12 Janvier 2018

Tunisie: Le pays vit au-dessus de ses moyens

L'équation est simple : nous achetons de l'étranger beaucoup plus que ce que nous exportons. Or la forte dévaluation du dinar accentue cette tendance à consonance structurelle. De sorte qu'en l'absence de réformes de fond au niveau des productions exportables à forte valeur ajoutée ou à fort contenu technologique, nous resterons aux prises avec un mythe de Sisyphe improductif, incapable de nous sortir du cercle vicieux.

Le déficit était de 12.601 MD à fin décembre 2016. Cela veut dire que le taux de couverture des importations par les exportations n'a été, durant 2017, que de 68,8%, alors qu'il était de 69,8% l'an passé.

L'INS tente d'expliquer ces évolutions négatives par le fait que la hausse des importations a été plus importante que celle des exportations, or cela était bien logique du fait de la dévaluation du dinar. Tout ce que nous importons nous revient chaque mois plus cher, alors que nous vendons moins cher en devises les produits que nous exportons.

L'accroissement des importations est également dû à l'importante hausse enregistrée au niveau des importations du secteur de l'énergie de 39,9% sous l'effet des achats en pétrole brut (787,2 MD contre 641,2 MD) et produits raffinés (3748,0 MD contre 2339,4 MD).

Au contraire, nos phosphates et dérivés ont enregistré une baisse de 1,6% de nos exportations en acide phosphorique (424,7MD contre 498,5 MD).

Les ajustements introduits par la nouvelle loi de finances visent, aux yeux du gouvernement, à réduire le déficit commercial et à atténuer le déficit budgétaire

D'autres mesures prises par le gouvernement visaient à réduire les importations ou à les contrôler. Le rétablissement des droits de douane sur les produits d'origine turque à hauteur de 90% des tarifs appliqués dans le régime commun fait partie de ces décisions, ainsi que la suspension sur deux ans de l'accord de libre-échange avec ce pays.

Reste à considérer que l'aggravation continuelle de notre déficit commercial exige, sans doute, de faire valoir d'autres arguments plus radicaux qu'il reste à imaginer.

Tunisie

Six mois sans salaire

Un face-à-face qui s'éternise Plus »

Copyright © 2018 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.