27 Décembre 2017

Burkina Faso: Les élucubrations de Toégui - Plus rien ne doit être comme après...

Lorsque j'ai appris que l'Emir du Qatar venait chez nous, je me suis dit : Vraiment Alpha Barry il est fort. Roch a fait le bon choix. Quand ensuite je sus que Son Altesse allait faire la tournée dans 6 autres pays du continent, je déchantai quelque peu. Je croyais que le Prince allait prendre son Jet et venir en Afrique juste pour nous. Rien que pour nos beaux yeux.

Félicitations tout de même à Alpha Barry. Il a fait du bon boulot. Carton vert, Monsieur le ministre ! Mais ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Je saisis l'occasion pour vous rappeler une suggestion que j'avais faite à l'un de vos prédécesseurs mais qui n'avait pas daigné m'écouter. Voilà, Monsieur le ministre, faites donc des yeux doux au Prince du Brunei.

Le Brunei ne viendra pas à nous, allons donc au Brunei. Au Brunei, vous le savez mieux que moi, il y a plus à boire et à manger qu'au Qatar. Sans risque aucun. Ni Chiite ni Sunnite. Pétrole et gaz naturel à gogo. Plus qu'au Qatar je vous répète. Moins de tapage aussi. Et qui ne s'englue pas dans des batailles d'éléphants. Faites vite pour ne pas être l'ami de la 25e heure.

De la prétention ? Vous trouvez que moi Toégui j'ai de la prétention en voulant donner des idées à un ministre du Faso et pas le moindre ? Il y a pourtant des personnes qui estiment que je fais de l'élucubration positive. De l'élucubration en élucubreur éclairé. Elles me suggèrent même de reprendre mon activité de lanceur d'alerte. Tenez !

Lorsque j'avais dénoncé le fait qu'on n'ait pas fait appel aux Marocains, comme on le faisait autrefois, pour faire tomber la quantité de pluies qu'il nous fallait l'hivernage passé, j'ai reçu la visite d'une vingtaine d'OSC. Elles sont venues me féliciter pour ma perspicacité et exprimer leur colère contre qui de droit à qui incombe cet arrêt précoce des pluies cette saison. Sur-le-champ, elles prirent la décision de faire une marche-meeting, sans sit-in préalable, de la Place de la Révolution aux bureaux du ministre chargé des pluies.

Je pensai au ministre Jacob Olivier, chargé de l'Agriculture et au ministre Niougou Ambroise Ouédraogo chargé de l'Eau. Mais quand je leur demandai à tout hasard :

C'est qui le ministre des pluies ?

Cherche pas à savoir, Toégui. Nous, nous allons marcher sur Sy Cheriff.

Sy Cheriff ? Mais il n'a rien à voir avec les pluies Sy Cheriff.

Ah si. Si si si. C'est Sy Chériff le responsable. C'est lui qui devait dire à Alassane Bala Sakandé de dire au Premier ministre Paul Kaba Thiéba, de dire au ministre chargé des pluies de dire à son directeur général de dire à l'ambassadeur du Maroc d'apporter les avions des pluies.

Mais non les amis. C'est plutôt Jacob Olivier ou Niougou Ambroise Ouédraogo que vous devez voir. La pluie et l'eau c'est de leur ressort.

Tu es en retard Toégui. Tu ne sais donc pas que plus rien n'est comme avant ? Jacob Olivier et Ambroise Niougou c'est trop long. Laisse nous faire. On se connaît.

Je revois en mémoire Sy Chériff et je me dis que c'est bien fait pour lui. Je le revois au perchoir à Baoghin. Chaque fois qu'une loi était adoptée, avant même de procéder au comptage des votants, il s'emparait de son marteau et criait :

Rien ne sera plus comme avant ! Rien ne sera plus comme avant ! Rien ne sera plus comme avant !... Et pan ! pan ! pan !

Au fait, malgré son aspect, vu de la télé, le marteau du perchoir ne doit pas être si lourd à manœuvrer. Vous avez vu Juliette Bonkoungou ? « Adopté ! » Pan très fort. Plus fort que Lona Charles Ouattara et Maître Bénéwendé réunis.

On continue. Allons seulement.

Avant de me quitter, le groupe d'OSC me demanda pourquoi on ne me voyait jamais dans les grands rassemblements de la République.

