Libye: Migrants - Près de 2 000 Nigérians rapatriés de Libye en novembre

Photo: Le Pays
Des migrants

Au Nigeria, 1 950 Nigérians ont été rapatriés de Libye au mois de novembre, selon l'Agence nationale pour la gestion des urgences (NEMA). C'est trois fois plus que le mois précédent.

Entretemps, en Gambie, c'est une marche symbolique de solidarité avec les migrants avec les migrants maltraités et vendus comme esclaves en Libye qui a été organisée, ce samedi 2 décembre, à Banjul, capitale gambienne.

Le retour au pays s'est fait sur la base du volontariat pour ces candidats à l'immigration vers l'Europe qui ont échoué à gagner l'Italie, à partir des côtes libyennes.

Ces rapatriements ont été effectués avec l'aide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et par l'Union européenne. Du côté du Nigeria, les migrants sont gérés par l'agence nationale pour la gestion des urgences, la NEMA.

Depuis la diffusion d'un reportage montrant des migrants vendus comme esclaves en Libye, les réactions et les critiques se multiplient.

Joint par RFI, Ibrahim Farinloye, porte-parole de l'Agence nationale de gestion des situations d'urgence au Nigeria, cette augmentation des retours ne peut cependant pas s'expliquer uniquement par le reportage de CNN.

« L'OIM et l'Union européenne ont pu rapatrier davantage de personnes en novembre. En fait, c'est surtout l'assistance européenne qui a permis ce succès.

Ce n'est pas seulement à cause du reportage de CNN sur les migrants vendus comme esclaves. Nous travaillons assidûment depuis des années déjà.

Vous savez, les retours dépendent de la volonté des migrants. On ne peut pas forcer quelqu'un à rentrer dans son pays s'il ne le souhaite pas », explique-t-il.

« S'il y a eu davantage de retours en novembre, c'est aussi parce que nous avons plus d'informations.

Les rapatriés donnent des explications sur les lieux dans lesquels se trouvent les migrants, en Libye, et nous partageons ces informations avec d'autres organisations qui peuvent ensuite aller les rechercher et leur parler.

Si ces personnes expriment leur volonté de rentrer au Nigeria, alors nous sollicitons l'OIM pour les rapatrier », précise Ibrahim Farinloye.

Une marche de solidarité à Banjul

#Gambia : marche en soutien des migrants partis suivre le "backway" et vendus comme esclaves en #Libye. pic.twitter.com/q0gEnGWU7L

Claire Bargelès (@ClaireBargel) 2 décembre 2017

A Banjul, capitale gambienne, une marche a rassemblé une soixante de personnes, en solidarité avec les migrants maltraités et vendus comme esclaves en Libye.

Malgré le changement de régime et une diminution des départs, la Gambie connaît un taux très fort d'émigration comparé à sa petite taille.

Même si les très mauvaises conditions de vie pour les migrants étaient connues, les images de marché aux esclaves, diffusés par CNN, ont beaucoup choqué à Banjul.

Contactée par RFI, Anna Oliver Sanyang, une des organisatrices de la manifestation, estime que plus personne aujourd'hui ne peut ignorer le problème.

« Nous sommes les voix de ces victimes vendues comme esclaves. Ici, nous connaissons tous quelqu'un qui est concerné. Cela fait longtemps que l'on sait ce qui se passe, qu'on entend des histoires horribles de ceux qui sont passés par la Libye.

L'ONU l'a ignoré, les pays occidentaux l'ont ignoré, mais maintenant que c'est là, sous nos yeux, on ne peut plus faire comme si de rien n'était et détourner le regard.

On s'est mobilisés, car on veut des actions concrètes. On veut que nos gouvernements et que la communauté internationale agissent vraiment, car c'est immoral, c'est barbare et c'est illégal », a-t-elle déclaré.

« On s'est réunis aussi pour encourager les jeunes à oublier cette idée de partir. C'est cher, c'est dangereux, ça ne vaut pas le coup. La vie en Europe n'est pas telle qu'elle a l'air.

Donc, cette marche, c'est pour faire entendre tout cela et pour montrer que cela nous concerne, que l'on trouve cette situation tellement triste et qu'on ne va pas rester les bras croisés.

On est là et on en parle », a ajouté Anna Oliver Sanyang, une des organisatrices de la marche symbolique et de solidarité avec les migrants, organisée ce samedi à Banjul.

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