1 Février 2018

Gabon: HRW révèle que les familles déplacées de Benghazi sont empêchées de rentrer chez elles

Tripoli, Libye — Les groupes armés de Benghazi, à l'est de la Libye, empêchent des milliers de familles déplacées à l'intérieur du pays de rentrer chez elles dans cette ville, a révélé mardi Human Rights Watch.

Ces groupes armés, dont certains sont fidèles aux forces de l'armée nationale libyenne (ANL), accusent les familles de "terrorisme" ou de "soutien au terrorisme".

L'ANL, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, est allié à l'une des autorités se disputant la légitimité et le contrôle territorial en Libye.

Depuis l'annonce, en mai 2014, par le maréchal Haftar du début de l'Opération Dignité pour déloger les "terroristes" de Benghazi, on estime que 13.000 familles ont fui Benghazi pour d'autres lieux en Libye ou à l'étranger.

Human Rights Watch indique que les personnes déplacées interrogées ont déclaré que les groupes liés à l'ANL se sont emparés des biens et livrés à des tortures sur la population, qu'il y a eu des disparitions forcées et que des membres de leurs familles restés dans la ville ont été arrêtés. Si elles sont avérées, ces exactions contre des civils constituent des violations du droit de la guerre. Si elles ont été commises avec une intention criminelle, ce sont des crimes de guerre.

"Le maréchal Haftar doit agir résolument pour mettre fin aux attaques contre les civils à Benghazi", a déclaré Eric Goldstein, directeur-adjoint pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord à Human Rights Watch.

"Les commandants en chef de l'ANL, qui sont restés sans réagir depuis 2014 pendant que leurs troupes torturaient et faisaient disparaître des gens et pillaient leurs biens, peuvent et doivent être traduits devant des tribunaux locaux ou internationaux", selon Human Rights Watch.

Comme conséquence des conflits armés dans le pays et des divisions politiques, l'autorité centrale s'est effondrée et trois gouvernement rivaux, réduits actuellement à deux, ont émergé.

Il s'agit du gouvernement intérimaire, basé dans la ville d'Al-Bayda (est), allié à l'ANL et soutenu par la Chambre de représentants et le gouvernement d'union nationale, soutenu par le Conseil de sécurité des Nations unies. Les principales institutions, notamment les forces de l'ordre et le pouvoir judiciaire, ne sont pas opérationnelles dans la plus grande partie du pays. Les services de base se sont effondrés.

Les groupes armés à Benghazi empêchent au moins 3.700 familles de retourner dans cette ville, selon le comité de Benghazi, un organisme basé à Tripoli, qui coordonne les secours aux personnes déplacés de l'est de la Libye.

Le 06 janvier 2018, le maréchal Haftar a publié un communiqué dénonçant les pillages, la destruction et l'appropriation des biens privés ainsi que le déplacement forcé des populations de Benghazi. Il a instruit les forces de l'ANL de faciliter le retour des déplacés internes, si des "dispositions légales" ne s'y opposaient pas.

Human Rights Watch a déclaré avoir réalisé 27 interviews de personnes déplacées en octobre en novembre 2017 dans les villes de Tripoli et Misrata, dont 24 directes et trois par téléphone. Certaines des personnes interrogées ont déclaré que des membres de leurs familles ont combattu l'ANL. D'autres qu'aucun membre de leurs familles n'a participé aux hostilités, même s'ils ne soutenaient pas l'ANL.

Human Rights Watch a également pu voir des photos, des certificats de décès, des certificats médicaux et d'inhumation fournis par les personnes interrogées qui ont semblé corroborer leurs allégations sur les mauvais traitements subis par leurs parents restés à Benghazi.

Dans un cas, un enquêteur de Human Rights Watch a pu voir les blessures et les cicatrices sur le corps d'un ex-résident de Benghazi qui a affirmé avoir été torturé par un groupe proche de l'ANL en octobre 2017.

Toutes les personnes interrogées ont déclaré ne pas pouvoir rentrer chez elles à Benghazi à cause de la menace des groupes liés à l'ANL.

La plupart ont raconté avoir quitté Benghazi depuis octobre 2014, après l'intensification des affrontements entre l'ANL et le Conseil de la Shura des révolutionnaires de Benghazi (BRSC, en anglais), une alliance de groupes armés opposé à l'ANL.

Certains ont dit avoir été empêchés de rentrer chez eux après avoir reçu des avertissements directs des groupes armés pro-ANL ou après que des groupes armés pro-ANL ont attaqué des membres de leurs familles à titre d'avertissement.

Étant donné la gravité des crimes commis en Libye et les défis qui se posent aux autorités, le mandat de la Cour pénale internationale pour mener des enquêtes sur les pires commis en Libye depuis 2011 reste essentiel pour mettre fin à l'impunité, selon Human Rights Watch.

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