2 Février 2018

Cameroun: Crise anglophone - La grogne enfle déjà dans les casernes

Photo: International Crisis Group
Force de l'ordre Camerounaise

A en croire des informations dignes de foi, rien ne va plus dans les rangs de l'armée camerounaise au fur et a mesure que cette guerre s'enlise dans les régions anglophones.

Après la désertion des militaires pour grossir les rangs des combattants indépendantistes, information qui a d'ailleurs été confirmée par un haut gradé de l'armée camerounaise sur un média français, l'heure est au questionnement.

Selon un officier qui a requis l'anonymat, la majorité des hommes en tenue se demandent exactement pourquoi est-ce qu'ils meurent tous les jours dans ce bourbier anglophone.

"Quand nous avons décidé de lutter contre la secte islamiste Boko Haram, nous avons bénéficié du soutien de tous les camerounais qui voyaient en ces terroristes un ennemi commun. Mais les anglophones sont nos frères. Pourquoi donc nous entretuer pour un régime déjà agonissant ? ", s'est interrogé un commandant de gendarmerie présent sur le théâtre des opérations.

Seulement dans la journée du 1er février 2018, des militaires camerounais épaulés par des mercenaires tchadiens et des combattants indépendantistes ont été tués dans des combats et beaucoup d'autres blessés, a appris Africa Info de source militaire.

Dans la localité d'Ekombe dans la région du Sud-ouest, épicentre de la contestation du régime en place, un officier de la gendarmerie a été abattu dans une station de service de carburant alors qu'il montait la garde. Deux autres ont connu le même sort. Des tirs nourris ont été entendus, poussant les populations dans la forêt.

"Un avion militaire a survolé la localité à basse altitude provoquant la panique dans toute la ville", a confié à des témoins.

Par ailleurs, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés a, dans un communiqué rendu public dit avoir appris avec une vive inquiétude le retour forcé par le Nigeria de 47 Camerounais, qui ont été remis aux autorités camerounaises le 26 janvier 2018.

"La plupart des personnes en question avaient présenté des demandes d'asile. Leur renvoi forcé constitue une violation du principe de non-refoulement, qui constitue la pierre angulaire du droit international des réfugiés. Les retours ont été effectués malgré les efforts du HCR et son engagement auprès des autorités", a mentionné le HCR qui a souligné avoir rappelé au Nigéria ses obligations en vertu de la loi internationale et nigériane et l'a exhorté à s'abstenir de renvoyer de force les demandeurs d'asile camerounais dans leur pays d'origine.

"Nous exhortons également le gouvernement du Cameroun à veiller à ce que le groupe soit traité conformément aux lois et aux normes relatives aux droits de l'homme", a conclu dans son communiqué, l'organe onusien en charge des refugiés.

Cameroun

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