29 Décembre 2017

Centrafrique: Le pouvoir et l'ONU condamnent les propos de Noureddine Adam

Le Premier ministre centrafricain, Mathieu Simplice Sarandji, a condamné ouvertement, le 28 décembre, les déclarations du chef de guerre traitant le président Faustin-Archange Touadéra de « criminel » et menacé de marcher sur Bangui, tandis que l'ONU a averti qu'elle ne permettrait pas une déstabilisation de ce pays.

Le chef du gouvernement centrafricain a déclaré que le vrai « criminel », c'est le chef de guerre qui a tenu de tels propos à l'endroit du président de la République. « Noureddine Adama déclare que le président Touadéra est un criminel. Mais qui est plus criminel que qui ? », a-t-il lancé sur la radio Ndeke Luka. « Il menace de descendre sur Bangui. Mais, qu'il descende alors. Qu'il n'attende pas. Qu'il se mette bien en tête que descendre sur Bangui est synonyme de tuer la population. Qu'il tue alors tous les Centrafricains pour venir prendre le pouvoir », a-t-il ajouté en sango, la langue du pays.

Estimant que la politique du chef de l'Etat centrafricain actuel est « celle de la main tendue », le Premier ministre a dit que cela peut être, entre autres, prouvé. Le président de la République, a-t-il ajouté, « a toujours tendu la main aux groupes armés pour qu'ils renoncent aux violences et intègrent le processus DDR » de désarmement, démobilisation et réinsertion.

Dans cette même optique, la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a, dans un communiqué, déclaré qu'elle « ne permettra pas que la paix et la stabilité du pays soient perturbées par qui que ce soit ». L'ONU « demeure déterminée à appuyer les autorités pour prévenir toute tentative de mettre en péril les acquis de la restauration de l'autorité de l'Etat », a prévenu cette force qui est présente en République centrafricaine depuis 2014.

Dans un entretien à l'AFP réalisé le 26 décembre à Birao, au nord de la Centrafrique, notamment aux frontières du Tchad et du Soudan, Noureddine Adam avait traité le chef de l'Etat centrafricain de « criminel », soulignant qu'il pourrait « marcher sur Bangui » pour prendre le pouvoir par la force. Il avait justifié ces menaces en évoquant une « ligne rouge » dont le gouvernement s'approche, « en réarmant l'armée nationale ». Ce chef du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et co-fondateur de l'ex-coalition rebelle de la Séléka qui avait pris Bangui en 2013 avait déjà menacé de prendre la capitale centrafricaine par les armes.

Les menaces proférées par Noureddine Adam ont suscité des inquiétudes à travers le pays et à l'Assemblée nationale, où les députés ont interpellé le gouvernement lors d'une séance de questions à cette instance pour être éclairés sur la sécurisation de la population. Les élus du peuple ont notamment cherché à comprendre s'il existait déjà des « mécanismes mis en place pour éradiquer les entrepreneurs politico-militaires ».

Rappelons que la Centrafrique est enlisée dans un conflit depuis le renversement, en 2013, du président François Bozizé, par une coalition pro-musulmane (l'ex-Séléka), qui a entraîné une contre-offensive des antibalaka ou antimachettes, milices animistes et pro-chrétiennes. Mais les interventions armées françaises (2013-2016) et de l'ONU ont permis de réduire les violences qui ont fait plus de six cent mille personnes déplacées alors que cinq cent mille se sont réfugiées dans des pays voisins.

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