3 Décembre 2017

Ile Maurice: Pétrolier bloqué en Inde - Betamax et l'État à couteaux tirés

Photo: L'Express
Un pétrolier de la La State Trading Corporation (STC).

Dans son édition du samedi 2 décembre, l'express a révélé un jugement de la High Court de Karnataka, un État indien qui a bloqué en rade le pétrolier Pacific Diamond dans le sillage de l'affaire Betamax.

Toutefois, selon notre enquête, cela n'impactera pas sur notre approvisionnement en produits pétroliers. Du moins, ce que nous assure le ministre Ashit Gungah. Tour d'horizon...

Depuis hier, l'affaire a pris une tournure politique. «Antipatriotique », disent encore d'autres ministres en parlant du recours de Betamax de faire bloquer une cargaison de carburants à destination de Maurice.

«La STC a une attitude imprudente» en ne faisant pas provision pour payer la sentence arbitrale, rétorque Veekram Bhunjun.

Le gouvernement et le groupe Betamax s'accusent mutuellement. À Karnataka, le juge de cette instance a ordonné au New Mangalore Port Trust d'empêcher que le pétrolier Pacific Diamond ne parte avec sa cargaison de 40 000 tonnes métriques de produits pétroliers, valant 30 millions de dollars. Cette commande est de la State Trading Corporation (STC) à destination de Maurice.

Cette décision survient après que le groupe Betamax, le propriétaire du pétrolier Red Eagle, a saisi la cour indienne pour que la STC dépose une garantie bancaire pour 120 millions de dollars.

Ce, dans le sillage de bras de fer qui les oppose en Cour suprême mauricienne après que le Tribunal d'arbitrage de Singapour a ordonné à la STC de verser 115 millions de dollars (environ Rs 4 milliards) au propriétaire de Red Eagle comme dommages, plus intérêts.

Le directeur général de Betamax a eu une longue réunion de travail avec ses hommes de loi pendant toute la journée de samedi. À l'issue de cette réunion, Veekram Bhunjun a réagi aux propos du ministre Étienne Sinatambou.

Ce dernier a notamment traité Betamax de «compagnie mercenaire». «Ce n'est pas la cargaison de carburants qui nous intéresse.

Tout ce que nous voulons, c'est le respect de nos droits et que la STC agisse de manière responsable.

La STC n'a fait aucune provision pour la sentence arbitrale. Cette attitude imprudente est en train de mettre notre pays et notre économie en péril», explique Veekram Bhunjun.

Un des avocats du groupe, Me Rishi Pursem, rappelle que c'est une pratique courante dans les procédures d'arbitrage international.

«Nous avons tenté tout au long de ces derniers mois de trouver un compromis avec la STC. La Cour suprême a même accordé un délai aux deux parties pour arriver à un accord sur la caution, mais la STC a hélas choisi une position déraisonnable.»

Pas de pénurie

Dans la soirée, Ashit Gungah, le ministre du Commerce, a tenu une conférence de presse.

Il a affirmé que les équipes légales de mon ministère travaillent actuellement sur la défense et qu'ils seront présents à la cour en Inde ce lundi 4 décembre. «Le gouvernement dénonce l'antipatriotisme du groupe Betamax.

Il met en péril l'économie du pays.» Mais le ministre a rassuré la population en affirmant que les dispositions ont été prises. Il n'y aura pas de pénurie.

Par ailleurs, un expert en produits pétroliers affirme que la STC aura grand besoin de ces 40 000 tonnes métriques en cette période.

«Le volume de carburants pour le mois de décembre est élevé, comparé à d'autres périodes de l'année, en raison des nombreux voyages entrepris en fin d'année.»

Un manque de 40 000 tonnes métriques de produits pétroliers aura des conséquences graves sur les activités économiques du pays. Si la cargaison est uniquement de l'essence et du diesel, estime-t-il, ce volume représente la consommation d'un mois.

En revanche, si le pétrolier contient également du kérosène d'avion et du carburant pour le «bunkering», ce sera un stock pour environ une quinzaine de jours.

La consommation mensuelle d'essence est d'environ 13 000 tonnes métriques. Celle de diesel est de 28 000 tonnes métriques.

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