18 Janvier 2018

Burkina Faso: Si seulement chacun pouvait...

opinion

Si seulement chacun pouvait accepter penser honnêtement, abandonner sans renoncer, refuser sans rejeter. Nous serions plus en phase avec nous-mêmes ; plus vrais que jamais ; plus à-même de construire sans détruire.

Nul n'est infaillible, parce que personne n'est parfait. La meilleure note de l'humanité est neuf sur dix. Celui qui se vante d'être dix sans le moindre indice d'humanisme est un livre sans appendice. On apprend des hommes qui se trompent.

Il y a une leçon à tirer de chaque erreur et ceux qui reconnaissent les leurs savent que la grandeur se trouve à nos pieds. Très souvent, il suffit de se baisser sans se rabaisser pour la saisir, sans coup férir. Malheureusement, l'esprit est incompris, il est réduit au rang de débris dans un corps malsain, hanté par l'appât du gain. La matière crame en enfer dans les cendres d'une fierté sans mérite. L'esprit vole en narguant ceux qui rampent dans la complaisance et la suffisance. Les hommes dignes se raréfient ; les justes ne sont plus équitables pour rivaliser de droiture avec une faucille. Derrière la transparence des toiles blanches, il y a des rideaux noirs qui tombent.

L'espoir est en cavale, mais des vendeurs d'illusions font balader des miroirs aux alouettes. On n'invente pas la foi, mais les nouveaux prophètes des temps révolus prêchent et pèchent en eau trouble pour nourrir de pures âmes souillées. Ils célèbrent des spectacles de miracles pour rivaliser de victoire avec les oracles en débâcle. Désormais, il faut voir pour croire. Tant pis pour ceux qui veulent d'abord croire.

Si seulement chacun pouvait se regarder dans sa glace et avoir un face à face intime avec l'inconnu reflet qui fâche. Nous verrons la poutre qui nous barre la vue et nous empêche de voir nos propres tares. Malheureusement, nos miroirs sont ternes et pâles, sales même. Il y en a qui ont brisé le leur pour échapper au reflet qui déplaît. Il faut mentir pour réussir ; il faut faire semblant d'être blanc dans la marée noire. Un bon discours plein de détours suffit parfois pour voiler les contours des brèches.

Un bon maquillage peut séduire le profane. Un habillage bien rafistolé vaut mieux qu'un accoutrement usé. On peut convaincre sans avoir raison ; on peut être d'accord avec celui qui a tort ; on peut même vaincre sans se battre. Il suffit de brandir la fin pour justifier les moyens. Tant pis si la morale émet des râles ; on peut être en agonie et rester en vie ; on peut franchir le Rubicon et garder le moral au plafond. La crapule n'a pas l'apanage des scrupules. Sous la toge, il se trame des choses pas du tout roses. Sous la soutane se cache une sarbacane. L'humanité est en panne ; les divinités ne sont plus avec les mânes. Nous prions pour rien, parce que nous prions toujours pour nous-mêmes.

Si chacun pouvait s'oublier un tant soit peu au profit de l'inconnu sans égard, nous comprendrions que nul ne peut être heureux seul. Au pied du château qui se dresse, un clochard affamé se recroqueville sous l'effet du froid, à même le sol. Le riche l'enjambera pour jeter ses loques de luxe dans la poubelle enflammée. Au fronton de son portail, l'effigie d'un chien méchant dissuade les pauvres ambulants. A l'église ou à la mosquée, le riche immaculé prie devant les autres. Mais le ciel est assez vaste pour tout le monde. Dans le peloton qui mène à Dieu, les premiers seront les derniers. Parce que, le locataire céleste sait que souvent les « premiers » trichent pour être en tête.

On ne peut pas être riche et donner avec la main gauche. On ne peut pas être dans l'opulence et donner dos à ceux qui croupissent dans la carence, sans pitance. Quand on sacrifie un orteil ou un pouce pour vivre avec la plaie incurable qui donne tout, on ne peut pas donner un copeck au gueux. Lorsqu'on troque son propre fils, sa femme ou sa mère pour rivaliser de richesse avec la terre entière, on peut être le plus généreux des donateurs, mais sans cœur. L'autorité n'est pas à l'aune de la personnalité ; elle se trouve dans le sens de la responsabilité. On peut être un balayeur de rue ou un modeste chroniqueur sincère sans heur et rivaliser de valeur avec le point culminant de la grandeur.

Burkina Faso

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