3 Janvier 2018

Tunisie: Un accord de sortie de crise en vue

"Le Centre national pédagogique (CNP) nous a promis le cahier des charges pour aujourd'hui ou demain, au maximum la fin de cette semaine. Si celui-ci répond à nos attentes, nous sommes prêts à assumer nos responsabilités", vient de nous confier Samir Graba.

Il semble ainsi qu'après plusieurs rebondissements, la crise de l'impression des manuels scolaires soulevée par les professionnels qui avertissent contre les risques d'incapacité de les fabriquer pour l'année scolaire 2018/2019, serait en voie d'aboutir à une entente.

Des manuels capables de séduire nos enfants

"Nous tenons à dire que nous n'avons pas monté cette affaire de toutes pièces et que nous avons toutes les raisons cohérentes d'être montés au créneau. Il faut que le ministère de tutelle affiche sa considération pour notre secteur qui est important pour notre indépendance en matière d'impression de livres scolaires. La première chose évidente dans ce sens est qu'il doit nous impliquer quand il y a du nouveau. Tout secteur a ses experts et ceux-ci doivent naturellement être impliqués au moment des grandes prises de décision", recommande notre interlocuteur.

Selon lui, la fermeture de plusieurs établissements à cause des errements de la tutelle est réelle car le livre scolaire tunisien a été mis en danger par de mauvaises décisions successives. "L'une de ces décisions est de laisser des arrivistes s'installer dans ce secteur où la qualité est primordiale. Nous étions trois ou quatre et maintenant nous sommes plus d'une dizaine. Ce n'est pas simplement une question d'exiguïté de marché mais de respect des standards. Je vous le dis clairement : nous savons que ces nouveaux venus dans le secteur achètent leurs machines au rabais, avec du matériel qui a déjà de longues années de service au compteur et, dans ces conditions, comment voulez-vous que le livre soit présenté aux enfants ? Nos concitoyens parlent tout le temps de comparaisons entre le manuel scolaire tunisien et ceux des pays développés et commentent largement la différence entre les deux. Alors, comment voulez-vous que nous parvenions à produire des manuels de qualité, capables de séduire nos enfants, de les intéresser et de les motiver si nous investissons dans la médiocrité ?"

Les marchés publics doivent tirer la qualité vers le haut

C'est dans cette même logique de standards d'excellence que Samir Graba avertit qu'il n'est pas du tout exclu que nous en arrivions à importer nos manuels scolaires dans quelques années si nous continuons avec la même logique actuelle. "Le CNP ne nous aide pas à exceller quand il choisit le moins-disant dans les appels d'offres. Car ces nouveaux venus qui s'imposent en bradant les prix ne sont rien de plus que des charlatans, contrairement aux vrais professionnels du métier qui respectent les standards de qualité. Mais le ministère de tutelle, en choisissant cette manière de faire, perd de vue le fait indéniable que ces pratiques finiront pas détruire l'industrie du livre en Tunisie et je ne serais absolument pas étonné que nous en arrivions à l'extrême limite des importations comme si nous étions devenus l'un des pays les plus sous-développés du monde, incapables de produire leurs propres manuels. C'est une honte pour nous professionnels et c'est pour cela que nous sommes montés au créneau."

Et de conclure : "Tout ce que je peux dire aux ministères et au CNP, c'est que les marchés publics doivent être une occasion pour tirer la qualité vers le haut et qu'ils ne doivent pas oublier qu'il s'agit ici de la motivation de nos enfants en leur offrant un produit agréable, bien tenu, incitant au savoir."

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