18 Janvier 2018

Tunisie: Des ascenseurs sociaux pour la création de richesse

C'est que le décollage économique tant espéré, la revalorisation des classes sociales hautement réclamée et l'apaisement politique recherché, n'ont malheureusement pas trouvé des réponses positives, du moins des signes rassurants.

L'économie nationale n'a pas réussi en fait à s'assurer une certaine solidité qui lui aurait permis de maintenir une remontée progressive mais surtout sûre et durable. Bien au contraire, la majorité de nos fondamentaux économiques est toujours sous haute tension. Le chômage est encore à un taux très élevé (+15%), l'appareil productif est bien loin de répondre convenablement aux exigences du marché au double niveau national et international, le rythme de création d'entreprises et donc de richesses est le même, au ralenti, le volume de nos exportations demeure trop timide aussi bien en termes de volume que de valeur, et le taux d'endettement extérieur est à des seuils inédits.

Manque de planification

Et pourtant, sept gouvernements se sont succédé depuis le soulèvement tunisien avec chacun ses propres vision, programme et philosophie mais malheureusement avec le même constat, celui de l'inefficacité.

Et ce n'est certainement pas la volonté qui avait manqué à l'action gouvernementale, mais plutôt le déficit d'efficacité au niveau des visions, des programmations et des planifications qui a fait nettement défaut.

Justement, face à des pressions sociales permanentes, à des confusions politiques quelque peu généralisées et des indicateurs économiques hautement à risque, nos gouvernements se sont contentés de gérer l'immédiat et de répondre aux urgences, sans penser au moyen encore moins au long terme.

Les changements à répétition au niveau de plusieurs programmes engagés, les révisions presque régulières de certaines dispositions et les remises en question devenues systématiques de quelques plans et autres programmes d'action attestent de l'incertitude qui a marqué les politiques de nos gouvernements mais aussi et surtout le manque d'efficacité économique de leur politique de gestion.

Mais c'est surtout le recours aveugle et inconditionnel au financement extérieur --qui s'est traduit en l'espace de quelques années seulement par un taux d'endettement record et historique-- qui témoigne, sans appel, de l'échec de la transition économique tunisienne.

En effet, avec une moyenne aux alentours de 70%, la situation financière de notre pays est réellement hémorragique. Elle est, comme l'a qualifié tout récemment Radhi Meddeb, expert économique et financier, au plus mal.

Et cette situation risque de s'aggraver encore plus et même de prendre des dimensions qui peuvent être irréparables, en l'absence de réactions urgentes et précises.

Savoir libérer le potentiel disponible

Certes, depuis son installation, le gouvernement de Youssef Chahed a cherché à redresser la barre et limiter les dégâts, mais sans grand succès. Surtout que le coût social s'est avéré très lourd.

Car, comme l'estime l'expert, l'économie tunisienne et ses finances ont besoin de réformes en profondeur et d'actions stratégiques pointues qui soient en mesure de libérer véritablement le potentiel réel disponible.

Et pour réussir un tel pari, l'économie tunisienne doit absolument s'inscrire dans une logique de création de valeur, à travers notamment une meilleure gestion aussi bien des recettes que des dépenses.

Une telle gestion suppose certainement une amélioration des recettes fiscales sans augmenter, bien entendu, le coût social, la rationalisation des dépenses de fonctionnement et le soutien des dépenses de développement, l'élargissement du programme de lutte contre la corruption, l'application intelligente de la réconciliation économique, la rentabilisation accélérée des biens confisqués, la responsabilisation des décideurs aussi bien économiques, sociaux que politiques, et la garantie d'une gestion sérieuse et efficace du programme de partenariat public-privé.

Cette gestion suppose également la valorisation de l'économie sociale et solidaire à travers l'élargissement des chances de création de richesses à toutes les échelles sociales. Comprendre qu'il est nécessaire de mettre en place de véritables ascenseurs sociaux fiables qui garantissent à toutes les catégories la chance réelle de créer, même progressivement, leurs propres richesses. Cette orientation est tout à fait logique, surtout que le taux de chômage est en train de suivre une tendance haussière spectaculaire.

Tunisie

Un projet de loi sur l'égalité successorale

L'égalité inscrite dans la Constitution de 2014 Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.