Afrique: Union africaine-Union européenne - Une nouvelle alliance

La cérémonie d'ouverture du 5e sommet hier après-midi à Abidjan a dégagé un consensus autour d'un changement d'approche dans la relation, avec les jeunes parmi les priorités.

Au milieu de ses pairs, le président de la République, Paul Biya, a pris une part active aux activités d'ouverture du 5e sommet Union africaine-Union européenne. La rencontre s'est ouverte peu après midi, hier au palais des Congrès du Sofitel hôtel Ivoire d'Abidjan.

Au programme, accueil solennel des chefs d'Etat et de délégation par le président hôte, l'Ivoirien Alassane Ouattara. Le président Biya qui a sacrifié au rituel a été salué par son homologue à 12h15.

Le temps d'une chaleureuse poignée de main et d'une photo, puis le chef de l'Etat rejoint ses pairs déjà installés dans la salle des fêtes de l'hôtel Ivoire. La première phase de la cérémonie d'ouverture prévoit en effet un déjeuner offert par le gouvernement ivoirien aux chefs d'Etat, chefs de gouvernement et chefs de délégation. Voilà pour l'entrée.

En plat de résistance, c'est une ouverture solennelle dense où le décor est plutôt bien planté, le ton donné pour ce sommet. Africains et Européens sont visiblement venus avec de nouvelles dispositions.

Ça commence par le discours de bienvenue du président Ouattara. Le chef de l'Etat ivoirien va droit au but : «Abidjan doit être le point de départ d'un nouveau partenariat stratégique ». Et tous les autres orateurs de l'après-midi - une bonne dizaine- emboîteront le pas.

Ainsi, le Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, le président du Conseil européen, Donald Tusk, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président du Parlement panafricain, Roger Nkodo Dang ou encore Francine Muyumba, président de l'Union panafricaine de la jeunesse défendent, tour à tour, la nécessité d'une nouvelle alliance afro-européenne.

Les uns et les autres ont d'ailleurs rivalisé d'expressions pour recadrer cette coopération : « d'égal à égal » ; « gagnant-gagnant » ; on a aussi beaucoup entendu les mots «respect », « ensemble », « défis », « opportunités ».

Concrètement, l'Union africaine et l'Union européenne, qui reconnaissent absolument leur interdépendance, sont globalement d'accord pour aborder leur relation d'une manière plus efficace, en donnant la priorité à l'avenir. Et l'avenir ce sont ces plus de 60% de la population africaine qui ont aujourd'hui moins de 25 ans. C'est autour d'eux, les jeunes, que les deux communautés ont choisi de bâtir leur nouveau partenariat.

Alassane Ouattara propose même que les ressources du Fonds européen de développement soient orientées prioritairement vers la formation et l'emploi des jeunes en lieu et place des infrastructures comme c'est le cas jusqu'ici.

La tonalité générale du discours met le Cameroun très à l'aise. Car les préoccupations soulevées à Abidjan ont souvent meublé le discours et l'action du président Paul Biya depuis quelques années : favoriser l'auto-emploi des jeunes, financer leurs projets, encourager les formations « professionnalisantes » et l'enseignement technique, développer l'économie numérique, véritable source d'espoir et d'opportunités.

A Abidjan, on parle également abondamment de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, avec des appels pour une réponse commune. Ça aussi, ça ne vous rappelle rien ?

Dernier acte des travaux d'hier, un huis clos au cours duquel, les dirigeants africains et européens ont approfondi leur réflexion. Mais avant, la traditionnelle photo de famille, pour la postérité. Paul Biya a une fois encore eu droit aux honneurs dus à sa stature, au premier rang. Avec, à sa gauche, un certain Emmanuel Macron. Occasion, d'un premier contact physique très cordial.

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