15 Novembre 2017

Angola: Limogeage de Isabel Dos Santos de la Sonangol - Joao Lourenço a-t-il rompu les ponts ?

Photo: Antonio Escrivao/ Angop
Le PDG de Sonangol, Isabel Dos Santos,limogée

A peine a-t-il emménagé à la présidence de la République que le nouveau président angolais, Joao Lourenço, a commencé à imprimer sa marque. Et c'est peu dire ! En effet, le 15 novembre dernier, il a limogé Isabel Dos Santos de la présidence du Conseil d'administration de la compagnie pétrolière, la SONANGOL.

Qui l'eût cru ? Certes, tous les membres du Conseil d'administration de la SONANGOL ont été relevés de leurs fonctions, mais le départ de Isabel qui est la fille de l'autre, retient le plus l'attention de l'opinion, tant sa nomination en 2016, faut-il le rappeler, avait fait l'objet de contestation devant la Cour suprême par un groupe de juristes qui estimaient que les agents de l'Etat, y compris de chef de l'Etat, n'avaient pas le droit de nommer des membres de leurs familles respectives.

Mais comme on le sait, le père José Eduardo dos Santos étant alors au pouvoir, Isabel était restée à son poste jusqu'à ce qu'à la faveur de l'alternance voulue par son père tenaillé par l'âge et la maladie, vint Joao Lourenço qui en a décidé autrement. Isabel Dos Santos, la femme « la plus riche de l'Afrique » limogée de la SONANGOL, cela apparaît pour beaucoup comme un crime de « lèse-princesse », tant c'était impensable, il y a peu de temps seulement.

Joao Lourenço voudrait s'affranchir de la tutelle de son ancien mentor, Eduardo dos Santos qui aura dirigé d'une main de fer l'Angola pendant 38 ans, qu'il ne s'y prendrait pas autrement ; lui qui, relevons-le, avait promis de relancer l'économie de l'Angola, de lutter contre la corruption et de mettre fin aux passe-droits.

Isabel dos Santos est prévenue

Et le signal vient d'en être donné avec la révocation de la fille aînée de l'ex-président, celui-là même qui l'a fait roi. L'idéal, dans le cas d'espèce, voudrait que soit commandité un audit de la SONANGOL afin de voir clair dans la gestion de Isabel. Mais là, il ne faut pas rêver.

Car, non seulement le président Lourenço lui-même, en tant que pur produit du système Dos Santos, n'y a pas intérêt, puisqu'il pourrait s'en trouver éclaboussé, mais aussi parce qu'en le faisant, certains y verraient un acharnement doublé d'une volonté de règlement de comptes personnels.

C'est, du reste, le scénario auquel l'on a assisté au Sénégal, lorsqu'après le départ de Me Abdoulaye Wade du pouvoir, le pouvoir de MacKy Sall a demandé au fils Karim de justifier sa fortune.

Mais, on n'en est pas encore là en Angola. Seulement, Isabel dos Santos est prévenue. Le père n'étant plus au pouvoir, elle n'a qu'à se tenir tranquille, sous peine de voir certains de ses biens retirés quand elle-même ne sera pas jetée en prison.

Certes, le président Lourenço est connu pour être l'homme lige de son père, mais celui-ci n'entend pas jouer les faire-valoir. Peut-être a-t-il déjà décidé, avec ce limogeage, de rompre les ponts comme on l'a vu a Madagascar entre l'homme fort actuel de Tana et son prédécesseur TGV. Si tel est le cas, c'est la démocratie angolaise qui aura gagné.

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