3 Janvier 2018

Congo-Kinshasa: Reportage auprès d'une famille de présumée victime

L'envoyée spéciale de RFI s'est rendue dans la famille d'Héritier Ibanda, l'un des Congolais tués lors de la journée du 31 décembre, alors que selon ses proches, il s'était rendu à la messe pour participer à la marche. Il avait 24 ans, et laisse une veuve et deux enfants, dans le quartier de Kingabwa à Kinshasa.

Bena, la femme du défunt, peine à se tenir debout au milieu des voisins et des proches venus porter leurs condoléances. A ses côtés, Richard Ibanda, l'oncle de la présumée victime, tient une photo de son neveu dans les mains... C'est lui, dit-il, qui s'est rendu dans le petit hôpital du quartier pour constater le décès : « Il a pris une balle c'est ce qu'on m'a montré. II la reçu une balle dans le flanc qui traversé jusque dans le dos, et il en est mort. » Richard raconte comment il a ensuite décidé d'emporter le corps pour le cacher chez lui. « Peu après il y a des hommes en civils qui venus ici, dit-il. Ils disaient qu'ils voulaient se renseigner. Je me suis méfié. Je n'ai pas dit que je gardais le corps de mon neveu. J'ai eu peur qu'on vienne nous l'arracher pour aller l'enterrer discrètement. »

Richard a finalement fait appel à son voisin, Me Jean-Pierre, un avocat, pour débloquer la situation. « Quand je suis allé au niveau de la police, le major m'a donné le véhicule avec des militaires et y compris des policiers, raconte-t-il. Nous sommes venus ensemble. Ils m'ont demandé de prendre le corps, et ont dit "on va vous escorter jusqu'à la morgue". »

Pour le moment la famille n'a pas assez d'argent pour payer l'enterrement. Ce mardi alors qu'il s'est présenté à la morgue pour négocier que le corps de son neveu puisse en tout cas être embaumé, Richard Ibanda, l'oncle du défunt, a été arrêté puis relâché dans la soirée.

■ Des difficultés pour accéder aux morgues

Des familles qui disent avoir perdu des proches lors des manifestations de dimanche ont ainsi à nouveau tenté d'accéder mardi aux morgues de Kinshasa. L'envoyée spéciale de RFI a elle-même été brièvement interpellée en début d'après-midi alors qu'elle effectuait un reportage sur ces démarches à la morgue de l'hôpital Mama Yemo. Le parent de présumée victime et deux avocats de l'ACAJ, l'Association congolaise pour l'accès à la justice, ont également été arrêtés puis relâchés en début de soirée. Une situation qui préoccupe le président de l'ACAJ.

Ils ont été arrêtés au moment où ils se rendaient à la morgue de l'hôpital...

La ministre des Droits humains dément tout obstacle pour accéder aux morgues et assure que ses équipes sont à la disposition des familles et des ONG pour faciliter leurs démarches.

Personne ne pourra refuser aux familles l'accès aux corps des défunts...

La ministre promet également que les familles de victimes de dimanche seront indemnisées pour procéder à l'enterrement de leurs proches.

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