Libye: L'insécurité menace les élections

Photo: International Crisis Group
Ghassan Salamé, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye

De nouveaux combats entre milices rivales ravivent les appréhensions sur la tenue de ces échéances.

En cette année 2018, les Libyens fondent de grands espoirs sur la tenue des élections générales dans les prochains mois. Ils comptent sur ce rendez- vous électoral pour tourner la page de la crise dans laquelle le pays est empêtré depuis 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi.

Mais ces derniers temps, la violence est remontée d'un cran dans le pays et cette situation fait redouter un nouveau chaos. Lundi dernier par exemple, des combats ont eu lieu aux alentours de l'aéroport de Mitiga à Tripoli. Ils ont fait vingt morts et plus de 60 blessés.

Pour la énième fois, les milices qui font la pluie et le beau temps dans le pays se sont affrontées pour défendre leurs propres intérêts.

Et ces derniers affrontements ont ravivé les doutes sur la possibilité d'organiser des élections dans ce climat sécuritaire instable. Du reste, les deux grands rivaux libyens, le Premier ministre Faïez Sarraj soutenu par la communauté internationale et le maréchal Khalifa Haftar qui contrôle l'est du pays ne cachent pas leurs désaccords.

Certes, ils ont bien accepté à plus d'une reprise de s'asseoir à la même table pour discuter en présence de médiateurs, mais malgré une récente déclaration commune en dix points évoquant notamment «un cessez-le-feu» et la tenue d'élections législatives et présidentielles courant 2018, sur le terrain les tensions restent vives.

Les citoyens ne cessent de réclamer la sortie des milices de Tripoli notamment. Mais il se dit que le gouvernement de Fayez Al-Sarraj les rétribue pour s'assurer leur soutien.

Portant, même si de nombreux groupes armés sont à la solde du gouvernement, ils n'en font qu'à leur tête. En fin de compte, le pouvoir réel reste détenu par des groupes armés quasi incontrôlables. Dans ces conditions, organiser des élections est une entreprise aussi périlleuse qu'incertaine.

Les citoyens qui fondaient de nombreux espoirs sur une sortie de crise avec la tenue des élections générales sont actuellement dans le désarroi. Au demeurant, ce sont les populations civiles qui payent souvent le plus lourd tribut des affrontements entre les milices.

A chaque fois, ces affrontements charrient leurs lots de civils morts ou blessés. Et ni les communiqués officiels, ni les indignations et les condamnations en chaine des responsables politiques ne rassurent plus.

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