18 Décembre 2017

Cote d'Ivoire: Reportage / Allokoi - Anyama - Au cœur du problème d'eau

Ilest 10h, ce 30 novembre lorsque nous arrivons à Allokoi.

Cette localité d'Anyama dont les natifs sont originaires du village d'Akoupé Zeudji est située au PK 22, sur l'autoroute du Nord, après la Gesco. Si l'installation de nombreuses entreprises sur son sol devait être un atout pour son développement, il n'en est rien pour le moment. Un problème pernicieux, celui de l'eau courante, se dresse sur le chemin de son rayonnement. Plus les années passent, et plus l'on a l'impression que le village recule.

Le manque d'eau courante dans le village, malgré des canalisations réalisées par le soin de deux sociétés implantées dans le village, saborde le véritable décollage de cette localité. Qu'est-ce qui est à la base du blocage de la fourniture en eau d'Allokoi? Quels sont les forces et atouts qui peuvent booster le développement de ce village? Quelles sont aussi ses faiblesses qui le tirent vers le bas? Comment solutionner le problème d'eau à Allokoi? Forces et faiblesses d'Allokoi Le premier des atouts qui pourrait en faire un eldorado est de loin sa situation géographique. Le village est situé à proximité d'Abidjan, sans nul doute, l'axe le plus important en termes de densité de la circulation dans notre pays.

Cette route, la A3, relie la capitale économique (donc le Sud, le Centre et le Nord) aux pays frontaliers du Nord. Aussi, offre-t-il la possibilité de relier l'Ouest et les pays qui partagent les frontières avec la Côte d'Ivoire de ce côté-là. Allokoi, c'est aussi le nombre impressionnant d'entreprises implantées sur son sol. Elles sont variées et diversifiées. On y compte les sociétés agricoles, des brasseries, des cimenteries... Sa proximité avec Abidjan est également un avantage certain.

Enfin, il y a la diversité des peuples qui y vivent. La main d'œuvre dans les entreprises est constituée d'ouvriers venus des quatre coins du pays et même de pays étrangers. La difficulté première d'Allokoi est le manque d'eau courante, malgré l'offre de sa fourniture gracieuse par une société de la place.

Cette situation oblige les populations à se ravitailler en eau potable au moyen de bidons à la seule fontaine du village dont la gestion serait strictement sous le contrôle d'une seule personne qui commercialise l'eau. Pourtant, plusieurs tuyaux sont enfouis dans le sol mais ne conduisent pas encore l'eau dans les ménages par la seule volonté de la même personne.

Ce désagrément oblige ouvriers, fonctionnaires et cadres ayant construit dans le village, à loger à Abidjan, quand plusieurs natifs, se sont repliés sur le village mère, Akoupé Zeudji. Tout cela fait que le village, doté pourtant des services de base (centre de santé avec une maternité fraîchement inaugurée, école), peine à amorcer pleinement son développement. A qui la faute ? Ici, tout le monde refuse de révéler un nom, de peur de subir des repré- sailles.

Tous, parlant de cette personne intouchable, lui attribuent le retard accusé par le village sur la route du développement. «Il est très puissant. Si vous le contrariez, vous pouvez passer de vie à trépas sans que cela n'aille quelque part. Tout le monde le connait ici, et je doute même que cela ne soit hélas, le cas au sommet. Cette situation lui profite à lui tout seul. Il garde par devers lui tout l'argent qu'il tire de la vente de l'eau de la fontaine.

Il appartient à l'État, dont le rôle régalien est de protéger tous les citoyens, de nous tirer de cette situation de blocage, par le fait d'un seul individu, fut-il le chef de village. Nous voulons que l'État nous aide. Que l'Etat vienne voir comment nous souffrons au quotidien avec des bidons sur la tête, pour venir puiser de l'eau à la seule fontaine du village. C'est insupportable », s'est plaint un riverain qui a requis l'anonymat. Un autre habitant, lui, a révélé que par deux fois, des sociétés ont proposé de fournir gracieusement l'eau aux villageois par des camions citernes ambulants en attendant que l'eau coule dans les robinets.

Selon lui, toutes ces deux offres ont été rejetées du revers de la main par "l'homme fort" d'Allokoi. Ayant tenté en vain d'entrer en contact avec le chef du village, sur cette question d'eau à Allokoi, nous avons entrepris d'en savoir un peu plus auprès de l'un de ses notables, fonctionnaire à la retraite. B.N. sont les initiales de notre interlocuteur. «Tout village a un règlement que les habitants, allogènes ou autochtones doivent suivre pour ne pas qu'il y ait l'anarchie.

La question de l'eau chez nous est régie selon une disposition du village. Personne ne doit l'outrepasser. On a le choix. Soit on s'inscrit dans ce schéma et on reste dans le village, soit on opte pour un autre village. Estce qu'il y a un mal à lui confier la gestion de l'eau? Le chef de village n'a jamais refusé de l'eau à qui que ce soit », a-t-il coupé. Comment solutionner le problème ? Selon une source bien introduite, le village a été doté dans le courant du mois d'octobre dernier, d'une maternité dont l'inauguration était placée sous le parrainage de la Première Dame, Dominique Ouattara.

Cette source suggère qu'après sa visite, une enquête soit diligentée par les services de renseignements sur la question de l'eau à Allokoi. Le problème du blocage pourrait ainsi être diagnostiqué et une solution envisagée. «Quand vous parcourez le village, vous trouvez de belles bâtisses. Par manque d'eau dans les maisons, leurs propriétaires préfèrent habiter ailleurs, notamment à Abidjan.

Aujourd'hui, pour acquérir un terrain ici, il faut vous lever très tôt. Les terrains sont plus chers qu'à Abidjan, et pourtant le problème d'eau demeure », révèle un autochtone qui a aussi requis l'anonymat. Pour notre part, nous qui avions l'habitude de traverser ce village en voiture ou en car, avant notre visite, nous étions loin de nous rendre compte qu'Allokoi est un grand village où il y a la vie. A l'intérieur de ce village, existent de belles maisons et de belles réalisations.

Mais malheureusement, la vie y tourne au ralenti et les populations vivent un martyr certain. Et ce martyr, c'est le problème d'eau courante dans les robinets que personne ne veut aborder de fond et de face de peur d'avoir à subir le courroux du chef du village. Les populations qui ne savent plus à quel saint se vouer, appellent le gouvernement et le président de la République au secours.

L'État pourrait gagner gros en apportant une solution au problème d'eau à Allokoi, l'une des plus grandes zones industrielles du pays. Le faisant, la lutte contre le désengorgement de la ville d'Abidjan serait en partie réglée.

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