1 Décembre 2017

Afrique: Une semaine à Abidjan - Le sommet des politiques et les sommets des citoyens

Les 29 et 30 novembre dernier, l'Afrique a accueilli l'Europe à Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire pour le 5e sommet Union Africaine-Union Européenne. Un sommet qui a suscité moult initiatives citoyennes, parallèles ou alternatives, à peine relayées ou parfois étouffées.

Avant même que les chefs d'Etats et de gouvernement des 80 pays ayant pris part au 5e sommet Union Africaine Union Européenne n'atterrissent à Abidjan, les 28 ou 29 novembre, des citoyens déjà étaient, eux, à leur « sommet ».

Convergés de part et d'autres de la Méditerranée, activistes et autres acteurs de société civile ont tenu à Abidjan, ce qui était officiellement baptisé de « FORUM CITOYEN AFRIQUE EUROPE ». Mais qui avait tout l'air d'un contre-sommet.

Un contre-sommet perturbé

Depuis la grande salle de la Bourse du Travail de Treichville, commune sud d'Abidjan, ont défilé, les 26 et 27 novembre plusieurs panélistes qui chacun à son tour s'est employé à démontrer tout ce qu'il y avait de vicieux dans les rapports Afrique-Europe ou à exposer les politiques qui entravent l'épanouissement des peuples africains.

Les thèmes comme immigration, Accord de Partenariat économique (vigoureusement combattus en Afrique), endettement, accaparement des terres, ont meublé les débats.

Prévu pour se tenir sur trois jours, le contre-sommet d'Abidjan, n'a duré que deux jours. Au dernier jour avait été prévue une marche citoyenne dans les rues d'Abidjan. Mais cela aura plutôt été étouffé.

Les participants ont été privés de lieu de rassemblement, la Bourse du Travail ayant été fermée très tôt par la Police, mettant précocement fin au forum.

La présentation de la déclaration finale des travaux n'a pu donc avoir lieu, comme initialement prévu, devant une foule d'activistes. Mais dans un centre fermé des religieux situé dans la commune de Cocody.

« Tournons la Page » à Abidjan

Du 23 au 30 novembre 2017, plus de trente citoyens d'Afrique et d'Europe, membres de la campagne « Tournons la page », qui militent pour une alternance démocratique en Afrique, sont réunis à Abidjan pour une rencontre sur la question de la protection des acteurs de la société civile.

Le choix de cette thématique, ont-ils indiqué, s'impose aux militants de par la répression féroce qui s'abat sur toutes les voix dissidentes et notamment les citoyens les plus jeunes.

« Notre réunion, organisée en marge du sommet officiel Union Africaine - Union Européenne, est une réponse citoyenne à la rencontre des dirigeants politiques qui souhaitent s'adresser à la jeunesse », apprend-t-on dans une déclaration présentée aux médias le mardi 28 novembre.

« Alors que les images de jeunes fuyant un avenir bouché au péril de leur vie indignent le plus grand nombre, il nous faut regarder en face les causes de ces départs forcés. L'absence de démocratie et la violence d'Etat conduisent les populations à l'exil, d'abord vers les pays voisins, puis vers une Europe lointaine et hostile.

Il est nécessaire et primordial de comprendre pourquoi une partie de la jeunesse ne voit pas l'Afrique comme une terre d'avenir et préfère quitter le continent pour espérer une vie plus digne ailleurs », ont lancé les membres de Tournons La Page.

Ils ont par ailleurs invité « les dirigeants africains à respecter, en toutes circonstances, la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et ériger en principes intangibles la limitation des mandats présidentiels, le refus des modifications illégitimes des Constitutions et le respect du verdict des urnes » ; Et d'inviter « l'Union européenne, l'Union africaine et leurs Etats membres à mettre fin à toute coopération avec les Etats qui ne respectent pas le principe d'alternance démocratique ».

