29 Janvier 2018

Afrique: Sommet de l'Union africaine - Derniers échanges avant le tomber de rideau

Le 30e sommet de l'Union africaine se termine ce lundi avec les dernières discussions. Au programme, le financement qui était au cœur des échanges entre les dirigeants africains.

On comprend mieux pourquoi la cérémonie d'ouverture, qui était prévue dimanche matin, a démarré avec trois heures de retard. En effet, en prélude à cette cérémonie, il y a eu un huis clos entre chefs d'Etat, où la taxe pour l'autofinancement de l'Union africaine a fait débat.

Le Guinéen Alpha Condé, le Rwandais Paul Kagame, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, ont mis en avant avec conviction les avantages de cette taxe de 0,2% sur un certain nombre de produits importés.

Mais plusieurs chefs d'Etat africains, dont les économies sont tournées vers l'extérieur, ont émis de sérieuses réserves. C'est le cas de l'Egyptien Abdel Fattah al-Sissi et du Sud-Africain Jacob Zuma. Ils ne sont pas ouvertement contre, mais ils demandent des aménagements, voire des dérogations.

D'autant, qu'un certain Donald Trump qui est très attaché à la défense des intérêts commerciaux des Etats-Unis, exerce une pression bilatérale sur ces partenaires commerciaux que sont l'Egypte et l'Afrique du Sud.

Ces deux pays pourraient-ils bloquer le projet Kagame ? On n'en est pas là. D'autant, que, très habilement, plusieurs chefs d'Etat ont poussé leur homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, à accepter la présidence de l'Union africaine l'année prochaine, en 2019.

Et comme dit malicieusement un ministre d'Afrique de l'Ouest, une fois à la tête de l'Union africaine, l'Egypte sera obligée de soutenir cette taxe qu'elle regarde en ce moment avec méfiance.

De l'espionnage ?

Autre sujet du jour : un éventuel espionnage de l'Union africaine par les Chinois. Le journal français Le Monde sort en effet une enquête qui tend à montrer que le nouveau siège aurait été mis sous surveillance. C'est un sujet dont beaucoup parlent, dans les couloirs de l'Union africaine.

Des serveurs piratés, des micros-espions, ceci pendant plusieurs années, jusqu'en 2017. Evidemment, cela fait jazzer dans ce très beau bâtiment construit à Addis-Abeba par les meilleurs architectes chinois.

Les délégués africains plaisantent sur les Chinois espions. Ils ne sont pas plus surpris que cela, d'ailleurs, par ces révélations de notre confrère Le Monde.

Au micro, les réactions sont beaucoup plus prudentes, voire un rien embarrassées. Un exemple : dimanche après-midi, la réaction du président du Niger, Mahamadou Issoufou, quand nos confrères de France 24 lui ont demandé ce qu'il pensait de l'espionnage présumé de l'Union africaine par la Chine pendant plusieurs années : « Ecoutez, je n'ai pas lu l'article auquel vous faites allusion.

Je pense que nous avons ce matin discuté de quelque chose d'autrement plus important. C'est la question de la zone de libre-échange continental ».

Et ce matin, l'ambassadeur de Chine à l'Union africaine a démenti vivement l'information. « Il s'agit, dit-il, d'une histoire sensationnelle, mais elle est complètement fausse. C'est une absurdité ».

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