2 Janvier 2018

Congo-Kinshasa: Kongo Central - Les Bomatraciens ont-ils leur destin en main ?

Plusieurs fois, nous avons entendu dire les gens : « BANA BOMA PAS DEUX » sans rien comprendre. Mais, les natifs, eux-mêmes, donnent du sens à ce slogan par rapport à l'histoire de cette ville, 1ère capitale de la RDC du 1er Juillet 1885 au 30 Juillet 1929.

Ville touristique de par ses nombreux sites tels que le baobab de Stanley, le 1er camp militaire, la 1ère cathédrale du Congo, la 1ère voiture, le cimetière des pionniers, etc. Ville portuaire parce que 2ème port maritime international sur le fleuve Congo après celui de Matadi. Boma, une ville oasis de paix, hospitalière, pittoresque...

Présentement, elle passe pour une ville scientifique parce que les établissements d'enseignement supérieur et universitaire y poussent comme des champignons. Ils se rivalisent de zèle dans leur diversité pour la formation de l'intelligentsia.

De ce point de vue, « BANA BOMA PAS DEUX » est à comprendre comme une excellence.

Sous un autre angle, ce slogan présente depuis des lustres, ou aspect NEGATIF parce que Boma n'est plus oasis de paix, de tranquillité, de salubrité. A faire le classement de toutes les grandes villes de la RDC, Boma pourrait figurer bien loin au bas de l'échelle.

Du point de vue de la paix et de la sécurité, les bomatraciens dorment sans que leur sommeil ne soit troublé par des coups de balles que tiennent des voleurs à mains armées pour cambrioler une résidence, une échoppe, une formation médicale, etc, non sans déplorer des morts du côté des victimes.

Les avenues et quartiers de toutes les trois communes sont investis par des écuries qui se sont fait une légende dans l'art de commettre des crimes par toutes les voies et tous les moyens. Ces « Kuluna» sont des enfants, des jeunes garçons et filles qui usent de la violence envers leurs parents sous les effets de la drogue, des boissons frelatées sans âme, sans cœur. Tous les efforts consentis et les stratégies montées par les autorités pour endiguer ces fléaux tardent à produire du bon fruit.

A combien de procès publics les bomatraciens n'auront-ils pas été conviés pour ces cas de flagrance commis par des civils, des politiciens ou des militaires ?

Quels résultats ont produit les verdicts rendus ? Combien sont-ils les malfaiteurs arrêtés et mis dans les cachots de la PNC ou transférés à la prison du Parquet du Tribunal de Grande Instance ?

Ces malfrats, parfois, protégés par leurs mentors civils ou hommes galonnés en uniforme persistent dans leur funeste besogne. Vraisemblablement, l'Etat ne s'attaque qu'aux effets et non aux vraies causes. Car, tous ces criminels sont le produit de la société que l'Etat, lui-même, n'arrive pas à bien gérer.

Tenez : le chômage, la déscolarisation, les inégalités et les injustices sociales, la corruption, l'impunité, le tribalisme, le clientélisme politique,... sont autant de maux parmi plusieurs qui rongent la société congolaise issue de certains courants d'ordre politique, culturel, religieux, comportemental, etc.

On les trouve au niveau de toutes les couches et constituent un danger permanent.

Du point de vue de la propreté, Boma beigne dans une insalubrité révoltante. Des montagnes d'immondices jonchent partout dans les parcelles et voies publiques ; les caniveaux sont bouchés, les eaux usées coulent de partout, les puantes, les maladies, les microbes... sont au rendez-vous. La population a perdu toutes notions et règles d'hygiène.

Les services étatiques de l'assainissement, voirie et drainage ; urbanisme et habitat ; infrastructures, et aménagement du territoire, la territoriale... , sont essoufflés, démotivés par manque de matériels et équipements, très mal rémunérés. Ils ne peuvent produire un rendement efficient. Leur autorité est déliquescente. Les travaux collectifs de « Salongo » ont perdu tout de leur ampleur de la très triste célèbre 2ème République.

Entre les gouvernements et les gouvernés, le fossé est bien perceptible. Les seconds cités ne vouent plus de respect, d'obéissance, ni de soumission envers les premiers cités. La crise est implacable. Face à la misère et la pauvreté récurrente, la population vit à ses dépens. Par ces temps de grave crise politique et de profonde récession économique, les bomatraciens, à l'image de tous les congolais qui ploient sans le poids de la souffrance, se laissent souvent emportés par des vents de tous bords.

Il est arrivé et souvent qu'à l'appel d'une frange de la classe politique, les actions sont menées contre le pouvoir en place : marches pacifiques, ville-journées mortes, etc. Qu'elles réussissent ou soient étouffées dans l'œuf de quelque manière que soit comme pour le 19 décembre 2016 ; en juillet-Août 2017 ; les 5 et 19 Décembre 2017... , le problème reste entier. Les bomatraciens n'ont toujours pas leur destin en main. Leur existence se dégrade considérablement. La ville continue à s'enliser dans le désastre.

Les secteurs vitaux de la vie : la santé, l'éducation, le transport, l'eau, l'électricité, l'emploi, la sécurité... ne sont pas au service de la population. Les frustrations sont visibles partout, l'espérance de vivre s'anéantit considérablement. Il faut maintenant craindre l'implosion sociale.

Boma a donc perdu tout de sa substance socio-économique. Certaines unités vitales de production sont fermées ; cas de la Bralima réduisant au chômage, toute la main d'œuvre avec toutes les conséquences imprévisibles. L'Etat, lui-même, a perdu un contribuable potentiel.

Les entreprises publiques transformées depuis 2008 les unes en sociétés commerciales, d'autres en établissements et/ou en services publics sont déprimées à cause de la politisation du système de gestion, l'opacité et la non- rédevabilité dans la gouvernance, les détournements à répétition, impaiement des arriérés de salaire des agents depuis plusieurs mois, la corruption, l'impunité... , sont érigés en mode de gestion. Les mandataires ne sont nullement inquiétés. La paix sociale s'éloigne. Les travailleurs sont écrasés. Les syndicats étouffés.

Le secteur privé est asphyxié à cause des effets pervers de la politique gouvernementale notamment, l'imposition fiscale exagérée. Les sept banques commerciales qui travaillent avec la BCC/Boma peinent à atteindre leurs objectifs de mobilisation de la trésorerie dont les cause sont multiples, mais, conjoncturelles pour la plupart des cas. Les opérateurs économiques n'ont pas la facilité d'obtenir des crédits pouvant leur permettre de financer leurs activités, secteur caféier par exemple.

La situation est tellement catastrophique que les analyses que nous pouvons faire ne nous permettent pas d'atteindre la profondeur des gouffres sans fond. Toutefois, un aspect politique non de moindre mérite d'être abordé : c'est l'échec de l'opération d'identification et d'enrôlement à Boma où les espoirs des politiciens et des candidats qui aspirent postuler lors des joutes électorales à venir ont beaucoup de chance de s'estomper : les 5 sièges visés risquent de ne pas être possibles.

Et pour cause ! La population n'a pas répondu massivement à l'opération d'enrôlement. Nombreux bomatraciens se sont enrôlés dans les centres du Territoire de Muanda provoquant lors du vote, la fuite des voix. Il y a même risque de ne pas protéger les 2 sièges traditionnels de 2006. Dans tous les cas, nous ne voulons pas anticiper. Nous laissons la question à l'histoire et insistons que les bomatraciens n'ont pas leur destin en main.

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