la République. Cela dit, c'est sans conteste l'actuel ministre de la Défense, en la personne de Joao Lourenço, qui succèdera à Dos Santos, puisque c'est ce dernier qui en a voulu ainsi. C'est l'alternance dans la continuité. Et c'est le moindre mal. Car, dans un continent où la tendance est au règne à vie, la démarche de Dos Santos, quoi que l'on puisse en dire, ne manque pas d'élégance. Sans doute Blaise Compaoré du Burkina n'aurait-il pas été chassé du pouvoir s'il avait eu la sagesse de placer un de ses hommes liges à la tête de l'Etat.

Reste à espérer que l'ancien ministre devenu président, rompra les ponts pour s'affranchir de la tutelle de son mentor

Certes, d'aucuns diront que Dos Santos n'avait pas d'autre choix que de se retirer parce que visiblement fatigué ; mais combien sont-ils les chefs d'Etat valétudinaires sur le continent, qui refusent de larguer les amarres ? Les cas de l'Algérie, du Nigeria et du Zimbabwe sont des plus illustratifs. En tout cas, même si l'on sait que Dos Santos, même en dehors des arcanes du pouvoir, continuera à tirer les ficelles, on ne saurait lui jeter la pierre quand on pense à Pierre Nkurunziza du Burundi, Joseph Kabila de la RDC ou Faure Gnassingbé du Togo qui, accros du pouvoir, répriment dans le sang tous ceux de leurs compatriotes qui osent s'élever contre eux.

Reste maintenant à espérer que dans l'intérêt supérieur des Angolais, l'ancien ministre de la Défense devenu président, rompra les ponts pour s'affranchir de la tutelle de son mentor, comme ce fut le cas à Madagascar où sitôt élu, Héry a pris ses distances du président sortant.

On attend de voir, même si dans le cas de l'Angola, Dos Santos a pris les devants en s'octroyant l'impunité et en faisant en sorte que soient placés à la tête de l'armée et de la police nationales, ses hommes de confiance et cela, pour une durée irréductible de huit ans. C'est dire que Joao Lourenço ne sera qu'un faire-valoir.

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