Plus de protection sociale pour les Africains

Au nombre des rencontre citoyennes alternatives tenues en marge de du sommet Afrique-Europe, figure un « atelier continental de formation sur la protection sociale » qui a rassemblée des représentants des mouvements sociaux et syndicaux et cadres gouvernementaux de 17 pays africains. Les initiateurs de cette rencontre ont voulu « insister sur l'importance de la protection sociale comme une stratégie clé pour arriver au développement durable et inclusive de nos sociétés ».

Ils ont, à leur tour lancer des appels aux dirigeants africains à « développer, sur base des instruments de l'Organisation Internationale du Travail, des politiques holistiques, inclusives et largement portées sur la protection sociale, qui visent à étendre les systèmes de protection sociale aux groupes exclus - en particulier les travailleurs et travailleuses de l'économie informelle et du monde rural, les travailleurs et travailleuses migrants, avec une attention aux femmes, aux jeunes, aux enfants et aux groupes vulnérables - et qui visent une extension progressive vers plus de risques couverts ».

Les invitant à « identifier et mobiliser des ressources domestiques, durables et solidaires, pour le financement de l'extension de la protection sociale, notamment par des politiques fiscales justes et équitables, la lutte contre la corruption, et la mise en commun des ressources disponibles dans les différents mécanismes de protection sociale déjà existants ».

Des évêques aussi au « sommet »

Pour les évêques de la sous-région ouest-africaine, l'occasion est toute trouvée pour lancer un appel autour d'une préoccupation qui est la leur.

Ils ont tenu au siège de la Conférence épiscopale régionale d'Afrique de l'Ouest, à Abidjan, une conférence sur le thème : « accaparement des terres en Afrique francophone : identifier et promouvoir des solutions endogènes pour s'en sortir ».

Mgr Alexis Touabli Youlo, 2e vice-président de la Conférence épiscopale régionale d'Afrique de l'Ouest a averti que « si l'on y prend grade le phénomène d'accaparement des terres finira par engendrer des conflits et des violences de tous ordres », caressant le rêve d'une « Afrique Debout où personne ne sera plus spoliée de sa terre, une Afrique où des populations entières ne seront plus victimes de l'accaparement massif de leurs terres ». « Quel serait le développement qui irait contre l'Homme ? Qui alène l'Homme ? », S'est demandé le prélat, dans son intervention à l'ouverture de l'atelier.

Et le sommets des officiels

Des délégations de 80 pays, en plus de ceux d'institutions internationales et /ou régionales et des acteurs du secteur privé africaine et européenne ont pris part au sommet des Chefs d'État des mercredi 29 et jeudi 30 novembre, à l'Hôtel Ivoire d'Abidjan, et aussi à des multiples rencontres bilatérales connexes. On ne manquera pas de signaler la rencontre des Hommes d'affaires des deux continents tenue le lundi 27 novembre au Palais de la culture de Treichville, à quelques dizaines de la Bourse du Travail de la même commune ou se tenait le contre-sommet des activistes européens et africains.

A la différence que la rencontre des hommes d'affaires figure, elle, au programme officielle et a été présidée par les officiels. Initialement voulue pour parler de l'investissement dans la jeunesse, il sera essentiellement dominé par le thème sur la migration et l'esclavage en Libye. De part et d'autre, on s'accorde à travailler pour, dans l'urgence, rapatrier 3800 migrants de la Libye, limiter le flux d'immigration clandestine, promouvoir la migration légale, investir dans la jeunesse. Cela fait la 5e fois que les deux parties se rencontre. « Pourquoi doit-on croire que cette fois, les promesses seront tenues et que les mêmes préoccupations ne reviennent aux prochaines rencontre », on demandé plusieurs journalistes à la conférence de clôture. « Parce que cette fois, nous sommes unis. Avant on était faibles parce qu'on ne parlait pas de la même voix. Maintenant toute l'Afrique parle de la même voix », a répondu, enthousiaste, Alpha Condé, président de l'Union africaine. Pourvu que cette Union dure !

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