1 Janvier 2018

Congo-Kinshasa: Repression sanglante de manif - Qui pour arrêter kabila ?

Photo: MONUSCO
Des forces de sécurité en attente à Kinshasa pendants les manifestations en République démocratique du Congo (RDC) des 19 et 20 décembre 2016 (archives)
analyse

Après l'opposition et la société civile presque réduites à quia, le rouleau compresseur du président congolais, Joseph Kabila, continue son petit bonhomme de chemin. C'est la communauté chrétienne, en l'occurrence catholique qui en est devenue la cible. C'est le moins que l'on puisse dire. Car après la convocation, la semaine dernière, du doyen des curés de Kinshasa par la justice congolaise, c'est la marche populaire organisée par le Comité laïc de coordination qui a été réprimée dans le sang avec à la clé 8 morts sur le carreau.

Pendant donc que les autres chefs d'Etat à travers le monde entier souhaitaient le meilleur à leur peuple, le président RD congolais, lui, envoyait ad patres ses compatriotes dont le péché est d'avoir manifesté pacifiquement. Si fait que l'année 2017 se termine comme elle avait commencé c'est-à-dire dans la douleur. Franchement, Kabila voudrait récompenser l'Eglise catholique en monnaie de singe qu'il ne s'y prendrait pas autrement ; elle qui, faut-il le rappeler, à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo(CENCO), s'était fortement impliquée pour que soit signé l'accord de sortie de crise qui, du reste, a permis au satrape de Kinshasa de s'octroyer un bonus d'un an et qui, mauvaise foi aidant, se trouve aujourd'hui malmené.

Tel un crustacé dans sa carapace, « le nouveau roi du Zaïre » a décidé d'en faire à sa tète, oubliant qu'en se mettant à dos l'Eglise catholique, il se tire une balle dans le pied. On se rappelle encore les événements de février 1992, ou bravant la peur et l'interdit, les laïcs catholiques avaient exigé et obtenu la réouverture de la Conférence nationale souveraine.

Plutôt donc que de faire dans la répression aveugle, Kabila gagnerait à négocier les conditions de son départ à moins qu'il n'ait fait le choix de finir comme Blaise Compaoré du Burkina Faso et Robert Mugabe du Zimbabwe, pour ne citer que les deux, qui ont quitté le pouvoir sous les lazzis et les quolibets de leurs peuples respectifs. Et c'est peu dire. Car, jamais, la répression ne peut venir à bout d'un peuple déterminé.

A preuve, le Comité catholique de coordination promet d'autres actions dans les jours à venir pour se faire entendre si le pouvoir de Kinshasa ne montre pas des signes d'ouverture. Autant dire que le bras de fer est ainsi engagé, et bien malin qui pourra en prévoir l'issue. Car, c'est désormais tous contre Kabila.

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