5 Décembre 2017

Burundi: La société civile burundaise plus que jamais en déperdition

Depuis la participation de Gabriel Rufyiri à la quatrième session de dialogue inter-burundais à Arusha, le torchon brûle entre lui et le reste de la société civile qui a boycotté le rendez-vous. Mais cela mérite-t-il de vouer aux gémonies cette célèbre figure de la lutte contre la corruption ? Analyse du journaliste-blogueur Egide Nikiza.

Le président de l'Olucome, Gabriel Rufyiri, participe au dialogue à Arusha qui s'y déroule depuis le lundi 27 novembre. Pourtant, il avait adhéré, si l'on en croit Pierre Claver Mbonimpa, au boycott « engagé à l'unanimité » avec ses collègues en exil.

Pour ce, la bête noire des corrupteurs n'est plus désormais fréquentable. Certains de ses collègues évoquent même une trahison.

Personnellement, j'estime que le président de l'Olucome tout comme ses collègues sont tous blâmables. Leurs attitudes ne sont pas dignes de redresseurs de torts de leur carrure.

Le premier n'est pas un petit garçon qui se laisse intimider par ses collègues. Ne pas assumer sa position de principe est une erreur. Les seconds ont exagéré dans leurs réactions. Je les trouve excessives.

Je suppose que ce n'est pas la première fois qu'ils gèrent une situation susceptible de divisions. Mais je parie que c'est la première fois qu'ils accusent et condamnent un collègue sur la place publique.

Ils pouvaient laver le linge sale en famille parce qu'une telle attitude les divise et peut discréditer leur militantisme, pourtant indispensable pour revivifier le débat politique.

Le ver était dans le fruit

Gabriel Rufyiri ne pipe mot, du moins jusqu'à présent. J'en déduis l'honnêteté de la part de ses amis de lutte. La réunion a eu lieu. Le boycott aurait été arrêté. Il a passé outre. Puis est resté silencieux. Et qui ne dit mot consent.

Cependant, le seul « déraillement » ne suffit pas pour faire de lui un paria. A mon sens, sa participation au dialogue aurait été une goutte d'eau qui a fait déborder le vase. «La coupe est pleine», soutient un activiste de la société civile dans le journal Iwacu sous anonymat.

Pourtant... son choix n'était pas du tout blâmable

L'idée de participation aux pourparlers n'est pas en soi mauvaise. Personnellement, je soutiens tous ceux qui donnent la chance au dialogue.

Invité, il faut être présent pour donner sa contribution. Sinon, c'est laisser libre court à l'adversaire. Le cas échéant, il se retrouve seul avec ses partenaires. Place au monologue. Car, le dialogue suppose l'existence de positions divergentes.

Que le président de l'Olucome ait choisi la participation au dialogue, cela importe peu pour moi. Plutôt deux questions méritent d'être posées : pourquoi n'a-t-il pas respecté la décision collégiale ? Et pourquoi ses amis de lutte de longue date se sont précipités à le dénoncer dans un media?

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