Togo: Des activistes africains bloqués à Lomé depuis cinq jours

17 Octobre 2017

Leurs documents de voyage et effets personnels ont été saisis. La ligue des droits de l'homme du Togo dénonce une action du gouvernement.

Ils sont trois : la Burkinabé Chantal Naré, la Sénégalaise Rokhaya Dieye et le Gambien Muhammed Lamin Saidy. Tous activistes du Mouvement "Africans Rising for Justice, Peace and Dignity", ils sont bloqués à Lomé depuis vendredi dernier.

Ils avaient au départ été interpellés tard dans la nuit de jeudi à vendredi dans leur hôtel par les forces de l'ordre. Ils seront finalement relâchés le lendemain mais leurs passeports, ordinateurs et téléphones ont été confisqués. Impossible pour eux de quitter le pays, même s'ils sont libres de leur mouvement.

La peur du gouvernement ?

La ligue togolaise des droits de l'homme qui suit l'affaire dénonce des arrestations "arbitraires et anormales". "On ne peut pas aller forcer la porte d'un hôtel pour interpeller un citoyen, même s'il n'est pas national. C'est inadmissible", s'énerve l'avocat Raphael Kpande Adjaré.

En mission officielle, les trois activistes ont durant leur séjour au Togo visité plusieurs localités qui ont connu de violentes répressions lors des dernières manifestations au Togo. L'avocat y voit la main du gouvernement. "Ces visites, c'est la raison pour laquelle on leur a confisqué leurs appareils téléphoniques ou leurs ordinateurs. C'est pour voir s'il y a des éléments à l'intérieur", assure l'avocat.

Des morts et des opposants en fuite

Raphael Kpande Adjaré pense que le gouvernement craint de voir se propager des images de répression des manifestations. Aucune explication officielle n'a en tous cas été fournie par les autorités policières togolaises sur ce qui est reproché aux trois activistes.

Les manifestations engagées par l'opposition depuis la mi-août ont fait au moins 4 morts et des dizaines de blessés, notamment dans le nord du pays, nouveau foyer de la contestation populaire.

Des centaines de personnes se sont également réfugiées au Ghana le mois dernier, dénonçant des arrestations arbitraires et des violences de la part des forces de sécurité, ce que le régime dément.

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