26 Novembre 2017

Afrique: Le président français Macron en tournée africaine - Le voyage des grandes questions ?

L'allure, le ton et le programme de cette tournée africaine du 27 au 30 novembre du président français Macron - même si ce n'est pas sa première visite sur le continent - montre qu'elle est l'une des plus importantes, depuis son élection à l'Elysée en mai 2017.

Le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire et le Ghana, en 4 jours, tel sera le parcours du président français, Emmanuel Macron, en Afrique de l'Ouest. Ce voyage sur le continent lui permettra respectivement : d'adresser son discours de politique africaine à l'Université de Ouagadougou ; de participer au sommet Union africaine (UA)-Union européenne (UE) à Abidjan ; et de commémorer à l'Alliance française d'Accra, le soixantième anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Ghana.

« C'est en Afrique que se joue largement l'avenir du monde , la France ne saurait être ce pays postcolonial hésitant entre un magistère politique affaibli et une repentance malsaine, les pays d'Afrique seront nos grands partenaires », avait déclaré Emmanuel Macron le 29 août dernier. Ce périple africain s'annonce donc comme le début de cette nouvelle marche avec les anciennes colonies.

Pour certains membres de son entourage, le président français a en tête un nouveau départ entre l'Afrique et l'Europe. Un partenariat qu'il veut, avec la jeunesse africaine au centre de ses préoccupations. Au Ghana par exemple il visitera une start-up, annoncent ses sources.

Si ces proches de Macron dans le Conseil présidentiel pour l'Afrique (CPA) ont une idée des sujets qui seront abordés et s'y attèlent à lui trouver des réponses, ils ne pourront cependant pas le soustraire de certains sujets qui irritent, notamment la question du francs CFA, de la françafrique et bien d'autres.

Ouaga et les questions qui fâchent

Si tout semble bien parti pour cette tournée africaine, l'étape de Ouagadougou, au Pays des hommes intègres, fait couler déjà depuis quelques jours beaucoup d'encre et de salives dans la capitale. En effet certaines voix s'élèvent pour dénoncer cette visite et appellent à manifester contre celle-ci. Tandis que d'autres - bien plus nombreuses - pour lesquelles, même s'il faut lui tenir un langage de vérité, Macron honore le peuple burkinabè en se rendant à Ouagadougou.

Ayant choisi pour cadre principal de sa visite, la plus grande université du Burkina, l'UO Pr Joseph Ki-Zerbo, le président français y prononcera un discours à l'endroit de la jeunesse africaine et participera ensuite à des échanges dans ce temple du savoir, qui est aussi ce berceau qui a vu grandir plusieurs contestations contre les pouvoirs politiques du pays.

D'ailleurs, le président du Faso, Rock Kaboré, y a fait une visite inopinée le 14 novembre dernier et avait suscité plusieurs commentaires négatifs sur les réseaux sociaux. Et ce fût autour de l'Ambassadeur de France au Burkina d'écourter une visite dans ces lieux, une semaine plus tard, le 23 novembre, face à la réaction de certains étudiants.

Si rien n'indique la probabilité d'une quelconque manifestation ou trouble le jour de la visite du président Macron, certaines OSC et leaders d'opinion se sont néanmoins déjà fait entendre à travers des lettres ouvertes et communiqués dans lesquels certaines questions sont posées.

Ces sujets récurrents concernent, entre autres, l'implication de la France dans la mort de Thomas Sankara et l'ouverture des archives sur cette période ; l'extradition de François Compaoré impliqué dans le dossier de l'assassinat du journaliste Norbert Zongo ; l'exfiltration de l'ex-président Blaise Compaoré en 2014, etc.

Au regard déjà de l'atmosphère dans les médias et sur les réseaux sociaux il faut noter que tout ne sera donc pas rose à Ouagadougou pour le « jeune » président français.

Les attentes sont grandes en Afrique

« En ami, nous devons dire à Macron qu'il est désormais temps que les ressources africaines profitent d'abord à nos peuples. Mais évidemment, sur cette question, il y a une double responsabilité. La première concerne les élites politiques africaines qui pillent les ressources de l'État au lieu de développer des infrastructures publiques de bonne qualité(... ).

Les multinationales françaises devraient respecter davantage les normes internationales et nationales en matière de lutte contre la corruption.

Elles ont assez pillé nos ressources avec la complicité des gouvernants. Les groupes français devraient se garder de collusion en affaires avec les dirigeants africains sinon les peuples africains les tiendront responsables de leur misère », écrivait Abdoul Karim Sango, juriste-enseignant à l'Université de Ouaga, à propos de cette visite.

En effet, les attentes sont grandes de ce voyage d'Emmanuel Macron et de son discours de politique africaine. L'engagement d'une réelle rupture de la relation françafricaine avec les anciennes colonies dont son corollaire de dépendance économique qu'est le francs CFA, la désolidarisation de la France d'avec les gouvernants anti-démocratiques et les régimes impopulaires sont, entre autres, des points importants sur lesquels le président français est attendu.

Aussi, si pour l'un de ses proches, le président « veut parler d'autre chose que d'immigration et de terrorisme », il ne pourra non plus occulter d'aborder ces thèmes tant ils sont d'actualités et inévitables, surtout avec les récentes révélations de la chaine américaine CNN sur la situation en Libye.

Afrique

La FIFA menace de suspendre le Nigeria et le Ghana

La Fifa menace de suspendre les fédérations du Nigeria et du Ghana, à cause d'ingérences… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2017 This is Africa. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.