23 Décembre 2017

Egypte: Répression - L'entreprise Nexa dans le viseur de la justice française

Une information judiciaire pour « complicité d'actes de torture et de disparition forcée » a été ouverte contre l'entreprise Nexa Technologies plus connus sous son ancien nom, Amesys. Cette entreprise française est soupçonnée d'avoir vendu du matériel de cybersurveillance au régime du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour l'aider à traquer ses opposants, sous couvert de lutte contre le terrorisme.

L'entreprise Nexa est déjà au cœur d'une enquête en cours pour avoir fourni du matériel de cybersurveillance similaire à la Libye de Mouammar Kadhafi et ainsi facilité l'arrestation et la torture de centaines d'opposants du régime.

Cette enquête, ouverte pour « complicité d'actes de torture et de disparition forcée » et instruite au pôle « crimes contre l'humanité » à Paris, fait suite à une nouvelle plainte de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et de la Ligue des droits de l'Homme (LDH)

« Ces enquêtes menées par la justice française doivent constituer une dissuasion pour les entreprises qui commercent ou qui souhaiteraient commercer avec des régimes répressifs, comme le régime égyptien, le régime libyen ou syrien pour penser à certaines des enquêtes qui sont en cours, concernant la responsabilité d'entreprise », explique Clémence Bectarte, la coordinatrice du Groupe d'action judiciaire de la FIDH.

« Cela doit être une forme de dissuasion et ça pose la question centrale qui est de dire, est-ce qu'on peut vendre ce type de technologie avec des potentielles conséquences graves en termes de violation des droits de l'homme, sans en subir les conséquences, y compris en termes de responsabilité pénale devant la justice ? On espère que ça aura cette fonction de dissuasion pour les entreprises, et puis aussi pour les autorités françaises bien évidemment », poursuit-elle.

Appelé « Cerebro », ce programme suspecté par la justice française d'avoir été vendu à l'Egypte par Nexa permet de traquer en temps réel les communications électroniques d'une cible, à partir d'une adresse mail ou d'un numéro de téléphone par exemple. Il s'agit d'une version actualisée de celui vendu en 2007 par Amesys, à l'époque filiale de Bull, au régime de Kadhafi en Libye. La nouvelle enquête devra déterminer si un lien entre l'utilisation de la surveillance et une répression massive peut être démontré.

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