15 Décembre 2017

Congo-Kinshasa: Les Etats-Unis, le Canada et la Suisse rejettent la « machine à voter » de la Céni

La machine à voter, cette innovation que la Céni promet d'apporter dans le processus électoral pour, selon son président, Corneille Nangaa, rationaliser le système électoral par une réduction des coûts, peine à convaincre les partenaires extérieurs.

Dans un communiqué publié jeudi, les Etats-Unis, le Canada et la Suisse ont marqué leur désaccord sur la « machine à voter » proposé par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour les prochaines élections en RDC.

« Nous sommes préoccupés par le fait que la CENI se concentre sur l'utilisation d'un système de « machines à voter », indique le communiqué, dont politico.cd affirme avoir intercepté une copie.

« La mise en œuvre d'un tel système exige de la transparence auprès toutes les parties concernées en ce qui concerne les coûts et les risques. Il faut également avoir suffisamment de temps pour effectuer un examen juridique, des essais, une évaluation et offrir de la formation - aucune de ces étapes n'est achevée à ce jour ou n'est en cours. Le contournement de ces étapes et la mise en place d'un système de ce type et de cette ampleur à l'échelle nationale pour la première fois pourrait gravement compromettre l'élection présidentielle », s'inquiètent les trois pays.

Difficile à convaincre

Le recours à la machine à voter est sans nul doute une autre piste pour réduire de façon drastique les coûts des élections en RDC, se défend la Céni dans une analyse publiée sur son site Internet.

Outre son coût plus bas que la confection, l'impression et l'acheminement de milliers de papiers de vote, Corneille Nangaa en a présenté récemment les avantages dont la rapidité de la remontée et de la publication des résultats, la réduction du format du bulletin de vote, la possibilité d'organiser plusieurs scrutins au même moment avec des résultats publiés soir même, etc.

De l'avis de la Céni, la procédure de vote semi-électronique est la même que le vote traditionnel. La seule différence est le remplacement du bulletin de vote traditionnel pré-imprimé, par un bulletin de vote spécifique vierge que l'électeur obtient du président du bureau de vote, et sur lequel il imprimera son choix via la machine de vote. Ce bulletin de vote imprimé est déposé dans l'urne pour un dépouillement manuel. La machine de vote agrège les résultats des candidats au fur et à mesure que les électeurs votent, et à la clôture du vote, la machine imprime la fiche de résultats qui sera comparé avec la fiche de résultats remplit par le membre du bureau de vote.

Malgré tout le travail de pédagogie que déploie la Céni, la machine à voter est loin de recueillir un appui conséquent des partenaires associés au cycle électoral. Nombre d'observateurs voient dans cette innovation une manière subtile de préparer le terrain pour une fraude électorale en grande échelle. « Machine à voter ou machine à frauder », la Céni rencontre une grande résistance sur le terrain. Son président, Corneille Nangaa, continue cependant à persister, estimant que la machine à voter qu'il différencie du « vote électronique » aidera son institution à réduire sensiblement le budget électoral, arrêté à ce jour à 432 millions Usd.

Congo-Kinshasa

Jean-Pierre Bemba fait appel de sa condamnation à la CPI

Ce mercredi, la Commission électorale congolaise, la Céni, doit rendre publique la liste définitive… Plus »

Copyright © 2017 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.