24 Janvier 2018

Ile Maurice: Le partenariat Inde-Maurice bientôt scellé

Même si aucune date n'a été fixée, l'Inde et Maurice veulent à tout prix accélérer le processus des négociations qui durent depuis 2006.

Après 12 ans de négociations en dents de scie, l'incapacité à finaliser un accord de partenariat économique approfondi et étendu commence à peser lourd dans les échanges entre l'Inde et Maurice. Hier, lors du démarrage des travaux qui se déroulent jusqu'à demain à l'hôtel Le Méridien, Pointe-aux-Piments, les deux parties ont manifesté leur souhait de signer l'accord dans les plus brefs délais.

«Il n'y a pas de négociations à entamer en tant que telles», explique d'emblée Manoj Dwivedi, chef de la délégation de la partie indienne. Il s'agit plutôt, dit-il, de repérer les opportunités que recèle cet accord pour l'Inde et Maurice et s'assurer que les deux parties en tirent le maximum de bénéfices.

Manoj Dwivedi est un des hommes clés du ministère indien du Commerce. Il cumule la fonction de secrétaire de deux divisions stratégiques chargées de piloter les relations commerciales de l'Inde avec le continent africain et les pays faisant partie de la zone occidentale de l'Asie et de l'Afrique du Nord.

«Personnellement, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de tenir plusieurs rencontres avant que nous puissions fièrement compléter les négociations et déposer la copie finale de ce Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement», souligne Manoj Dwivedi.

«Nous savons exactement jusqu'où nous pouvons aller et à quel rythme nous devrions évoluer dans le cadre des négociations avec Maurice», ajoute-t-il. Il précise que chaque initiative en vue d'améliorer la façon de faire des affaires constitue un véritable défi pour le gouvernement indien.

Une des plus grandes réformes que son gouvernement a initiées, estime-t-il, concerne les biens et les services. «L'Inde s'est dotée d'un système unique en termes de taxation. Cela a provoqué un véritable bouleversement dans tout le pays. Chaque aspect de la taxation, la manière dont le gouvernement doit taxer le monde industriel et le secteur de la production ont été examinés en profondeur.»

Manoj Dwivedi s'est félicité que les négociations avec les parties concernées, dont les associations de fermiers, les représentants du monde industriel et les gouvernements des États faisant partie de la fédération indienne, ont été menées avec succès. Selon lui, ce bouleversement va s'accélérer davantage avec l'ambition affichée par le Premier ministre indien, Narendra Modi, de placer l'Inde dans les 50 premiers pays où il est facile de faire des affaires.

Empressement plus prononcé chez Usha Dwarka-Canabady, secrétaire aux Affaires étrangères. «Il n'y a pas lieu d'attendre la conclusion de l'accord final pour entrer en action. Dès que les deux parties arrivent à une conclusion sur un aspect spécifique de l'accord, il serait souhaitable que les opérations se mettent en marche immédiatement. L'accord portant sur les volets marchandises et services peut être conclu cette année.»

Usha Dwarka-Canabady estime que les hommes d'affaires mauriciens doivent également exploiter les secteurs autres que ceux qui sont conventionnels. Tant, explique-t-elle, cet accord ouvre la voie à de multiples opportunités.

La secrétaire aux Affaires étrangères cite, entre autres, l'opportunité pour les jeunes professionnels mauriciens d'exploiter les possibilités d'embauche en Inde ; le potentiel des technologies émergentes dont celle ayant trait à l'intelligence artificielle. Elle indique, par ailleurs, que grâce à la carte Overseas Citizen of India, quelque 700 000 Mauriciens peuvent facilement faire du business en Inde.

Du côté du secteur privé, on est confiant qu'il existe au moins une quinzaine de produits - parmi lesquels le rhum, la bière, le textile - qui peuvent être exportés vers l'Inde sitôt l'accord sur les marchandises sera conclu. Mais avant d'en arriver là, il faut prendre connaissance de ce que l'Inde proposera.

La partie indienne est attendue par rapport à sa disposition à faire des concessions concernant les taxes à l'importation, tant sont contraignantes ses exigences pour pénétrer son marché. Elle est aussi attendue par rapport à sa nouvelle posture concernant les normes sanitaires et phytosanitaires qu'elle va exiger et au niveau des mesures qu'elle compte adopter pour l'élimination des barrières techniques qui peuvent constituer des obstacles au commerce entre les deux pays.

Mais tout indique que l'Inde est prête à faire le petit effort supplémentaire que l'on attend d'elle.

«Le volet investissement sera pris en compte plus tard»

Le seul grain de sable dans la machinerie de cet accord se situe au niveau des négociations au sujet du volet investissement. C'est un sujet auquel l'Inde est très sensible. «Pour la partie indienne, les termes d'un accord portant sur l'investissement doivent respecter les paramètres d'un accord-cadre élaboré à cet effet», soutient Usha Dwarka-Canabady. «Les deux parties sont tombées d'accord pour entamer les négociations sur les volets marchandises, services et coopération économique seulement. Le volet investissement sera pris en compte plus tard.» Les deux parties sont sur la même longueur d'onde par rapport aux fondamentaux devant leur permettre d'aboutir à un accord dans le domaine de l'investissement, poursuit la secrétaire aux Affaires étrangères. «Il faut éviter que les négociations avec l'Inde aient un impact sur les accords que Maurice a déjà signés avec les autres pays. D'où la nécessité d'être très prudent lorsque de telles négociations doivent se faire.» D'aucuns disent qu'en raison de la sensibilité du volet investissement, tout accord entre l'Inde et Maurice va se faire au plus haut niveau des deux gouvernements.

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