2 Janvier 2018

Congo-Brazzaville: Le sort incertain des réfugiés rwandais

Plusieurs milliers de réfugiés rwandais pourraient perdre leur statut de réfugié, notamment dans des pays comme l'Ouganda, la Zambie ou le Congo-Brazzaville. A partir du 1er janvier 2018, ces pays pourront appliquer une clause de cessation du statut de réfugié pour les citoyens rwandais ayant fui leur pays entre 1959 et 1994.

Une clause demandée depuis des années par Kigali, qui estime qu'il n'y a plus de raison pour leurs ressortissants de vivre à l'étranger. Le processus est soutenu par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui a promis de ne pas abandonner ces réfugiés.

Au Congo-Brazzaville où vivent environ 9 000 Rwandais, ceux-ci s'inquiètent. Selon le docteur Eric Ndayishimiye, le président de cette communauté, la quasi-totalité de ses concitoyens ne font pas confiance au régime en place au Rwanda.

« Il faut dire que les réfugiés rwandais qui sont au Congo-Brazzaville sont des rescapés de plusieurs atrocités, à commencer de 1990 quand le FPR attaque le Rwanda. Ils ont quitté le pays après la prise du pouvoir par le FPR en 1994. Ils ont été massacrés dans les camps de l'est de la RDC.

Et j'estime que ce gouvernement qui les a massacrés, qui les a torturés, c'est le même gouvernement aujourd'hui qui n'a décrété aucune loi d'amnistie, qui n'a jamais confessé leurs atrocités, qui n'a jamais favorisé une réconciliation véritable et qui fait que certains citoyens du Rwanda sont des citoyens de seconde classe.

Tout cela fait que justement il y ait une fois de plus ce sentiment d'inquiétude. Et lorsqu'on suit l'évolution des droits de l'homme au Rwanda, ça ne rassure pas ».

Pour le docteur Eric Ndayishimiye, ces réfugiés ne veulent tout simplement pas rentrer au Rwanda : « Les réfugiés rwandais vivent des moments très difficiles. Ils sont dans la psychose la plus totale. Ils sont désemparés, ils ne savent pas quoi faire. Ils attendent ce qu'ont décidé les autorités congolaises.

Ils sont justement des citoyens irréguliers ou encore des apatrides. Du coup, à tout moment, les forces de l'ordre peuvent les menacer ou encore les arrêter parce qu'ils n'auront aucun document en règle.

Mais d'aucuns pensent qu'il faut peut-être prendre encore une fois de plus le chemin de l'exil parce qu'ils estiment qu'il n'est pas temps de rentrer au Rwanda. Ils ont fui plutôt les conséquences de cette guerre.

Au moment où je vous parle, tout le monde est paniqué. J'ai même causé avec d'autres qui se disent que la semaine prochaine en tout cas, ils préfèrent rester à la maison et attendre ce qui va leur arriver ».

Les personnes concernées peuvent refaire une demande de statut de réfugié, mais selon le docteur Ndayishimiye, moins de 10% des Rwandais qui vivent au Congo-Brazzaville ont réussi à obtenir une régularisation de leur situation.

Congo-Brazzaville

Emprisonnement ferme requis contre Makaya pour complicité d'évasion

Le ministère public a requis jeudi 19 juillet une peine d'un an d'emprisonnement ferme contre l'opposant Paulin… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.