4 Novembre 2017

Rwanda: Comment entrer au Rwanda sans se faire déranger par la police ?

Un conflit aux airs d'une guerre froide caractérise actuellement les relations entre le Rwanda et le Burundi. Le gouvernement burundais a pris certaines mesures restrictives comme interdire les transports en commun de passer la frontière, ou proscrire le passage de denrées alimentaires venant du Burundi vers le Rwanda.

Le témoignage de notre contributrice Jonathan Ndenzako (pseudo) expose une autre facette du conflit, où ces restrictions profitent aux policiers corrompus.

Durant mon dernier voyage au Rwanda, j'ai découvert un business singulier né des relations tendues entre Bujumbura et Kigali. Je devais faire un périple en deux, voire en trois temps, rempli de désagréments, les bus n'étant plus autorisés à franchir la frontière.

Mais le calvaire me fût épargné : une voiture, visiblement d'un particulier, s'est présentée à la Gare du nord à Kamenge.

Il n'a pas tardé à remplir son Ipsum. Avant de démarrer, le chauffeur nous a demandés de jouer la famille, ou une bande d'amis... que ça allait nous épargner quelques ennuis. Je ne comprenais pas au départ.

À chaque barrière, il glissait un petit billet de 2000 FBU dans la main d'un policier. Sur la route, « mes amis » achetaient de l'huile, des fruits, du petit pois,... Dans mon coin je me demandais comment on allait arriver au Rwanda puisque les denrées alimentaires ne sont plus autorisées à sortir du pays.

J'ai fait comme tout le monde et j'ai pris quelques kilos de ndagala. Arrivés à la frontière, le chauffeur a joué un numéro très intéressant : il a embrassé le policer, balancé quelques blagues, tout le monde a rigolé, et le commissaire a surgi. Il a vite caché ses 2000 balles qu'il venait de tirer de sa poche pour ressortir le grand billet de 10000FBU.

A côté, il y avait une grosse pancarte avec « IGIPOLISI KIZIRA IGITURIRE » (Une police qui n'est pas corrompue), en gras caractère. J'ai lu, j'ai un peu soupiré. Et je me suis retenu pour ne pas fâcher les policiers et gâcher le voyage.

Avant de prendre congé, le chauffeur a fait une drôle de promesse : « Nzobazanira amata ngarutse » (je vous ramènerai du lait à mon retour). Le fameux lait de Nyanza !

À la fin du voyage, je me suis demandé si ces décisions de fermer les frontières, fondées ou pas, valent vraiment la peine vu qu'ils contribuent à promouvoir la corruption. Mais je n'ai pas voulu trop y penser avant de passer la frontière. J'avais besoin de sauver mes ndagalas.

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