11 Janvier 2018

Burkina Faso: Gréve des enseignants - « 8 des 23 points ont été examinés », selon Paul Kaba Thiéba

Le secteur de l'éducation au Burkina, est actuellement paralysé suite à un mouvement de grève de 72 heures qu'observe la Coordination nationale des syndicats de l'éducation depuis le 9 janvier et ce jusqu'au 11 janvier 2017 inclus. Et c'est dans ce cadre que le Premier ministre Paul Kaba Thiéba a animé une conférence de presse, le mercredi 10 janvier 2018, pour faire le point sur l'évolution des négociations.

« A ce jour, après trois journées de négociations, 8 des 23 points ont été examinés et le gouvernement a pris des engagements pour apporter des améliorations au système éducatif », a déclaré le Premier ministre Paul Kaba Thiéba. C'était le 10 janvier dernier, lors d'une conférence de presse face à la grève des enseignants qui se tient du 9 au 11 janvier 2018.

Ajoutant que c'était suite à la reprise des négociations avec les syndicats de l'éducation, le 4 janvier dernier. Et cette rencontre avec la presse avait pour objet de faire le point sur l'état d'avancement des négociations gouvernement - Coordination nationale des syndicats de l'éducation.

Tout cela fait suite à l'examen, au cours de l'année 2017, rappelle le chef du gouvernement, de 14 plateformes revendicatives individuelles et d'une plateforme minimale de la Coordination nationale des syndicats de l'éducation (cette coordination regroupe 15 des 21 organisations syndicales que compte le ministère de tutelle) qui ont été enregistrées au ministère de l'Education nationale et de l'Alphabétisation.

Celle de la Coordination s'est retrouvée sur la table du ministère le 5 octobre 2017 et est composée de 4 points subdivisés en 23 sous-points.

Paul Kaba Thiéba nous apprend que dès lors, le premier responsable du département de l'Education a entamé le dialogue avec chacun des syndicats tout en leur donnant des réponses et qu'un protocole d'accord a même été signé avec le syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré.

Avec la coordination des syndicats et après trois rencontres, « le dialogue s'est enlisé », indique le Premier ministre, faisant noter que c'est suite à cela que « la coordination a lancé des mots d'ordre de sit-in, des grèves perlées et des marches ».

Tout en soulignant que l'un des aspects de l'expression du mécontentement des enseignants, est la suppression au post-primaire et au secondaire, des évaluations et des compositions trimestrielles au préscolaire et au primaire, le non traitement des dossiers d'examen et concours au primaire, au post-primaire et au secondaire jusqu'à la fin du deuxième trimestre 2017.

C'est face à l'enlisement de ce dialogue et afin de ne pas compromettre le bon déroulement de l'année scolaire que le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, avoue avoir repris le dossier en main en recevant, le 14 novembre 2017, la Coordination des syndicats tout en mettant en place une commission technique interministérielle chargée de poursuivre le dialogue.

L'incidence globale minimale estimée à environ 50 milliards de F CFA

C'est ainsi que les négociations ont été entamées à l'issue d'une prise de contact, le 20 novembre dernier. Et alors que la commission technique attendait les appréciations de la coordination à la suite de la remise des réponses du gouvernement, le chef du gouvernement s'étonne d'apprendre le lancement d'un mot d'ordre de grève de 72 heures avant d'être surpris en plus du dépôt d'une demande de la coordination pour une marche, le 10 janvier.

La surprise de Paul Kaba Thiéba vient du fait que les négociations se poursuivent entre les deux parties. Pour comprendre ce qui se passe, il décide de recevoir la coordination tout en l'appelant au calme et l'inviter à privilégier l'esprit de dialogue. En guise de réponse, relève-t-il, la coordination fait savoir que « les propositions de solutions du gouvernement ne sont pas à la hauteur de ses attentes ».

En plus, dit-il, elle relève que « le gouvernement n'a pas daigné répondre à la lettre de la coordination datée du 21 décembre et transmettant ses appréciations sur les réponses du gouvernement ». Face à cela, il confie avoir donné des instructions à la commission technique afin d'améliorer les réponses du gouvernement.

Les problèmes posés par la coordination ont des incidences financières considérables, souligne le chef du gouvernement burkinabè, qui ne manque pas de faire savoir que, « l'incidence globale minimale de la plateforme tourne autour de 50 milliards de F CFA ».

Et d'évoquer que l'évolution de la masse salariale globale a été très forte entre 2013 et 2017 en passant de 353,5 milliards à 430 milliards de FCFA sans tenir compte, affirme-t-il, des engagements pris avec certains syndicats pour 2018. Selon Paul Kaba Thiéba, « lorsque vous accordez des avantages, il faut que cela soit cohérent avec la soutenabilité financière du pays ».

Et malgré le mot d'ordre de grève, il indique que les négociations ont repris le 4 janvier 2018 et se déroulent normalement, dans un bel esprit. C'est donc après trois journées de négociations, confie-t-il, que 8 des 23 points de la plateforme revendicative ont été examinés.

Tout en relevant que sur le statut particulier, les deux parties ont convenu d'en discuter après examen des avant-projets de textes élaborés à Koudougou.

Les négociations, elles, se poursuivent sur les autres points. Face à la question de savoir si le gouvernement regrette d'avoir réglé les problèmes des syndicats au cas par cas, Paul Kaba Thiéba ne va pas dans ce sens.

Pour lui, il n'y a aucun regret d'avoir géré ainsi les conflits sociaux tout en reconnaissant les difficultés que cela entraîne. Le Premier ministre a saisi l'occasion pour lancer un appel à penser à l'intérêt général tout en réitérant son engagement au dialogue en vue de la recherche de la paix.

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