Congo-Kinshasa: Secteur pharmaceutique - Entrée frauduleuse des antipaludéens contrefaits

Boîtes de médicaments contre le paludisme

Les lots des produits mis en cause seraient entrés dans la capitale en provenance de la Chine enfouis dans des ballots de vêtements, selon certaines indiscrétions.

En cette période de fin d'année, la santé des Kinois est mise à rude épreuve à cause de nombreux produits pharmaceutiques contrefaits disponibles sur le marché. Une situation dénoncée depuis longtemps mais qui tient toujours en raison des combines impliquant différents intervenants dans ce secteur névralgique.

Moralité : il faut désormais faire preuve de vigilance pour ne pas tomber sur ces produits de la mort qui ornent les étalages de certaines pharmacies à Kinshasa et qui sont le plus souvent estampillés des dates de péremption douteuse. La dernière série concerne trois médicaments antipaludéens contrefaits largués récemment sur le marché, au grand désenchantement des consommateurs.

Il s'agit précisément de Fancidar, Coartem et Combiart suspectés par le ministère de la Santé de ne contenir aucun principe actif, c'est-à-dire qu'on peut consommer ces produits à loisir sans résultat. À l'opposé, l'on peut encourir d'énormes risques en absorbant quelques doses desdits médicaments contrefaits qui se révèlent être un poison pour l'organisme humain. Des examens effectués sur ces produits, il s'est avéré qu'il s'agit simplement de la farine travaillée et commuée en comprimé. Selon certaines sources, ces médicaments douteux entrés à Kinshasa seraient venus de la Chine enfouis dans des ballots de vêtements pour tromper la vigilance des services douaniers.

D'après l'inspecteur général à la Santé, Komba Dieko, il y a tout de même un distinguo à faire car tous les lots de ces médicaments ne sont pas concernés dans cette affaire. Il précise : « C'est le Fancidar dont le [mauvais] lot est le 29722 , le Coartem dont les lots sont F2153 et 2153 tout court. Tout ce qui est Combiart, rien n'est autorisé à être consommé en RDC pour le moment ». Des précisions de taille qui requièrent de la part des consommateurs une grande vigilance consistant à signaler à l'Inspection générale de la santé toute présence suspecte de ces produits. Quant aux professionnels de la santé, ils ont été simplement exhortés à ne plus prescrire ces produits à leurs patients afin de parer à toute éventualité.

Des sources proches du ministère de la Santé, il appert qu'une opération est en cours pour récupérer et détruire les lots de ces antipaludéens contrefaits afin de mettre la population kinoise à l'abri de tout danger. D'où sont venus ces produits contrefaits ? Et comment sont-ils entrés en RDC ? L'inspecteur général de la Santé pointe un doigt accusateur aux services de l'Office congolais de contrôle dont le personnel commis à la surveillance aux postes frontaliers devrait redoubler de vigilance pour ne pas donner accès sur le territoire national à tout produit ou marchandise de qualité douteuse. Il y va de la santé de la population. L'alerte est ainsi donnée par le ministre de la Santé faisant office d'une mise en garde.

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