12 Décembre 2017

Burkina Faso: Campagne agricole déficitaire - Le plan de riposte expliqué aux députés

Le ministre en charge du commerce, Stéphane Sanou et celui de la défense nationale et des anciens combattants, Jean-claude Bouda, étaient à l'Assemblée nationale, le vendredi 8 décembre 2017, pour apporter des réponses du gouvernement aux questions des députés.

Deux membres du gouvernement étaient face aux députés à la plénière du vendredi 8 décembre 2017. Dépêchés par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, les ministres Stéphane Sanou du Commerce, de l'industrie et de l'artisanat et Jean-claude Bouda de la Défense nationale et des anciens combattants sont venus à l'hémicycle pour répondre à des questions d'actualité et orales adressées à l'exécutif par les parlementaires. Les questions d'actualité portaient essentiellement sur les mesures prises face à la progression du palu dengue (80% des consultations pour cause de dengue), le bilan de la campagne agricole écoulée et les difficultés des producteurs de coton dont la filière est minée par de nombreux problèmes. Concernant le bilan de la campagne agricole 2017-2018, le ministre en charge du commerce, venu représenter son collègue de l'agriculture, a déclaré que ladite campagne a été caractérisée par une installation précoce des pluies à partir du mois d'avril à la première quinzaine de juin sur la majeure partie du territoire. Hormis cela, a-t-il poursuivi, des postes de sécheresse de 5 à 8 jours ont été enregistrées dans certaines régions avec pour conséquence la baisse de la production céréalière.

« Estimée à 4 552 273 tonnes, la production céréalière prévisionnelle de la campagne écoulée est en baisse de 0,32% par rapport à la campagne précédente. Le bilan céréalier fait ressortir 17 provinces déficitaires », a indiqué Stéphane Sanou. Au nombre de ces provinces, on cite le Kadiogo, le Sanmatenga, le Boulkiemdé, le Yatenga l'Oudalan, le Soum, la Comoé, le Houet, le Kourittenga. De l'avis du porte-voix du patron de l'agriculture, ces résultats ne sont pas bons mais pour autant, ils ne prédisposent pas les Burkinabè à une situation de famine. « Tenant compte du solde import-export et si les tendances d'importation se maintenaient, il pourrait avoir un excédent net de 613 614 tonnes », a-t-il justifié.

Un plan de riposte adopté

Ce dernier a, par ailleurs, laissé entendre que des acquisitions d'environ 50 000 tonnes de céréales sont en cours dont 25 000 tonnes pour la reconstitution du stock national de sécurité et 25 000 autres pour les stocks provinciaux de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité (SONAGESS). Aussi, a-t-il ajouté, un plan de riposte et de soutien aux populations vulnérables à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition a été élaboré pour l'année 2018 pour un coût global de plus de 25 milliards de F CFA. Ce plan qui sera mis en œuvre sur l'ensemble des 13 régions du pays permettra de faciliter l'accès aux aliments des populations cibles à travers les ventes des vivres à prix social, foi du ministre Sanou. Sur la préoccupation des députés relative à la filière coton, le ministre du Commerce a annoncé une batterie de mesures prises par le gouvernement pour agir en faveur des cotonculteurs.

Dans la deuxième catégorie de questions, à savoir celles orales sans débat, les parlementaires ont focalisé leurs attentions sur le plan d'urgence pour le Sahel, notamment ses actions sur le terrain, les coordinations des opérations militaires de l'armée burkinabè et celles lancées par le G5-Sahel. Sur ce dernier point, le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Jean-Claude Bouda, a confié qu'au regard de la sensibilité du sujet liée aux opérations en cours, certains aspects de la question ne peuvent être abordés à l'hémicycle. Avant d'ajouter que vu le caractère transversal et transfrontalier de la menace terroriste qui n'est plus à démontrer, les réponses à apporter doivent s'inscrire dans une approche intégrée au niveau sous-régional, continental et mondial. « C'est fort de cette conviction que notre pays riverain de la bande sahélo-sahélienne a adhéré à la force conjointe du G5-Sahel qui a vu le jour le 6 février 2017 à Bamako au Mali », a souligné Jean-Claude Bouda. Aussi, fait-il observer, le combat contre le terrorisme ne peut se gagner à l'échelle d'un seul pays d'où l'option prise par les gouvernements des pays membres de cet espace, de mutualiser leurs moyens à travers la mise en place de ce mécanisme de coopération multilatérale.

Au sujet du programme d'urgence pour le Sahel, soulevé par le député Oumarou Dicko, la secrétaire d'Etat auprès du ministre en charge des finances, Pauline Zouré, a indiqué que ce projet d'une enveloppe financière de plus de 455 milliards qui couvre la période 2017-2020 et axé sur le PNDES se veut une sorte de Plan Marshal pour la partie nord du pays. Sur 199 marchés de 78 milliards de FCFA projetés en 2017, seul 17% étaient entièrement exécutés au mois d'octobre 2017, 51% avaient au moins un contrat signé et notifié. En revanche 32% n'avaient pas encore été entamés pour diverses raisons dont notamment l'absence de non objection des bailleurs concernés et le non achèvement des études.

Burkina Faso

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