1 Janvier 2018

Tunisie: L'année des grands espoirs déçus

analyse

- Sur le plan social, l'arrivée de Noureddine Taboubi à la tête de l'Ugtt va marquer, dès le début de l'année 2017, un certain apaisement et une diminution des grèves syndicales, alors que les révoltes régionales ont été moins systématiquement soutenues par l'Ugtt et mieux négociées

L'année 2017, qui s'achève sur un bilan économique mitigé, avait démarré sur une note fortement optimiste marquée par les grands espoirs suscités par la Conférence internationale pour l'investissement «Tunisia 2020», tenue les 29 et 30 novembre 2016 à Tunis.

Cependant, le suivi n'a en définitive dégagé ni de significatives concrétisations effectives ni bilans réguliers crédibles. De sorte que la problématique de l'investissement en vue du dépassement de la crise n'a enregistré aucun progrès notable.

Le fait est que les promesses faites par les pays occidentaux n'étaient pas vraiment spectaculaires, et que celles annoncées par les pays du Golfe ont souvent connu, entre concurrence et conditions, un ajournement qui a fortement contrarié les promesses de relance avancées par Youssef Chahed et son gouvernement dit d'«union nationale».

Basé sur un Document de Carthage portant de fermes résolutions économiques et sociales, signé par 9 partis politiques et les 3 organisations socioprofessionnelles majeures, ce gouvernement d'union élargit la base de soutien dont avait bénéficié Habib Essid, ainsi que l'éventail des partis concrètement représentés au sein de l'équipe gouvernementale. Mais les polémiques et fissures vont vite reprendre à mesure qu'allaient se confirmer les désillusions à l'égard des promesses de la conférence Tunisia 2020.

En revanche, se consolideront l'autorité et l'assurance de Youssef Chahed en tant que chef d'équipe déterminé, plus spécialement lorsque, en réaction aux critiques tant de l'Utica que de l'Ugtt, il s'attaquera frontalement aux nababs de la contrebande, à commencer par Chafik Jarraya qui sera mis aux arrêts et traduit devant la justice militaire. Cette mesure inattendue avait été précédée, au mois de février, par l'adoption d'une loi contre la corruption qui protège les dénonciateurs et les lanceurs d'alerte.

Cette décision spectaculaire, très critiquée par certains lobbies et leurs médias, a vite valu au chef du gouvernement une prodigieuse envolée dans les sondages de popularité, ce qui conduit Rached Ghannouchi à lui « interdire », en direct à la télé (sur Nessma), de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle de 2019, en échange de la poursuite du soutien d'Ennahdha au gouvernement.

Sur le plan social, l'arrivée de Noureddine Taboubi à la tête de l'Ugtt va marquer, dès le début de l'année 2017, un certain apaisement et une diminution des grèves syndicales, alors que les révoltes régionales ont été moins systématiquement soutenues par l'Ugtt et mieux négociées par le gouvernement en échange de mesures limitées mais concrètement tenues en termes d'emplois pour les jeunes et de mise en route d'un certain nombre de projets de développement.

Ce climat de relatif répit a contribué à donner sur le terrain des indicateurs économique de légères améliorations, avec une amélioration de la croissance, une croissance minime des investissements étrangers et une reprise relativement appréciable des exportations. Par contre, la catastrophe de la dévaluation du dinar est allée de mal en pis et semble devoir poursuivre son mouvement durant les premiers mois de 2018. Alors que n'ont cessé de sévir l'augmentation des prix et le peu d'impact visible des réformes de structure. Choses qui ont multiplié les critiques et les menaces contre Youssef Chahed, plus spécialement de l'intérieur de la majorité parlementaire.

Le remaniement opéré par Youssef Chahed le 6 septembre 2017 va mettre fin aux incertitudes et confirmer, une nouvelle fois, semble-t-il, le soutien dont il bénéficie dans les coulisses du pouvoir et spécialement, semble-t-il, de la part du président de la République.

L'année 2017 se clôture sur de graves malentendus avec l'Union européenne qui a classé notre pays dans une liste noire des «paradis fiscaux» et qui menace de nous mettre en cause à propos des risques d'affluence de l'argent sale.

L'année s'achève sur un taux de croissance appréciable mais sur une poussée de l'inflation et des déficits, ainsi qu'un sérieux renchérissement du coût de la vie que la flambée du pétrole brut sur les marchés mondiaux risque d'aggraver.

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