16 Janvier 2018

Tunisie: Un endettement qui monte en flèche

Le service de la dette a enregistré, selon la BCT, un niveau historique de 6.349 MDT, à fin octobre 2017 contre 3.990 MDT à fin novembre 2016, soit une augmentation de 59,1%.

De même, le déficit budgétaire continue de s'élargir pour atteindre 4.420 MDT durant les dix premiers mois 2017 contre 3.729 MDT durant la même période en 2016. D'autant plus que ce déficit a été financé par des ressources extérieures nettes à hauteur de 88%, indique la BCT, qui s'élèvent à 3.885,1 MDT.

Des déséquilibres que le gouvernement entend régler par des mesures perçues comme "draconiennes" par certains opérateurs économiques, provoquant tout le débat en cours sur la Loi de finances 2018, qui ne se terminera pas de si tôt. Ridha Chalghoum, ministre des Finances, a bien décrit la situation économique actuelle, durant le débat organisé récemment par le Conseil des Chambres mixtes en disant que l'origine du malaise actuel est la baisse de la productivité. Une baisse qui a influencé les exportations et les mobilisations fiscales. Mais aussi un endettement qui a augmenté en flèche ces dernières années, suite à des dépenses publiques qui ont progressé vertigineusement surtout au niveau des salaires de la fonction publique.

Ce cercle vicieux a contraint, selon lui, le gouvernement à engager des réformes douloureuses pour mobiliser assez de ressources afin de réduire le recours à l'endettement et réduire le déficit budgétaire qui se creuse davantage. Selon lui, l'augmentation moyenne du budget de l'Etat a été de 9,8%, durant les dernières années. En appliquant ce taux sur l'année 2018, le besoin en financement serait de 14 milliards de dinars. Une partie (7 milliards de dinars) pourra être financée par les partenaires financiers de la Tunisie sous réserve de leur consentement et le reste devra être mobilisé sur le marché local.

Attentes

Cette solution n'est pas assez facile à appliquer compte tenu de la conjoncture économique actuelle. D'autant plus que les opérateurs économiques s'attendent en contrepartie à des réformes structurelles au niveau de la simplification des procédures administratives, l'amélioration de la logistique --la décongestion du Port de Radès est un point essentiel--, l'amélioration de l'infrastructure, etc. Tant de demandes incessantes qui auraient un impact certain sur l'investissement et sur la fluidité des échanges commerciaux.

M. Chalghoum note, à ce niveau, les avantages fiscaux accordés dans la Loi de finances 2018, en plus de ceux de la loi sur l'investissement. Pour les droits de douane, il considère que la Loi de finances n'apporte aucun élément qui affecte l'activité de l'entreprise, expliquant que l'augmentation de certains droits n'impliquent pas les intrants et les produits semi-finis, qui continuent à être exonérés, de même pour les biens d'équipements qui entrent dans l'investissement. Il a affirmé que l'augmentation de 1% de la TVA reste acceptable par rapport à d'autres pays. Il a indiqué que certaines mesures seront prises en ce qui concerne les autorisations à l'investissement, dans les semaines à venir, pour alléger leur octroi.

Il faut dire que la stabilisation des équilibres économiques du pays requiert un retour à l'investissement et une augmentation de la productivité, qui ont fait défaut ces dernières années. Une mobilisation de tous les acteurs est indispensable, mais aussi une accélération des réformes -- qui ont un impact sur l'amélioration du climat des affaires -- est capitale pour créer un environnement sain pour les affaires et encourager les investisseurs tunisiens et étrangers à s'engager dans la création de richesse et de la croissance.

Auteur : Maha OUELHEZI

Ajouté le : 16-01-2018

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