Toégui, on ne t'a pas vu au Forum sur la sécurité. Il y avait 600 participants mais tu n'y étais pas.

Parce qu'on ne m'a pas invité, c'est tout.

Là, Toégui, c'est pas la faute à Sy Cheriff. C'est la faute à Simon Compaoré en personne. Il te connaît bien. C'est grâce à toi qu'il a été RSS.

Ça oui, c'est grâce à moi, et il ne m'a pas invité. Pourtant j'avais des idées et des informations pour ce forum.

Ha oui ? Oh la la !

Bien sûr. Des idées qui allaient mettre les terroristes hors d'état de nuire en un rien de temps. Tenez ! Vous vous rappelez que dans le temps nous avions acquis 2 avions spéciaux pour combattre le grand banditisme. Deux drones qui pouvaient s'envoler de Matiakoali et se retrouver à Niangoloko en 5 minutes. Il suffisait de crier « Bandits à bâbord » et les bandits étaient réduits à néant. Vous vous rappelez hein ? Ces avions sont toujours là. Où sont-ils ? Pourquoi ne les utilise-t-on pas alors que les terroristes sont en train de semer des dégâts au nord de notre pays !?

Ils répondirent en chœur :

C'est vrai. C'est vraiment vrai. On se souvient de ces deux avions. Pourvu qu'ils n'aient pas été volés comme les 56 4w4 de Kosyam. N'attendons pas une minute de plus les gars. Fonçons chez Sy Cheriff de ce pas.

Je répliquai :

Encore Sy Cheriff ? Non, pas Sy Chériff. C'est plutôt l'affaire de Simon Compaoré et de Jean Claude Bouda cette histoire d'avions perdus !?

Toégui, tu es hors jeu. Tu ne comprends pas. On te dit que rien n'est plus comme avant. Tu veux qu'on te fasse un dessin ? Sache que si nous voyons Simon Compaoré ou Jean Claude Bouda ce serait trop long. Tu ne connais pas Sy Cheriff alors.

Comment je ne connais pas Sy Cheriff ! Je connais bien. C'est pas Sy Cheriff Bendré ?

- D'accord, tu le connais. Retiens maintenant une fois pour toutes que rien ne sera plus comme avant. Si nous marchons sur Sy Chériff pour les 2 avions c'est comme si on avait marché sur Roch. Aux pancartes les gars ! « Rendez-nous nos avions ! Rendez-nous nos avions ! »

Passons à autre chose. Mais n'oubliez pas que vous tenez des élucubrations de Noël. Gnontoro sans modération. Ne vous étonnez pas si j'élucubre comme le Professeur Mahamady Sawadogo.

Vous avez suivi le ministre Nicolas Méda ? Il a thèsé sur le Service Public Exclusif et a parlé de la Fonction Publique Hospitalière. Il a évoqué une loi qui interdit à tout médecin d'avoir une clinique privée. Le médecin a aussi obligation de travailler au moins 40 heures dans la semaine dans un établissement sanitaire public. Ici au Faso !? Ça fait rire.

C'est bien ce qu'il a dit ou c'est moi qui ai mal compris ? Le ministre Méda se souvient-il ? Un grand médecin du pays, un grand sous toutes les coutures, a déclaré qu'il n'est pas question qu'un médecin qui a passé 11 ans d'étude vienne toucher un salaire de misère avec interdiction d'aller voir ailleurs.

Et ce grand médecin a ajouté que si les pauvres, dans leur dictature, ont le droit d'aller se faire soigner dans les établissements sanitaires publics, les riches aussi, les R+2, les R+3, les R+4 ont aussi le droit d'aller se faire soigner dans les cliniques privées.

Méchante loi Monsieur le ministre ! Injuste loi Monsieur le ministre ! Loi antidémocratique ! Où voulez-vous donc que les riches aillent se faire soigner ? Et puis il ne faut pas donner des idées au président de l'Assemblée nationale Son Excellence Alassane Bala Sakandé. Il pourrait être tenté de prendre une loi interdisant aux grévistes d'envoyer leurs gosses étudier au Canada.

Burkina Faso

Procès du putsch - Le capitaine Zoumbri en larmes

Les capitaines Saïdou Gaston Ouédraogo et Oussène Zoumbri, accusés et appelés à… Plus »

Copyright © 2017 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.