26 Octobre 2017

Kenya: Pour une élection présidentielle, les kényans prêts à se saborder ?

Photo: Collins Omulo/Daily Nation
La police anti-émeute enlève des pierres à l'entrée de l'école primaire olympique, au Kenya, le 27 octobre 2017.

L'élection présidentielle se tient ce jeudi, 26 octobre 2017 au Kenya dans un climat d'insécurité totale. Le processus électoral est contesté par l'opposition. D'ailleurs, Raila Odinga n'y participe pas. Il a encore appelé ses partisans mercredi à boycotter ces élections. Sur place, les démons de la mort risquent de surgir.

Le Kenya va ce jeudi au vote la peur dans le ventre. Une fois encore dans ce pays de l'Afrique de l'Est ; une élection est synonyme d'affrontement. Depuis l'annulation du scrutin du 8 août par la cour suprême, tout porte à croire que rien ne s'est amélioré dans le processus électoral. Raila Odinga qui avait eu raison devant la cour suprême ne participe pas à l'élection. Et pour cause, le leader de la NASA accuse la commission électorale d'organiser cette élection en faveur du pouvoir.

Raila Odinga a invité ses partisans à rester chez eux et à ne pas se rendre aux urnes. Ces derniers sont appelés à dissuader leurs proches de participer à l'élection. Au Kenya, le climat est donc bien tendu. Même la commission électorale craint le pire pour ses membres. Il est presque sûr que certains bureaux de vote ne s'ouvriront pas ; notamment dans les fiefs de l'opposition. De quoi porter un discrédit sur l'issu de cette élection. Le futur président kenyan sera-t-il le président de tout le peuple ?

Kenya : la désobéissance civile annoncée

Mercredi, le leader de la NASA a annoncé dans la foulée que sa coalition devenait un mouvement de résistance. Raila Odinga en appelle à une désobéissance civile. Une nuée de crise s'avance sur le Kenya. L'élection présidentielle de ce 26 octobre semble définitivement ramener le Kenya à une nouvelle crise. Déjà en 2007, la présidentielle opposant Raila Odinga et Mwai Kibaki s'est soldé par des miliers de morts. Le scénario va-t-il se répéter ?

Le leader de la NASA semble conscient du drame qui se profile à l'horizon. C'est peut-être pourquoi il a appelé ses partisans à rester chez eux et à prier. « Nous conseillons au kényans, attachés à la démocratie et à la justice, d'organiser des prières, loin des postes de police ou de rester chez eux », a déclaré Raila Odinga. Des propos rapportés sur RFI. Un appel auquel le pouvoir répond par un autre appel à préserver la paix et le calme.

Qui pour empêcher le Kenya de sombrer ?

La communauté internationale a déjà exprimé sa préoccupation. Certaines organisations internationales ne participeront pas à l'observation de cette élection pour des raisons de sécurité. Sur place, les missions diplomatiques ont appelé mercredi les kényans au calme. Elles appellent à l'ouverture d'un dialogue après le scrutin. Le même scrutin qui est à l'origine des tensions dans le pays. Cet appel, presque irresponsable semble dire aux kényans : « tuez-vous et après soignez-vous !»

Si le Kenya se décide de tenir cette élection, il devra en assumer les conséquences. Sortir un communiqué la veille de ce scrutin dénoncé depuis des semaines est une fuite de responsabilité des missions diplomatiques dans le pays. Seulement, cette sortie n'a rien de surprenant. C'est aux kényan de régler leur propre problème et d'éviter de retomber dans les mêmes travers. Mais ce qu'on aura compris est que, sur le continent, la marche vers la démocratie est encore longue. Que des élections soient des sources de crises, cela reste préoccupant pour un continent que l'on veut émergeant. Que du leurre.

En savoir plus

La présidentielle boycottée par l'opposition

Le chef de la Commission électorale kényane, Wafula Chebukati, a annoncé la tenue du scrutin ce 26… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2017 This is Africa. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.